« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Régionales 2004

Résultats embarrassants

 

Le résultat des élections régionales et cantonales des 21 et 28 mars traduit un véritable camouflet pour le Gouvernement Chirac - Raffarin et indirectement pour le MEDEF. La gauche « réunifiée » (sauf avec LO - LCR), prend la direction de la quasi-totalité des régions, à l’exception de l’Alsace et de la nébuleuse Corse.

Certes, on peut enregistrer positivement ce sursaut populaire dans les urnes, après les grandes luttes de Mai - Juin 2003, prolongées par celles des intermittents du spectacle, des chômeurs, des hospitaliers, des chercheurs, des secteurs publics, sans compter des milliers de salariés laissés pour compte, victimes des « patrons-voyous » à travers les délocalisations et fermetures d’entreprises.

Si la gauche remporte ces élections, cela ne signifie nullement une adhésion politique aux partis qui la composent, et pour cause ! D’abord parce que les séquelles de leur politique des années 97-2002 ne sont pas effacées de la mémoire des travailleurs. Pour ne prendre que la réforme des retraites, on rappellera que Jospin et Chirac tombèrent d’accord pour l’allongement de la durée des cotisations public-privé, au sommet de Barcelone, et qu’on ne vit guère les partis de l’ex-gauche plurielle offensifs contre le projet Raffarin en Mai - Juin 2003.

Les résultats de la gauche semblent plutôt une victoire par défaut que par adhésion, voire conviction, car plusieurs facteurs ne vont pas faciliter la construction du rapport de force pour battre ce Gouvernement et imposer des reculs significatifs au Capital.

Tout d’abord, la stabilisation de l’électorat d’extrême droite à 15-16 %(soit plus de 3,5 millions d’électeurs) traduit un vote protestataire acquis, d’autant plus préoccupant qu’il est alimenté par l’insécurité sociale et trouve ainsi l’essentiel de son terreau dans les couches populaires, concurremment aux partis de gauche et singulièrement le PCF. On observera par ailleurs que les partis d’extrême gauche, malgré leur restructuration et leur « social-démocratisation » (abandon de la dictature du prolétariat) pour mieux chasser sur les terres de l’électorat communiste, sont en échec.

Les couches populaires - et peut-être au-delà - ont voté majoritairement à gauche mais, si l’on additionne la droite conservatrice et l’extrême droite, on peut constater que, globalement, la droite n’est pas en péril et qu’il faudra autre chose à lui opposer que ce scrutin du 28 mars pour la mettre en échec. La droite est d’autant moins en péril pour poursuivre ses réformes réactionnaires, qu’elle a encore des atouts pour voir venir.

Au soir du 2° tour, la gauche n’a cessé d’exprimer sa détermination à travailler sur un projet politique d’avenir ; après deux ans de vacance de pouvoir, il est pour le moins curieux que les partis de la social-démocratie française soient encore en panne de projet politique.

Il est vrai qu’il n’est pas si simple de construire un projet politique qui se différencie fondamentalement de la droite quand on co-gère avec cette dernière la construction d’une Europe libérale ! Quand on a pratiqué une politique de droite sans vergogne pendant cinq ans et que l’on a été congédié en 2002 à la manière de ce qui vient d’être administré à la droite ce 28 mars !

La gauche va donc se contenter de critiquer le Gouvernement (Raffarin ou autre), mais sans mettre en cause le fondement des réformes qui découlent des directives européennes qu’ont votées ensemble, au temps de Maastricht-Amsterdam, droite et gauche social-démocrate : protection sociale, Santé, Education, services publics, décentralisation, privatisations, etc.…

Pratiquement, toutes les réformes vont toucher directement ou indirectement, à la régionalisation. Or, la réforme sur la décentralisation, fortement combattue à travers les luttes des enseignants et des agents des services publics en Mai - Juin 2003, a été pratiquement absente de la campagne électorale des 21-28 Mars. C’est que droite et gauche social-démocrate jouent la même partition européenne sur cette réforme et qu’il est difficile de se différencier sans se renier. D’ailleurs, pour le parti socialiste (entendu au soir du 28 mars), sa victoire à ces élections va lui permettre, entre autre, de « faire de l’emploi…, de la formation professionnelle »

Le paradoxe qui attend les « citoyens », c’est que le gouvernement de droite va poursuivre ses réformes et en imposer leur application aux élus de gauche dans les régions. Quand on sait que la décentralisation donne des insomnies, y compris aux élus de droite, parce que chacun sait que le gouvernement ne tient jamais ses engagements en matière de transfert de charges, on imagine aisément le rôle dévolu aux élus des départements et régions pour répondre aux transferts de responsabilités de l’Etat vers les Collectivités Territoriales. En même temps que le gouvernement supprime la taxe professionnelle des entreprises - source importante de recettes fiscales pour les collectivités locales - et réduit les impôts des plus riches, le traitement social de l’emploi, la formation, l’action sociale, etc.… transférés aux régions, ne vont pas manquer de faire exploser les impôts locaux. Aussi, l’euphorie, au demeurant naturelle, des électeurs de gauche, face aux modestes résultats de la droite, pourrait bien n’être qu’éphémère s’il n’y a pas les prolongements de l’action nécessaire de la part de toutes les composantes sociales, ensemble : actifs et retraités, chômeurs et précaires, public et privé.

Au soir de ces élections du 28 mars, si la droite a dû baisser pavillon, il est des grands leaders de la société civile, et notamment des syndicats, qui doivent méditer sur ce coup de semonce au gouvernement. Car ce coup de semonce s’adresse aussi à eux, qui ont capitulé et trahi la classe ouvrière en Mai - Juin 2003 en approuvant d’emblée la réforme (CFDT) ou en dévoyant la grève générale qui se construisait pour imposer le retrait du projet de réforme (CGT – FSU - UNSA…)

Finalement, ce succès de la gauche n’est-il pas plutôt embarrassant ? A en croire certaines déclarations, son projet politique ne serait pas prêt avant un an et demi. François Hollande parle (TF1-29/3) de « travailler » sur un projet de sécurité sociale professionnelle (cf. - projet CGT voté au 47° Congrès)

Et en attendant, que fait-elle la gauche ?

Au plan syndical, la CGT engrange des résultats spectaculaires aux élections professionnelles grâce, souvent, aux transfuges de la CFDT. Bien ! Mais que va-t-on faire de ces résultats ? De l’action offensive ? Serviront-ils à créer les conditions de la grève générale – incontournable pour faire échec au gouvernement et au patronat – ou à grossir les rangs des « délégués négociateurs » chers au syndicalisme rassemblé de B. Thibault ?

La droite n’a pas dit son dernier mot, et la gauche, avec des supports associatifs et syndicaux réformistes, est loin d’être une garantie pour défendre les acquis fondamentaux des travailleurs.

Ces élections montrent une évidence à l’égard de la classe politique et de la nomenclature syndicale : les consciences de la classe ouvrière et des masses populaires s’élèvent et s’affermissent face à la réalité vécue. Cette réalité exige aujourd’hui autre chose que l’électoralisme ou le syndicalisme de « négociation » pour défendre ses droits, voire en conquérir d’autres.

Ainsi, l’heure est à l’action unie préparant la grève générale ! N’est-il pas vérifié que toute autre forme d’action de ces dernières années, a conduit la classe ouvrière dans l’impasse, aux conséquences désastreuses ?

 

Partout, organisons des Comités de lutte fédératifs des Mouvements sociaux pour la grève générale.

 

 

Paris, le 29/03/04

 
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Dernière modification : 01 avril 2004