« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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SECURITE SOCIALE PROFESSIONNELLE

IMPASSES ET MYSTIFICATIONS.

 

Près de 6 millions de salariés ne bénéficient pas, dans notre pays, d’un emploi plein et entier et connaissent chômage partiel ou total. Cette situation, grosse d’explosions sociales, inquiète au plus haut point les responsables politiques et le patronat. Les sociologues se penchent sur les « mises à l’écart », le « mal-vivre au travail », traitent des « soins » à apporter au travail.

 

Pour justifier la perte croissante d’emplois et la précarité, le MEDEF argue de la « pénurie de main d’œuvre » liée prétendument au « désajustement  offre/demandes d’emplois ».

 

Les forces syndicales ancrées dans la CES (CFDT, CGT…) se penchent sur la nécessaire « transformation positive du travail » selon la formule de J.C.Le Duigou.

Les forces politiques de droite et de gauche libérales ou social-libérales ne sont pas de reste et s’accordent pour vanter une réforme du parcours professionnel.

Consensus qui voit le premier ministre Villepin, le candidat permanent Sarkozy , Ségolène Royal, Strauss-Kahn, ou Paul Boccara théoricien du PCF, vanter le caractère (selon l’interlocuteur) « juste », « moderne », « nécessaire », « révolutionnaire » de la sécurité sociale professionnelle !

 

Le projet de sécurité sociale professionnelle ».

La direction confédérale CGT considère qu’il s’agit un peu de son « enfant ». La reprise du terme de sécurité sociale à laquelle les travailleurs sont très attachés, résonne favorablement, alors que cette dernière voit le régime de santé toujours plus discriminé par une médecine à plusieurs vitesses. JC. Le Duigou présente ce projet sous les perspectives suivantes :

« protéger le salarié » lors de la rupture de son intégration professionnelle (stages, long arrêt maladie, mutation, changement de fonction…).

Aujourd’hui, les droits sociaux sont liés aux accords et conventions régissant l’emploi dans une entreprise donnée. Il s’agit de transférer ces droits à un parcours individuel du salarié. Ainsi ses qualifications et compétences, formations suivies « suivraient » un salarié tout au long de sa carrière.

Les liens avec l’entreprise seraient maintenus, en cas de « perte d’emploi », jusqu’au moment où le salarié retrouve un nouvel emploi. Bien sûr, précise JC. Le Duigou, la rémunération ne serait plus à charge de l’employeur concerné.

Pour faciliter l’accès à la formation, il faut opérer un regroupement dans le cadre d’un service public « de type nouveau » où organisations syndicales et patronales seraient associées à la gestion de l’ensemble des outils de formation « de mobilité » et « d’intégration dans l’emploi ».

Construire une « politique d’éradication des causes de vieillissement prématuré au travail », favoriser « l’emploi des seniors ». Aucun salarié ne doit voir son espérance de vie raccourcie par de mauvaises conditions de travail.

Prôner une réforme du mode de contribution sociale des entreprises, en introduisant une double modulation des cotisations tenant compte de leur gestion de l’emploi et du travail.

Ce système nouveau de protection s’accompagnerait d’un suivi individualisé des personnes.

Derrière le langage « d’expert », au-delà d’aspirations légitimes, de nombreux syndiqués sont inquiets d’un projet qui est loin de susciter l’enthousiasme qui devrait accompagner toute avancée sociale.

Au dernier congrès de la CGT Maryse Dumas, chargée du rapport sur ce projet, évoquait « les nombreuses inquiétudes et demandes de précisions ». «  Ce n’est pas un slogan magique qui nous permettrait d’ouvrir toutes les portes des luttes, des succès ni de l’intérêt spontané des salariés ». «  Il s’agit de retourner le dumping social à l’envers, les acquis des uns constituant des points d’appui aux autres ».

De nombreux délégués, notamment des entreprises industrielles, ont manifesté leurs craintes vis-à-vis de la lutte revendicative pour la défense de l’emploi. Le délégué Frédéric Karras du syndicat CGT s’interroge, reflétant les préoccupations de nombreux syndiqués et travailleurs : «  Quels sont les objectifs du présent face au rouleau compresseur sur EDF, France-Télécom, quels moyens d’actions se donner pour coordonner les luttes dans les entreprises qui licencient ? » Idem pour les délégués qui réclament la revendication « d’interdiction de tous les licenciements », M. Dumas rétorque : « l’idée de sécurité sociale professionnelle va bien plus loin, avec le maintien du contrat de travail jusqu’à ce qu’un emploi ait été retrouvé et permet de lutter contre toutes les formes d’entrée au chômage, comme les démissions forcées, les fermetures et les fins de contrats précaires ».

 

Les positions de classe du projet de « sécurité sociale professionnelle »

Il faut revenir sur la stratégie des multinationales, fondée sur le caractère « incontournable » du néo-libéralisme. Partout est conduite une politique de casse des acquis sociaux obtenus lors du Front populaire et des Résistances antifascistes : destruction du code du travail, des statuts, des emplois à durée indéterminée (40 % des emplois créés sont précaires), privatisations des services publics, délocalisations, mise en concurrence des travailleurs, autant de facteurs objectifs qui entraînent les licenciements et le chômage de masse. Telle est la réalité vécue par le monde du travail !

Comme elle en est coutumière, la direction confédérale de la CGT présente un tableau « neutre » « a-classiste » du mode de production capitaliste (neutralité qui ne sert précisément que le capital !). A la suite de JC. Le Duigou qui traite de « l’économie de marché comme incontournable », ce projet s’incline devant la mondialisation impérialiste, « pas question d’ignorer la contrainte de la compétitivité des entreprises », d’ignorer la reconnaissance de la « nécessaire flexibilité du travail et la mobilité des salariés ».

Il s’agit donc bel et bien d’un projet d’accompagnement « social » du système capitaliste !

Rappelons cette réalité. On ne peut proposer des revendications favorables réellement aux travailleurs sans partir de plusieurs facteurs interactifs : tout d’abord la propriété privée des moyens de production et d’échange qui entraîne la recherche du profit privé, capitaliste au moyen de l’existence de rapports de production fondés sur l’exploitation salariale. Corollaire de cette appropriation privée par la classe des possédants, cette oligarchie financière dirige l’Etat en le subordonnant aux intérêts et diktats des monopoles.

Sous le capitalisme, inévitablement, une partie de la classe ouvrière, des travailleurs, se trouve « en surnombre » relatif par rapport aux besoins d’accumulation financière et de profits du capital. Ce phénomène engendre la formation selon le mot juste de K. Marx d’une « armée industrielle de réserve » : les privés d’emploi.

C’est l’expression pratique de la loi de rentabilité financière qui tourne le dos à la satisfaction des besoins des salariés et de leur famille, aux besoins économiques du pays, comme l’a prouvé la casse de la sidérurgie et de la métallurgie sous les présidences de Giscard et Mitterrand.

Toutes ces questions centrales sont éludées dans les propositions confédérales, aboutissant ainsi à prôner une adaptation de la force de travail à la « compétitivité », c'est-à-dire aux intérêts du capital et de lui seul.

Quand JC. Le Duigou rêve (puisque son projet relèverait selon ses mots d’une « utopie réaliste ») « d’articuler travail/salaire/emploi d’une manière nouvelle », il fait l’impasse sur l’exploitation de la force de travail, sur la politique d’austérité salariale, sur le chantage à l’emploi qui constituent la réalité vécue par des millions de salariés.

A la place est prônée une théorie de la convergence des intérêts du patronat et du travail, traduite par la cogestion avancée dans ce projet ! « Ce n’est pas au moment où la circulation des capitaux est totalement libre… qu’il faut réduire les droits des salariés ». En somme, il faudrait s’inscrire dans la reconnaissance de la libre circulation des capitaux et des hommes pour avoir droit à des droits nouveaux !!! Exagération polémique ? Mais que signifie alors de « mettre l’individu et le travail au cœur du dispositif de recherche d’efficacité » sinon rêver d’une impossible harmonie entre la liberté toujours plus grande d’exploiter et d’assurer le surprofit qui reste l’unique but de la production capitaliste et un salariat acquis par les quelques miettes accordées à quelques individus, à la collaboration de classes.

Or le capitalisme est indissociable de sa loi générale d’accumulation qui conduit au fur et à mesure de son développement à la polarisation croissante de la société avec des riches toujours plus riches et à l’autre pôle la misère croissante des travailleurs, de leur oppression, des cadences de travail pour la classe ouvrière et les employés, aggravant la lutte de classes entre la bourgeoisie et le travail.

JC. Le Duigou aura beau jeu de taxer nos vues « d’archaïques » mais précisément c’est le système capitaliste tout entier qui est caduc depuis longtemps et qui constitue l’obstacle à l’émancipation du travail, toute apologie du système d’exploitation est aussi vieille que ce système. La bourgeoisie a toujours su reconnaître et récompenser des plumitifs chargés d’embellir une sinistre réalité antisociale.

Dès lors, on comprend que la direction confédérale s’en prenne à la revendication anticapitaliste d’interdiction de tous les licenciements, ce que JC. Le Duigou juge « ni réaliste ni ambitieux ». Est-ce réaliste et ambitieux que de s’inscrire (d’où l’intérêt des partis réactionnaires et sociaux-libéraux) dans une politique selon le modèle Blair de camouflage de statistique du chômage, de casse des outils de défense au quotidien des précaires et privés d’emploi. Un salarié licencié prétendument rattaché à son entreprise (jusqu’à un nouvel emploi) et rémunéré par la collectivité publique se traduira par l’arrêt des luttes collectives contre les délocalisations et licenciements (puisque la « solution est individuelle »), par l’effacement des statistiques de ce salarié des chiffres du chômage, par le partage du travail puisque le fauteur (le patronat) n’est pas le payeur !!!

De plus à qui fera t’on croire qu’en étant « maître » d’un parcours professionnel individuel, avec haut salaire et formation de haut niveau, on serait plus à même de trouver un emploi, alors que tout prouve que le patronat, régi par la recherche du profit embauchera un salarié au parcours individuel moins « coûteux ». Dans ces conditions, le salarié restera longtemps « rattaché à son entreprise » en étant payé par l’argent public !

Lorsqu’on parle de «  construire une politique d’éradication des causes de vieillissement prématuré au travail » alors qu’on « accepte » l’entrée dans la production des enfants dès l’age de 14 ans et le travail de nuit à partir de 15 ans cela apparaît comme une mystification voire une duperie. Peut-être pour semer l’illusion, ou justifier, qu’à partir du moment ou un travailleur, une fois cette condition réalisée (???), puisse travailler plus longtemps. D’où l’allusion à « l’emploi des seniors » (A rapprocher du projet de « contrat senior » du MEDEF/gouvernement), alors que le chômage sévit de plus en plus, quoique l’on fasse dire aux chiffres.

Cette apologie du capitalisme se poursuit dans la priorité donnée au Droit (qui en système capitaliste reste celui de la bourgeoisie) sur les luttes pour arracher des gains et libertés nouveaux. Toute l’expérience de la lutte de classes en France et dans le monde, atteste que seules les luttes permettent d’obtenir des droits nouveaux (mais fragiles et menacés à chaque relâchement de la vigilance de classe) nullement la bonne volonté fut-elle existante de ceux qui exploitent les travailleurs chaque jour !

Idem pour l’appel pour « la disponibilité générale du travailleur » en clair l’alignement sur les objectifs monopolistes et de l’UE (sommet de Lisbonne) sur l’employabilité du salarié et sa mobilité, c'est-à-dire s’adapter à aller là où il y aura l’emploi.

Tout ce projet politique constitue une tentative de lier la masse des salariés aux intérêts et objectifs du patronat, un programme de liquidation des positions de classe des travailleurs, une adaptation à la française du toyotisme et de son « patriotisme d’entreprise » afin d’aggraver l’exploitation salariale et d’obtenir le consensus des salariés à leur propre exploitation. C’est un projet de rupture avec la pratique syndicale de classe et de masse, la seule qui ait apporté des avancées au mouvement ouvrier.

 

Collaboration de classes, aménagement et accompagnement du système capitaliste : le nouveau credo confédéral.

Battue démocratiquement lors de la consultation sur le référendum, la direction accélère par d’autres moyens son projet de recomposition syndicale à la fois pour s’aligner sur les vues de la CES et de la future centrale internationale championnes du syndicalisme de résignation et de collaboration.

La réalisation d’une réforme concrétisant le projet de sécurité sociale professionnelle bouleverserait le cadre de la lutte quotidienne pour les revendications et droits des forces du travail, « envelopperait » toute résistance de classe.

Ce projet renoue de fait avec le livret individuel dont l’abrogation a été une des premières revendications du mouvement ouvrier organisé. Ce livret individuel instaurerait une individualisation des parcours professionnels mais aussi des conditions de rémunération, de travail, de qualification, cassant ce qui a fait la force du mouvement syndical : les luttes de masse et leur collectivisme.

Ce projet accompagne et légitime la casse des statuts et contrats de travail, l’affaiblissement continu du Code du travail.

Le syndicalisme changerait profondément de nature. Cette forme d’organisation est née du besoin d’opposer au patronat, une résistance collective de la classe ouvrière afin d’obtenir des droits égaux pour chacun de ses membres au-delà des différences de religion, de travail, de conviction, de nationalités ou « races » ce qui s’est traduit par de durs combats contre le capital où beaucoup de travailleurs et syndicalistes ont laissé leur vie.

Une individualisation des parcours professionnels transformerait l’organisation syndicale en « mutuelle », assurant un simple suivi du salarié. Dans cette optique, la lutte revendicative s’effacerait (c’est ce que souhaitent les promoteurs de ce projet, mais l’antagonisme de classe ne saurait être supprimé) au profit de la vérification du simple « droit ». La concurrence des salariés serait accrue et constituerait la nouvelle base juridique, la division des travailleurs en de multiples contrats individuels d’emploi, inégaux et concurrentiels ne profiterait qu’à un patronat qui prospère sur cette division.

Le « syndicalisme » aurait alors pour fonction essentielle d’accompagner et justifier les mutations voulues par les multinationales, comme le projet le fait sur la flexibilité, la mobilité, la reconnaissance du droit patronal à licencier. L’association capital/travail aggraverait les rapports de production capitalistes en les rendant « opaques » pour le plus grand nombre, la signature par la direction confédérale d’accords favorables au patronat sur la formation et les cellules de reconversion ouvre la voie à une cogestion dans les entreprises, cogestion dont l’expérience en Allemagne ou ailleurs montre qu’elle n’est qu’un camouflage de la subordination du travail aux vues du capital.

Idem pour la défense des travailleurs immigrés, que deviendra le sort de ces derniers, ne seront-ils pas sur la base des discriminations existantes encore plus mal lotis, encore plus exploités, le chantage à l’expulsion ne sera-t-il pas amplifié et facilité ?

Avec un livret individuel qui suivra le salarié tout au long de sa carrière, qu’en sera-t-il de la confidentialité, un gréviste, un militant politique révolutionnaire ne sera-t-il pas handicapé dans la recherche d’un nouvel emploi ?

Le « syndicalisme rassemblé » aboutirait à nier toute lutte collective nationale et internationale pour des revendications unifiantes et communes : retraites, horaires, évolution de carrière, les conventions collectives et grilles ne seraient plus la référence, tout serait affaire de contrat individuel !

Le syndicalisme d’accompagnement a affaibli la CGT et voilà maintenant que son objectif est de détruire simplement le syndicalisme. Quelle aubaine pour le MEDEF et tous les gouvernements antipopulaires !

 

Forger le programme revendicatif !

Il y a loin de la coupe aux lèvres pour les bureaucrates anti-syndicaux. Il y a eu bien des appels à la collaboration de classe qui n’ont eu aucun lendemain durable chez les travailleurs. Les formes prises par le travail dans les entreprises développent le collectivisme, chacun réellement salarié sait que la force de tout mouvement réside dans son unité et dans son caractère de masse. Les intérêts des travailleurs ne sont pas ceux d’une bureaucratie qui vit des subsides accordés par le patronat, des flatteries adressées à tous ceux dont l’utilité « sociale » est de servir le capital, que ne ferait-on pas pour avoir le « plaisir » d’être qualifiés de « modernes » ?

Quand les directions faillissent, la base prend le relais pour reconstruire l’outil incontournable pour se défendre au quotidien qu’est le syndicat de classe et de masse.

« Continuer la CGT » a élaboré voici plusieurs années une plateforme revendicative, c’est en effet autour d’objectifs globaux, unitaires, anticapitalistes que nous pouvons faire reculer le patronat et lui infliger des défaites.

Ces revendications, tout en dénonçant les impasses et les mystifications du parcours professionnel individualisé, nous devons les porter haut et fort dans les entreprises, afin de gagner de nouveaux et véritables droits.

DES CDI POUR TOUS !

FORMATION QUALIFIANTE A LA CHARGE DE L’EMPLOYEUR !

RETRAITE A 55 ANS AVEC PRISE EN COMPTE DE LA PÉNIBILITÉ !

INTERDICTION DES LICENCIEMENTS.

NATIONALISATION DES MONOPOLES CASSEURS D’EMPLOI !

A TRAVAIL EGAL SALAIRE EGAL POUR LES FEMMES ET LES IMMIGRES !
INTERDICTION DE LA PRECARITE !

DEFENSE DES DROITS DES CHOMEURS, NON AUX SANCTIONS !

HAUSSE DES SALAIRES ET PENSIONS !

TAXATION DU CAPITAL POUR FINANCER LA SECURITE SOCIALE.
DROIT AU LOGEMENT !

 

 
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Dernière modification : 21 novembre 2006