« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Pour un syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

 

Le RASSEMBLEUR n°1

 

 

Revue trimestrielle de « CONTINUER LA CGT »

Directeur de publication : Jacky MORVAN

Imprimé par nos soins

Site Internet : http:/assoc.wanadoo.fr/continuer.la.cgt

 

Courriel : continuer.la.cgt@wanadoo.fr

 

N° 1 : Spécial 48ème Congrès CGT

24 / 28 Avril 2006 LILLE

 

Solidarité avec la jeunesse en lutte contre la précarité

Grève générale jusqu’au retrait du CPE et du CNE

APPEL aux salariés en lutte du secteur privé et du secteur public

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48ème Congrès CGT

24 / 28 avril 2006

LILLE

 

Syndicalisme d’aménagement ?

OU

Syndicalisme de classe et de masse ?

Sommaire

Éditorial

WFTU

Un enjeu de classe fondamental *

I - Retour sur la stratégie du Capital *

II - Quelle réponse syndicale contre le néo-libéralisme ? *

III - La montée du réformisme au sein de la CGT *

IV - Le 48ème Congrès … et après *

V - Résistances, oppositions, perspectives pour le syndicalisme révolutionnaire *

Tableau analytique des 25 « Décisions » du Document d’orientation *

Chapitre I : Le syndicalisme, acteur essentiel de solidarité et de conquêtes sociales » *

Chapitre II : La démocratie au cœur des enjeux de transformation du travail et de la société *

Chapitre III : Développer l’organisation syndicale confédérée *

Proposition de plate forme Revendicative de Continuer la CGT *

L’emploi *

Salaires-Primes-Indemnités *

Services Publics et Nationalisations *

Une économie au service de la nation *

Pour un programme de nationalisation *

La garantie démocratique des nationalisations *

Les Services Publics *

La Fonction Publique *

Les services publics et l’Europe *

Protection sociale *

Universalité du droit à la santé *

RÉGIME UNIVERSEL D’ASSURANCE MALADIE *

« Continuer la CGT » propose en conséquence : *

Fiscalité *

Retraites *

Qui sommes-nous ? *

 

Éditorial

Comme les NON à la réforme des retraites, à la privatisation d’EDF-GDF, à la casse des services publics, aux délocalisations, au référendum sur la Constitution Européenne, le NON au CPE est largement majoritaire dans le pays.

Ces NON, et tous les autres exprimés par les travailleurs en lutte contre la politique du gouvernement et des patrons, sont une base solide d’unité et d’élargissement  du mouvement syndical pour une action TOUS ENSEMBLE et EN MÊME TEMPS pour la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs.

Les travailleurs et les couches populaires observent bien la cohérence de classe des actions et projets patronaux et gouvernementaux (y compris de la « Gauche Plurielle »). Leur opposition ne peut pas être moins qu’une opposition de classe. Plus : elle doit accuser et agir contre le capitalisme. Car c’est bien l’organisation capitaliste de la société, c’est-à-dire une organisation basée sur la propriété privée des moyens de production et l’appropriation de la richesse sociale par une minorité de la population (la bourgeoisie), qui exige ces projets de régression sociale. Les patrons et leurs représentants au gouvernement ne peuvent avoir d’autres projets : sans cela ce sont les profits qui baissent.

L’expérience syndicale, en France comme ailleurs, dans ses succès comme dans ses échecs, montre qu’à chaque fois que la classe ouvrière s’est détournée du combat anti-capitaliste, non seulement elle n’a pas obtenu ce qu’elle a revendiqué, mais elle a aussi perdu ce qu’elle a gagné de haute lutte, y compris quand elle est arrivé à le faire codifier dans une loi (cf. la protection et les retraites, la durée légale du travail, …). C’est le cas aujourd’hui avec le syndicalisme d’accompagnement et rassemblé qui la mène de défaite en défaite.

Qu’y a-t-il donc eu de nouveau depuis le 47ième congrès de la CGT à Montpellier ? Le 48ième Congrès de la CGT, en avril prochain à Lille, doit être l’occasion d’un bilan honnête et lucide : Pourquoi les luttes sont stérilisées, étouffées ? Pourquoi la mobilisation est faible ? Pourquoi les directions négocient et capitulent alors que les travailleurs appellent à la grève générale ?   

Les travailleurs peuvent et doivent s’unir pour sanctionner les directions syndicales actuelles. Une union à la base ! Sur une base de syndicalisme de classe et de masse !

CL CGT Avril 2006

W.F.T.U.

World Federation of Trade Unions: FSM

082/21.3.2006

Athènes, 21.3.2006

Solidarité avec les travailleurs Français

 

La Fédération Syndicale Mondiale (FSM) salue les mobilisations militantes importantes des travailleurs et de la jeunesse en France.

Le mouvement syndical mondial de la classe ouvrière est solidaire de la lutte contre les mesures réactionnaires du gouvernement français, au détriment des jeunes travailleurs.

L’agressivité du gouvernement français et ses cibles démontrent la nature et le rôle de l’Union Européenne et de sa politique. Leur but principal est l’augmentation des profits des monopoles et des multinationales.

Les luttes des jeunes et des travailleurs en France sont la continuité des luttes des dockers, des paysans, des retraités et de tous les secteurs principaux qui se mènent dans la plupart des pays européens.

Toutes ces mobilisations renforcent l’espoir et la perspective d’un monde sans chômage, pauvreté et exploitation.

La FSM fait appel à tous les syndicats militants afin qu’ils expriment leur solidarité envers cette lutte.

 

Le Secretariat 40, Zan Moreas street,  Athens 11745   GREECE

 

48ème Congrès CGT

Syndicalisme d’aménagement ?

ou

Syndicalisme de classe et de masse ?

 

 

Un enjeu de classe fondamental

 

 

 

Les documents préparatoires au 48ème Congrès sans aucun examen critique de l’activité de la Confédération depuis le dernier Congrès (ne parlons pas d’autocritique !) propose (comme si cela allait de soi) de confirmer et amplifier les orientations des 45, 46 et 47ème Congrès qui ont été ceux de l’abandon du syndicalisme de lutte de classe.

 

 

I - Retour sur la stratégie du Capital

 

Pour un syndicalisme efficace, il faut analyser la nature de classe de la société, les objectifs de la classe dominante. On sait que le capitalisme se développe par phase cyclique alternant période d’expansion et crise. Actuellement depuis le début des années 70 au-delà d’« embellie » très provisoire, le système d’exploitation salariale connaît une crise d’ampleur systémique.

 

Il n’y a pas de situation sans issue. L’issue (antipopulaire, antisociale) est la promotion du néo-libéralisme, c’est-à-dire, du maximum de pouvoirs aux monopoles sans contraintes régulatrices ou réglementaires pour conduire leur stratégie d’entreprise. Cette politique concerne toutes les citadelles impérialistes mais aussi, a ses propres applications nationales et communautaires (UE) :

 

privatisation des services publics avec son corollaire la casse du statut des fonctionnaires,

déréglementation généralisée par les atteintes au Code du travail, aux législations sociales, la précarité et la flexibilité des emplois et conditions de travail ;

austérité salariale avec une politique dite de « modération salariale » euphémisme traduisant une baisse des salaires de 14 % en moyenne, ces dernières années !

chômage massif se comptant en millions avec la paupérisation absolue pour les catégories les plus fragilisées, la concurrence entre salariés à l’autre bout pour abaisser le prix de la vente de la force de travail.

 

Enfin, le capitalisme c’est la guerre comme la nuée porte l’orage en vue du repartage du monde (Irak – Yougoslavie – Afghanistan … et de nouveau Irak), nouvel ordre mondial impérialiste oblige pour parachever l’hégémonie des États-Unis en ce début du 21ème siècle.

 

Le néo-libéralisme signifie dans le cadre de la mondialisation impérialiste, les délocalisations des secteurs industriels en particulier là où les profits capitalistes seront les plus juteux, la rentabilisation marchande de secteurs sociaux vitaux pour le développement humain : santé, éducation. A ceux qui se targuent de modernité pour justifier leur alignement consensuel, nous rétorquons que les fondements du capitalisme restent inchangés : propriété privée des moyens de production et d’échange, exploitation salariale, dictature du Capital de l’État à l’entreprise, polarisation sociale toujours grandissante puisque les milliardaires (0,5 %) détiennent autant que 40% des Français, et qu’à l’extrémité près de 7 millions connaissent la misère et l’exclusion.

Il n’y a rien de bon à attendre d’une société capitaliste qui prouve son incapacité historique à l’échelle mondiale et nationale à satisfaire les besoins sociaux, matériels, culturels des populations

 

 

II - Quelle réponse syndicale contre le néo-libéralisme ?

 

Paradoxalement à un moment où le capitalisme prouve son injustice fondamentale, le syndicalisme connaît une crise sans précédent : désaffection des adhérents, recul des journées de grève, absence quasi-totale d’acquis sociaux ces dernières années.

Or, au lieu de s’attaquer plus que jamais aux sources des difficultés, la réponse des centrales y compris de notre CGT a été au contraire de s’adapter aux choix de la bourgeoisie monopoliste, au mieux pour les « aménager », au pire pour les justifier au nom de la compétitivité comme y excelle la CFDT !

Les 45, 46 et 47ème Congrès de la CGT se sont ouvertement proclamés des Congrès de rupture avec les orientations antérieures. Le document préparatoire du Congrès de Lille constate « que le syndicalisme actuel vit sur des concepts liés aux systèmes de relations sociales d’une période révolue ». Décodée, cette phrase revêt une signification grave et conséquente pour la pratique syndicale.

La société actuelle ne serait plus celle définie par des « concepts » (sic !) caducs. L’exploitation, la propriété monopoliste, les choix néo-libéraux ne sont pas des concepts mais une réalité objective à laquelle sont confrontés les travailleurs quotidiennement ! Dans la même foulée, les tenants des orientations identitaires de la CGT seraient des aveugles ignorant que les relations sociales (d’exploitation) relèvent d’une période révolue. Cela ressemble fort à une apologie du « partenariat social » sans doute « citoyen » pour faire mode visant à cacher ce fait têtu : la classe ouvrière et les travailleurs vivent de la vente de leur force de travail à des capitalistes enrichis par l’exploitation de cette force de travail, et la spéculation. Mais pas de spéculation sans exploitation préalable. Lorsqu’on propose une telle mutation négative des traditions CGT, encore faut-il mesurer le bilan de ce qu’on jette par-dessus bord.

Dès sa fondation au Congrès de Limoges, la CGT s’est définie comme « collectiviste » c’est-à-dire, comme tenante de l’appropriation sociale des moyens de production et de l’abolition du salariat par l’abolition du patronat.

Nous avons là les sources du syndicalisme de luttes de classes, qui au-delà de la défense pied à pied des revendications quotidiennes dans l’entreprise, estime que la finalité du syndicalisme est dans la transformation sociale, révolutionnaire de la société.

Face à l’émergence puis à la consolidation d’un tel courant syndical de classe, le Capital ne pouvait rester passif. Une double stratégie fut adoptée fondée sur la coercition et la collaboration, par le soutien patronal au « syndicalisme » jaune, briseur de grèves et casseur de grévistes au nom de la « liberté du travail ». Cette méthode fut accompagnée par l’objectif d’intégrer le syndicalisme aux objectifs patronaux monopolistes. Pour ce faire, le Capital appuya financièrement et sut flatter d’abord les chefs réformistes de la CGT notamment lors du conflit 1914-18 puis mettre en selle le « syndicalisme chrétien » (CFTC).

Le but était par l’intégration de certaines couches dirigeantes bureaucratisées et institutionnalisées, de promouvoir la collaboration de classe sous couvert de réformer le système. C’est ainsi qu’au début des années 20, la CGT sous l’impulsion de JOUHAUX expulsa les syndicalistes révolutionnaires qui créèrent la CGTU pour continuer leur combat et sauver le syndicalisme de lutte de classe. La CGTU ne renonça jamais à l’unification syndicale concrétisée en 1936 avec la ré-émergence d’une CGT fidèle à ses orientations fondatrices.

Le poids du syndicalisme de classe et de masse, longtemps hégémonique sur le courant réformiste est un acquis des luttes sociales, du mouvement gréviste, des orientations anticapitalistes, un phénomène rare à l’échelle internationale, exceptée l’Italie, partout ailleurs les forces syndicales sont sous la coupe des tenants de la collaboration de classe.

La force de la CGT était étroitement interactive avec l’existence d’un Parti révolutionnaire de la classe ouvrière, marxiste : le PCF qui contribuait à la conscientisation des travailleurs, servait de ferment au syndicalisme révolutionnaire. Face à cet acquis et cette originalité, le Capital n’a eu de cesse de vouloir affaiblir constamment pour le détruire tant le Parti de classe que le syndicat de classe.

On ne peut comprendre et lutter contre l’évolution consensuelle de la CGT sans mesurer sa concomitance avec les attaques externes et internes contre l’identité du PCF, non parce que la CGT selon les caricatures était une courroie de transmission mais parce que le syndicalisme révolutionnaire est porteur d’une double dimension politique et syndicale pour contribuer au renversement du capitalisme.

Ce syndicalisme de masse et de classe fondé sur la primauté des luttes a permis la conquête de grands acquis sociaux :

 

1936 : 15 jours de congés payés – semaine de 40 heures

1945 : statut des mineurs, des fonctionnaires – droits syndicaux élargis – comités d’entreprise – délégués du personnel – création de la Sécurité Sociale, du régime de retraite par répartition – nationalisation des secteurs clés de l’économie

1968 : hausse sensible des salaires (20% en moyenne) – droits syndicaux élargis (sections syndicales)

Comparons ce bilan avec celui du syndicalisme d’aménagement réformiste et on mesure que toutes les grandes conquêtes ont été le fruit des luttes de classes exerçant leur pression sur le pouvoir politique.

III - La montée du réformisme au sein de la CGT

 

Agissant au sein d’une société donnée, les syndicalistes, les travailleurs subissent le pilonnage des médias de la classe monopoliste. Ces dernières décennies, on a assisté à une véritable guerre idéologique visant à présenter la CGT et le syndicalisme de classe comme marque de rapports conflictuels patronat/salariés devenus caducs. Experts, émissions TV « Vive la crise » avec Yves MONTAND martelaient un culte de la résignation et de la soumission. Lorsque des grèves générales éclataient : 1968, décembre 1995 aussitôt les thuriféraires du système d’exploitation parlaient de « derniers conflits du 19ème siècle ». L’individualisme, le « partenariat » social, le « réalisme » (qu’on se souvienne des éloges de la presse à l’égard des MAIRE, NOTAT) étaient portés aux nues.

 

Toute l’histoire de la CGT souligne que les grandes avancées des forces de travail ont été permises quand la confédération maintenait son indépendance à l’égard de l’État, du gouvernement. La victoire de la gauche en 1981 qui suscita un vif espoir mais très vite sema amertume et déception allait se traduire par un infléchissement de la pratique syndicale, là où il aurait fallu exercer une pression constante sur la gauche réformiste au pouvoir. La direction confédérale opta pour le ralliement à la « rigueur » sous prétexte double de conjoncture économique difficile (crise) et de donner le temps à la gauche. La CGT ne retrouva la voie des luttes qu’à partir de 1984-85. La réalité résultante est que les acquis sociaux furent minimes, que le pouvoir d’achat connut une baisse sensible.

 

Une nouvelle marotte théorique fit son apparition : la bataille pour de « nouveaux critères de gestion » fondés sur la hausse de la valeur ajoutée, ce qui eut pour conséquence à la fois de tendre à effacer la question de la propriété des moyens de production et de tomber dans le piège d’une utopique et dangereuse cogestion ; utopique, car elle ne vit l’ombre d’une application nulle part, dangereuse, car elle aurait eu pour conséquence de lier les revendications des travailleurs aux « résultats » de l’entreprise.

 

Au début des années 90, la montée à tous les niveaux des tenants d’un cours réformiste fut manifeste. Il y eut même un organisme créé dans le droit fil du réactionnaire « Comité des Forges » avec « Confrontations ». Cette association regroupe des personnalités politiques : Ph.HERZOG (à l’époque PCF), des patrons monopolistes : J.PEYRELEVADE (Crédit Lyonnais), J.GANDOIS (futur président du CNPF), F.MER (Usinor), l’actuel ministre de l’Économie du gouvernement RAFFARIN, des dirigeants CGT : ALEZARD, L.BROVELLI, J.C Le DUIGOU qui occupèrent, de très hautes responsabilités dans notre centrale.

 

Pour la première fois, des cadres CGT tournaient le dos aux orientations et statuts de la Confédération en siégeant dans une structure avec le Patronat. Ce véritable blanc-seing à la collaboration de classe ne put s’effectuer qu’avec l’aval des divers secrétaires généraux : H.KRASUKI, L.VIANNET.

 

La ligne de « Confrontations » doit être rappelée car elle est à l’origine des dérives actuelles de la direction CGT :

 

« Il ne faut pas diaboliser le Patronat ».

 

Au-delà du terme impropre « diabolisation », la CGT a toujours considéré que le patronat était l’adversaire de classe et l’obstacle à la satisfaction des revendications salariales. La propriété capitaliste est la source de toutes les difficultés de vie des travailleurs dépossédés des richesses qu’eux seuls produisent. « Confrontations » (mettre en présence des points de vue différents) visait à substituer à la lutte des classes, le débat et l’échange … pour rapprocher les points de vue !

 

Par les « syndicalistes » (qui les avaient mandatés ? sûrement pas les adhérents !) était avancée la confrontation de deux logiques économiques. C’était oublier que les « choix de gestion » patronaux ne découlent pas d’une logique qu’on pourrait infléchir ou même transformer mais de leur dictature de classe de l’État à l’entreprise au service de leur seule raison sociale : assurer le profit maximum. Nul pays capitaliste n’a vu un quelconque « partage des pouvoirs et de la gestion » entre capitalistes et travailleurs. Ceux qui professent de telles inepties, volontairement ou pas (mais ils ont tout de même été formés dans la CGT de Benoît FRACHON) ne font que contribuer à renforcer l’aliénation salariale et le consentement avec sa propre exploitation !

 

Ce fut là la première tentative de créer une fraction, un pôle de rassemblement et de pression sur l’ensemble de la CGT. Dès lors, ce courant non seulement ne fut pas combattu mais donna le « la » aux orientations confédérales !

 

Au 45ème Congrès furent jetés les bases d’une mutation visant à liquider le syndicalisme de lutte de classe. Furent votées la transformation des statuts abandonnant l’identité originale et syndicaliste révolutionnaire de la CGT : abandon de toute référence à la socialisation des moyens de production, à l’abolition future du salariat … au profit de références à une vague humanisation de la société.

 

Au moment où se tenait le Congrès, éclatait la grande lutte de décembre 95 contre le plan JUPPÉ. De la tribune, les délégués se succèdent pour que la Confédération lance l’appel à la grève générale afin que les travailleurs du secteur privé se joignent au mouvement pour créer un rapport de forces entraînant la défaite du gouvernement JUPPÉ.

 

On sait qu’il n’en sera rien, Louis VIANNET suspendra alors la discussion … et s’affirma ouvert à la négociation alors que parallèlement, JUPPÉ maintenait son cap.

 

Les mêmes démarches ont eu lieu lors du dossier sur les retraites (2003), ce qui valut les félicitations du ministre FILLON a B.THIBAULT (de ne pas généraliser le mouvement de grève, puis récemment (2005) à l’occasion du conflit des marins de Marseille (SNCM) luttant contre la privatisation, encore B.THIBAULT se rendait – à sa demande – chez VILLEPIN, non pour exiger le maintien du service public, mais pour trouver un compromis sur la privatisation alors que les grévistes réclamaient vainement l’extension de mouvement, demandée par leur représentant qui était « monté » spécialement à Paris.

 

Les mouvements de 1995, de 2003 et de 2005 sont au cœur des contradictions qui frappent la CGT aujourd’hui : d’un côté, des capacités de luttes en bas qui se manifestent, de l’autre, la tactique confédérale soutenant les luttes en apparence mais faisant tout pour limiter leur extension, refusant d’unifier les salariés par une plate-forme revendicative commune, épargnant les divers gouvernements.

 

Le secrétaire général Bernard THIBAULT est l’expression concentrée de cette ligne d’accommodement de « luttes » auto-limitées. Pour prouver qu’il n’y a nulle exagération dans nos propos, rappelons que la grande revendication du mouvement de décembre 95 d’abrogation du plan JUPPÉ, fut abandonnée dès l’ouverture des négociations avec le gouvernement par Louis VIANNET en personne.

 

Enfin l’autre grand facteur concourrant à la destruction de l’identité CGT, c’est la transformation de la stratégie internationale. Au 45ème Congrès fut votée le retrait de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) dont la CGT est cofondatrice et qui rassemblait des travailleurs du monde entier, y compris donc des États du « Tiers-monde », abandon obligé pour intégrer la Confédération Européenne des Syndicats (CES).

 

La CES se caractérise comme un relais « social » des instances de Bruxelles elles-mêmes étroitement subordonnées à la « table ronde patronale ». La CES est donc une courroie de transmission du Capital monopoliste afin de construire un bloc impérialiste des États d’Europe créant un marché de 600 millions de personnes, concurrençant les États-Unis.

 

Les conséquences de l’appartenance à la CES sont significatives et dramatiques pour la CGT. C’est tout d’abord, non seulement le refus de combattre l’Europe capitaliste mais le ralliement de fait aux Traités de Maastricht-Amsterdam incluant notamment la liquidation des services publics, la déréglementation et la flexibilité ; le rapprochement continu avec une CFDT arraché par un vote au forceps (46ème Congrès CGT), chargée de faire appliquer les desiderata du Capital dans le mouvement social.

 

Le « syndicalisme rassemblé » prôné par THIBAULT et ses amis, c’est la perte d’indépendance puisque toute action, proposition est subordonnée à la recherche de convergences avec la CFDT sous couvert de « syndicalisme de négociation ». On comprend dès lors pourquoi le baron SEILLIÉRE (MEDEF) pour la première fois dans l’histoire de la CGT a félicité le nouveau secrétaire général B.THIBAULT pour son « ouverture » !

 

 

 

 

 

IV - Le 48ème Congrès … et après

 

 

 

Les documents préparatoires s’inscrivent dans la continuité et l’aggravation des précédents Congrès, le maître mot de la nouvelle tactique est de construire « de nouvelles lignes de rassemblement plus pertinentes et plus efficaces que celles qui sont les nôtres ».

 

« La CGT est confrontée à la nécessité de trouver des formes d’organisation et de fonctionnement qui concrétisent les changements qu’elle souhaite impulser pour être en phase avec le monde du travail ».

 

En clair, la CGT n’insiste plus sur la primauté des luttes, la direction confédérale actuelle appelait récemment à rompre avec la « culture des duels (sic) avec le Patronat ». Les changements qui seront réalisés visent à passer d’une culture de l’affrontement à un dialogue, à la concertation avec le Capital en prenant appui non sur les fédérations syndicales traditionnelles, mais sur des structures nouvelles calquées sur le mode d’organisation de la CES lui-même en phase et dépendant des secteurs d’interventions diversifiées des monopoles ; ce qui revient à organiser les travailleurs non par métiers mais par branches, diminuant ainsi le poids de la classe ouvrière dans la CGT.

 

La grande nouveauté du 47ème Congrès étant la proposition « d’un statut du travail salarié et d’une sécurité sociale professionnelle ». Derrière ce titre ronflant se cache l’adaptation aux lois économiques du capitalisme puisque ce projet, émanant de plusieurs animateurs de « Confrontations », consiste à ce que le statut de salarié intègre période de travail effectif et chômage sous prétexte de période de formation lors des pertes d’emploi. C’est une politique d’adaptation permanente de la main-d’œuvre aux besoins du Capital, l’aménagement de la politique de chômage et de licenciements en contribuant à son camouflage.

 

Vu le filtrage des délégués, les méthodes anti-démocratiques employées par la direction, il est probable que les orientations réformistes vont être entérinées, détruisant un peu plus l’essence combative et de classe de la CGT … mais il est des victoires à la PYRRHUS ; les difficultés et les contradictions s’aggravent pour les tenants d’une CGT cfdétisée.

 

 

 

 

V - Résistances, oppositions, perspectives pour le syndicalisme révolutionnaire

 

 

Tout d’abord objectivement, les attaques du pouvoir CHIRAC-RAFFARIN : retraites, précarité, Sécurité Sociale, privatisations, pouvoir d’achat, licenciements ont entraîné ripostes spontanées, grèves. D’où l’écart entre les « chefs » ouverts à la négociation et à la concertation avec les auteurs des mauvais coups et ceux d’en bas qui adhèrent à la CGT pour se défendre au quotidien contre le Capital.

Ensuite, il y a le bilan famélique obtenu par l’orientation réformiste, qu’on juge sur pièces : dévoiement en 95, 2003 et 2005 avec l’acceptation des propositions gouvernementales, accompagnement de la déréglementation du travail par l’annualisation et la flexibilité (Loi AUBRY improprement appelée des « 35 heures »), signature de l’accord sur l’Épargne salariale vers les Fonds de pension, négociations secrètes à l’Élysée pour faire appliquer la réforme des retraites par la casse des régimes spéciaux afin de créer les conditions juridiques, sociales, légales de la privatisation d’EDF-GDF, mise en cause du droit à la retraite à 60 ans par la participation aux concertations sur l’allongement de la durée des cotisations, volonté affichée par la Confédération que l’entreprise et le Patronat contribuent au financement des syndicats, ce qui annihilerait toute indépendance à l’égard du Patronat et légaliserait la corruption, co-fondation du CIES organisme chargé de labelliser des produits financiers proposés par les banques et assurances, cette liste n’est pas exhaustive tant les actes de collaboration de classe sont nombreux.

Un tel bilan doit être rappelé sans cesse à ceux qui font la fine bouche devant les grandes conquêtes sociales permises par l’existence d’une CGT de lutte de classes.

Les éléments de résistance et d’opposition se renforcent, touchant des fédérations et des unions départementales. Plus grave encore pour les directions réformistes, l’opposition croissante des syndiqués et des travailleurs face aux capitulations des tenants du syndicalisme de la résignation et de l’accommodement.

Les récentes victoires du NON lors de la consultation des personnels EDF-GDF et au référendum sur la Constitution européenne, traduisent un formidable réflexe de classe, une victoire du mouvement ouvrier contre le gouvernement, le Patronat, la direction réformiste CGT.

Tableau analytique des 25 « Décisions » du Document d’orientation

(48ème CONGRÈS DE LA CGT)

 

 

Ce Congrès constitue un enjeu d’importance, depuis plus de dix ans, les militants et syndiqués sont à même de mesurer le chemin parcouru par la stratégie de « syndicalisme rassemblé » prôné par L.VIANNET et B.THIBAULT.

 

Quels acquis avons-nous obtenus ?

Quelles avancées pour les droits des salariés ? Avons-nous été efficaces comme centrale ? Avons-nous avancé dans la riposte internationale à l’offensive néo-libérale ?

 

Toutes ces questions fondamentales sont éludées dans le document préparatoire. Document qui pêche de manière globale par l’absence de toute analyse des mutations du système capitaliste mondial, des guerres conduites par l’impérialisme mondial, États-Unis en tête ; des mesures d’autoritarisme croissantes, du pillage éhonté des ressources de la planète et des économies des pays du « Tiers-monde » ; de la surexploitation devenue « norme économique » dans de nombreux États, par la destruction de toutes les conquêtes sociales obtenues dans les années 30, 40, 50,60 du XXème siècle.

 

On ne trouve nulle analyse de la politique suivie par le gouvernement VILLEPIN, le document préparatoire se présente comme intemporel, détaché de toute analyse et conception de classe. En réalité, il apparaît dans l’esprit des rédacteurs, que le capitalisme baptisé par J.C Le DUIGOU, dans son dernier livre « économie de marché », constitue un système incontournable. La CGT dans ce cadre « indépassable » est donc amenée à proposer une autre « logique » pour aménager socialement « l’économie de marché », les axes gouvernementaux, non cités, sont donc envisagés comme de simples choix, non comme la traduction de la stratégie des monopoles !

 

L’absence de concret est criante : nul mot des privatisations en cours, des délocalisations, des licenciements, de l’allongement du temps de travail, de la réforme des retraites, on peut légitimement se demander dans quel monde vit la direction de notre Confédération !

 

Sans rejet d’un tel document, il n’y aura ni luttes d’ampleur, ni avancées sociales, ni renouveau et redressement de la CGT.

 

En 1914, la direction confédérale a trahi son mandat de classe en se ralliant à l’« Union sacrée » avec le Capital ; les mêmes furent, en dénonçant la grève des cheminots en 1921, à l’origine du regroupement des syndicalistes révolutionnaires de la CGTU. En 1940 des dirigeants de la CGT se sont ralliés à PÉTAIN et sont devenus ministres, en 1947 les éléments opposés à une CGT de lutte de classes, sur injonction et avec le soutien financier de l’impérialisme américain, ont fait scission. Les leçons de l’histoire attestent que la défense du syndicalisme de classe et de masse exige un combat permanent contre le syndicalisme d’accompagnement, contre la trahison des intérêts sociaux des travailleurs, contre la collaboration de classes. Lorsque des directions abandonnent tout ce qui a fait la force et l’originalité de la CGT, il est du devoir des adhérents de balayer cette direction !

 

Une CGT forte passe par l’indépendance vis-à-vis du Patronat, du pouvoir, du système capitaliste, par l’éducation de ses militants dans la conviction que c’est l’union qui fait la force.

« Tous pour un , un pour tous ! »

 

 

Analyse du document d’orientation :

« A vous de décider »

.

 

Chapitre I : Le syndicalisme, acteur essentiel de solidarité et de conquêtes sociales »

 

Le texte, dans son préambule, rappelle ce que sont les objectifs de la CGT :

« Transformer le travail, son contenu et sa finalité, œuvrer au progrès social et à la qualité de vie, intervenir et peser sur les politiques des entreprise et des pouvoirs publics, des multinationales et des instances internationales, proposer et négocier, résister et construire, unir et rassembler ».

Propos suffisamment flous pour susciter une adhésion par manque de vigilance. Le gouvernement VILLEPIN vise avec les CNE et CPE, à casser le Code du travail, à n’offrir à notre jeunesse que le « choix » entre le chômage ou la légalisation du travail précaire ! Dans tous les États capitalistes, la bourgeoisie monopoliste ou oligarchie financière allonge la durée légale du temps de travail, recule l’âge du départ en retraite, conduit avec l’aide des gouvernements à son service une politique de recherche du surprofit par l’intensification des cadences, le chantage à l’emploi, par la concurrence entre salariés régis par divers contrats et statuts, par la surexploitation.

 

Le texte définit ainsi la tâche de la CGT :

 

«  proposer et négocier, résister et construire, unir et rassembler ».

 

On n’a jamais vu un patron, spontanément, accepter une réduction du temps de travail ou une hausse de salaires, même formulées par des « propositions constructives » pour adopter le langage actuel de la direction. Le projet s’inscrit dans une démarche exclusivement « défensive », pourquoi ne pas évoquer les termes : lutter,

déclencher les grèves, gagner les solidarités de classe des autres travailleurs, imposer des négociations au Patronat, poursuivre le mouvement jusqu’à la satisfaction des revendications essentielles ?

 

La réponse est que la CGT quitte la démarche revendicative syndicale, pour une démarche

associative sociétale, substitue la nécessité des luttes de classes au profit de la « confrontation d’idées » ! Aucune proposition émanant des travailleurs ne verra sa concrétisation si elle n’est pas soutenue par un rapport de force !

 

B.THIBAULT a pris l’habitude – parfois – seul d’aller « consulter » le premier ministre, quels ont été les gains ?: nuls, parce que la direction lors des conflits SNCM et RTM n’a jamais cherché à créer un rapport de forces, en prônant une stratégie de convergence des luttes, en se déplaçant partout pour appeler les travailleurs d’autres catégories à la solidarité par des manifestations ou la grève interprofessionnelle nationale !

 

Poursuivons :

« Dans une situation marquée par des affrontements sur les acquis sociaux et la difficulté à identifier les leviers par lesquels peser sur la situation, les regards se tournent vers le syndicalisme ».

 

La situation actuelle est marquée par la volonté du MEDEF de détruire tous les acquis sociaux, de laminer le Code du travail, de flexibiliser l’emploi. Ce n’est pas comme le prétend la Direction Confédérale par des « affrontements » sur ce qui relèverait de choix ou d’idées différentes que nous combattrons les conséquences de la volonté du MEDEF. C’est en décrivant la stratégie du capital avec une analyse de classe que nous pourrons organiser la riposte nécessaire. L’exemple de la bataille sur le dossier des retraites à partir des propositions gouvernementales est démonstratif et conduit à l’échec.

 

Les « leviers » pour dépasser les difficultés est ce fait incontournable que depuis que la CGT au 45ème Congrès a opté pour sa « mutation », toutes les réformes prônées par le MEDEF et le pouvoir, ont malheureusement été adoptées , aggravant la situation sociale dans tous les domaines : retraites, prévoyance, santé, éducation, non satisfaction des besoins.

 

Le « syndicalisme rassemblé » a fait la preuve de son inconsistance, de sa vacuité et n’a pu contrer aucun des coups portés par le gouvernement des JUPPÉ, JOSPIN, RAFFARIN, VILLEPIN !

Pourquoi ? parce que les formes de luttes proposées : mouvements isolés les uns des autres, au nom de la « spécificité » des revendications catégorielles , s’avèrent plus qu’insuffisants pour infliger défaites et reculs au pouvoir et au Patronat.

 

« Les logiques économiques et politiques privilégient la mise en valeur du Capital au détriment des besoins sociaux et du développement humain »

 

dénonce le document, encore faut-il préciser qu’il s’agit là du produit inévitable du système capitaliste !

 

La CGT doit confirmer son identité fondatrice : se défendre au quotidien dans la bataille de l’emploi et des salaires, lutter dans la perspective de gagner la socialisation des moyens de production, de conquérir le pouvoir des travailleurs, d’œuvrer à la mise en place d’une société socialiste.

 

« Décision 1 » :

Construire des réponses solidaires et rassembler ».

 

Le document propose de mettre la solidarité au cœur des enjeux de la CGT :

 

«  Par une action revendicative qui répond aux aspirations individuelles des salariés, chômeurs et retraités et à leur besoin de solidarité commune ».

 

On émet là plus un vœu qu’une méthode pour parvenir à développer et diffuser les solidarités nécessaires.

 

Tout d’abord, le syndicalisme doit inscrire son action en développant la solidarité de classe contre le Capital. La solidarité est régie aussi par les positions de classe, le travailleur ne saurait être « solidaire » par exemple avec son patron.

 

Le document part du besoin de satisfaire « les revendications individuelles » mais « omet » cette vérité pour tous les syndicalistes : c’est par la définition de revendications collectives, de luttes collectives que les besoins individuels seront satisfaits !

 

« Décision 2 » :

Renforcer et déployer la CGT : un enjeu stratégique essentiel.

 

Le document assigne au Congrès l’objectif de renforcement de la CGT,

 

« d’en faire une priorité quotidienne en vue d’atteindre le million de salariés ».

 

Les moyens proposés sont un peu courts : se déployer vers les PME et

 

« pérenniser la syndicalisation ».

 

A la Libération le CGT comptait 5 millions de membres, ce n’était pas là seulement et principalement le résultat d’une campagne d’adhésion. La CGT avait démontré, par son identité de syndicat de classe, ses luttes et les gains de la lutte, l’efficacité du syndicalisme, cela avait permis à des millions de salariés d’accéder à cette vérité.

 

« Décision 3 » :

Rassembler le syndicalisme en France.

 

La résolution précise :

 

« le rassemblement du syndicalisme demeure un objectif essentiel pour l’unité des salariés et l’efficacité revendicative. Le Congrès propose d’impulser des débats sur les responsabilités que cela implique pour tous les syndicats. »

 

Depuis 1995, la CGT prône le « syndicalisme rassemblé ». La division syndicale est un obstacle majeur au déploiement unitaire des forces du travail, une arme patronale pour diviser les travailleurs. Le syndicalisme de lutte de classes doit rappeler que la division syndicale est provenue de la volonté du Patronat (création des syndicats « jaunes » de briseurs de grèves), de l’église catholique avec la création de la CFTC, de la social-démocratie avec la création de « Force Ouvrière » scission de la CGT, puis la création de la CFDT scission de la CFTC. Cette division à l’époque traduisait l’affrontement entre deux conceptions du syndicalisme : réformiste et de collaboration de classes qui vise à l’aménagement des mesures patronales et gouvernementales et syndicalisme révolutionnaire qui fait de l’inscription dans les luttes de classe, le levier pour mener le combat quotidien et stratégique contre le Capital. La quasi totalité des conquêtes sociales l’ont été grâce au syndicalisme de lutte de classe et de masse incarné par la CGTU, la CGT et la FSU dans le milieu enseignant, conquêtes d’autant plus accessibles que la CGT par ses positions de combat réussissait à mettre en mouvement les travailleurs des autres centrales, toujours à la base et parfois au sommet.

Aujourd’hui, on assiste à un glissement à droite de toutes les centrales, la CFDT devient l’orchestrateur et l’applicateur des desiderata du MEDEF, ce qui lui vaut les louanges de la presse réactionnaire et pro-patronale, FO qui revendique se battre pour la sauvegarde des acquis, a soutenu le principe de la grève générale interprofessionnelle contre la loi FILLON sur les retraites, propagande d’autant plus facile que la CGT a toujours refusé la globalisation et généralisation du mouvement dans sa volonté de ne pas se couper de la CFDT.

 

La CGT au nom du « syndicalisme rassemblé » refuse de jouer un rôle d’avant-garde et mise quasi uniquement au niveau national sur l’intersyndicale.

 

La CGT est entraînée vers la CFDTisation de ses positions, même appartenance à la CES oblige !

 

Là aussi, le bilan critique s’impose, qu’a rapporté le « syndicalisme rassemblé » ? sinon la dilution des positions de classe vers un syndicalisme réformiste, d’aménagement devenu l’apanage des centrales traditionnelles, dans leur ensemble ?

 

La CGT se doit d’affirmer l’identité du syndicalisme de classe et de masse, forte de ses positions qui aurait l’assentiment de la majorité des salariés, elle parviendrait ainsi à entraîner les centrales qui affirment défendre les acquis sociaux.

 

Dans tous les cas, la CGT doit construire le Front unique du travail à la base, isoler les tenants de la collaboration de classe, en dénonçant devant les travailleurs les accords de trahison sociale.

 

« Décision 4 » :

Œuvrer à une plus grande efficacité du syndicalisme européen.

 

« La CGT a acquis sa place au sein de la Confédération européenne des syndicats, participant activement à l’élaboration collective de ses objectifs et actions, faisant entendre sa voix tout en étant attentive à celle des autres ».

 

La réalité est passablement différente, la CGT en intégrant la CES, a abandonné des pans entiers de son identité, s’est montrée la tenante de la construction européenne, lire la construction de l’Europe capitaliste.

Quels sont les acquis obtenus par les travailleurs grâce à la CES ? aucun. Par exemple, la CES n’a rien fait contre la législation rendant obligatoire le travail de nuit des femmes, le travail des enfants dans certains États de l’UE, ce qui est relayé par VILLEPIN quand il propose de rendre possible l’apprentissage à partir de 14 ans !

 

C’est si vrai, que la direction confédérale se propose d’améliorer la donne : 

 

« Le Congrès se prononce pour qu’elle contribue à y promouvoir une démarche revendicative plus offensive à l’égard des instances politiques et des organisations patronales de l’Union ».

 

C’est dans ce passage qu’est évoquée « une meilleure convergence des luttes nationales et la construction d’un rapport de force plus favorable ». En somme, la « convergence des luttes » doit s’appuyer sur la CES et l’accord entre centrales nationales ! C’est la voie de la subordination à la CES, la perte d’indépendance syndicale.

 

Loin de tirer la CES, au moment de l’entrée dans la campagne référendaire sur le projet de Constitution européenne, on a vu l’inverse et deux importants membres de la CGT siégeant à la direction de la CES, rédiger une « tribune libre » dans « Le Monde » vantant les mérites du Traité !

Sans le redressement salutaire venu de la base et de certaines fédérations, UL, UD, la direction préparait les esprits à une attitude positive à l’égard du Traité. D’ailleurs les critiques émanant du bureau confédéral n’ont pas manqué quand la centrale a appelé à rejeter le projet de Traité. Plusieurs hauts responsables ont de même brillé par leur silence dans la campagne.

 

La CES, fervent soutien du projet et du bloc impérialiste européen, a mené campagne en France aux côtés de la réaction, des sociaux-libéraux, du Capital, méprisant ainsi la voix de la majorité des salariés du pays. Imaginons un instant que la base n’ait pas permis le redressement des positions de la Confédération, pour la première fois de son histoire la CGT aurait mené campagne aux côtés du MEDEF ! Cela est peut-être cruel mais mérite d’être rappelé !

 

Nous appelons les camarades à dresser le bilan de l’appartenance à la CES, quant à nous nous défendrons la demande de retrait immédiat de la CES. La construction de luttes à l’échelle européenne, peut parfaitement se passer d’un organisme de subordination aux décisions des multinationales. Les syndicats nationaux de chaque pays peuvent engager des coopérations de lutte sans l’aval d’une CES, bureaucratie syndicale européenne.

 

« Décision 5 » :

Construire une nouvelle internationale syndicale pour promouvoir une autre mondialisation.

 

« Le Congrès approuve la démarche entreprise par nombre de confédérations de divers continents, dont la CGT qui se sont engagées dans la construction d’une nouvelle centrale syndicale mondiale ».

 

Rappelons que la CGT a appartenu depuis sa création en 1945 à la Fédération syndicale mondiale (FSM), puis au 45ème Congrès, a rompu au nom d’une « situation diversifiée et de divergences d’analyse ». Cette fédération internationale s’appuyait sur le syndicalisme de classe et de masse, ce qui a entraîné la scission de fédérations internationales de nature réformiste : la Confédération mondiale du travail (CMT) qui regroupaient les syndicats se réclamant du christianisme et la CISL proche de l’AFL-CIO américaine où siège FO.

 

Ceux qui aiment à parler de « rassemblement » ne doivent pas oublier que les divisions sont le fait de ceux qui jugent inacceptables un syndicalisme de lutte de classes, le réformisme c’est la division et la cassure du Front unique du travail, pour le seul bénéfice du Capital.

 

Le projet de nouvelle centrale internationale serait le fruit de la fusion entre CMT et CISL autour de la volonté affichée de contribuer à « humaniser » la mondialisation.

 

La FSM avait le mérite essentiel de regrouper des centrales de luttes de tous les continents et notamment du « Tiers-Monde ».

 

La décision de rupture de la CGT selon nous n’est pas juste, car la FSM est l’outil pour réaliser le Front mondial des travailleurs des pays impérialistes oppresseurs et des masses populaires des pays opprimés. Est-elle sans défaut et liens éventuels avec des syndicats « d’État », comme le rapporteur l’affirmait au 45ème Congrès ? non , bien sûr, mais la FSM regroupe toujours les syndicats les plus combatifs, ceux qui axent leur stratégie sur la lutte de classes. Quant aux « syndicats dépendants de leur État » ? aucune centrale affiliée à la FSM ne l’est d’État impérialiste qui menace l’indépendance des peuples et pays, ce qui n’est pas le cas de la CES et des autres confédérations internationales.

 

Autre objection, ce projet n’a pas l’unique soutien de la CGT, mais aussi des autres centrales comme la CFTC et la CFDT, c’est donc un projet du « syndicalisme rassemblé » qui vise à créer une centrale réformiste mondiale opposée à la FSM.

 

Le programme de cette nouvelle fédération mondiale est le principal facteur d’inquiétude selon nous. Dépourvu d’analyse de classe, comme l’est le document d’orientation, on peut toujours considérer que l’horizon capitaliste est la « norme des sociétés modernes », que la mondialisation est un facteur incontournable qu’il faut aménager pour s’attaquer à ses traits les plus inhumains.

 

Partisans du syndicalisme révolutionnaire, nous ne saurions souscrire à cette vision, la CGT de Benoît FRACHON inscrivait son action dans la lutte contre l’impérialisme et ses coalitions civiles ou militaires. Aujourd’hui, cette règle de combat reste valable.

 

La « mondialisation » capitaliste qu’il ne faut pas confondre avec la tendance objective à l’internationalisation croissante des échanges, à l’interpénétration des économies, est le produit du Nouvel Ordre Mondial impérialiste, qui vise à la re-colonisation des pays dominés, à la destruction des acquis sociaux dans tous les pays, à la libéralisation des échanges afin que les multinationales fixent partout leurs règles, à la subordination des politiques nationales aux sacro-saintes règles néo-libérales.

 

De même que par de simples et uniques « propositions », on ne peut changer la gestion des entreprises tant que règne la propriété privée des moyens de production, on ne peut « démocratiser » des organismes comme le FMI, l’OMC avec de simples vues « alternatives ».

 

On ne peut semer d’illusions à ce sujet sans engendrer des tragédies possibles demain. Ces organismes sont des instruments de la stratégie mondiale et concurrentielle des États impérialistes, nullement des assemblées plus ou moins démocratiques où l’on pourrait faire entendre sa voix.

Nous estimons que la CGT a mieux à faire que reprendre sans esprit critique les tromperies semées par l’adversaire de classe. L’impérialisme ne peut être démocratisé, les débats éventuels n’empêcheront pas comme on l’a vu au sujet de l’Irak à l’ONU, d’appliquer la politique voulue par les transnationales et rien qu’elle.

 

Doit-on se résigner à la brutalité de la mondialisation capitaliste ?

 

Non, à l’échelle internationale, la solution pour les peuples résident dans un premier temps, dans la défense et la reconquête de leur droit à édifier leur économie nationale, par une politique clairement anti-néo-libérale. Ce qui se passe au Venezuela, en Bolivie, à Cuba, montre qu’on peut résister aux diktats de l’impérialisme, s’engager dans une voie indépendante de développement en établissant des règles de coopérations d’égal à égal avec les autres pays.

 

La lutte contre l’impérialisme mondial exige le déploiement de luttes internationales d’ampleur, la solidarité internationaliste de classe, c’est pour cela que nous préconisons la ré-adhésion à la FSM afin que le monde ouvrier puisse avoir l’outil syndical international de lutte contre l’impérialisme, contre le néo-libéralisme, le colonialisme, la guerre.

 

« Décision 6 » :

Contribuer à la vie sociale et politique de façon ouverte et indépendante.

 

« Pour renforcer le syndicalisme, le Congrès engage la CGT à mettre la vie syndicale CGT au service de la citoyenneté à l’entreprise, à déployer des pratiques de négociations démocratiques et offensives pour en faire des moyens du progrès social, à contribuer aux débats politiques et sociétaux de façon ouverte, indépendante et respectueuse de la diversité des syndiqués. »

 

L’essentiel dans ce passage est la mise en avant d’une proposition, qui n’a rien de bien nouvelle sous le ciel syndical, il s’agit de la fameuse cogestion comme en Allemagne ou de l’autogestion version de la CFDT d’Edmond MAIRE. Le but de cette cogestion est de réguler les « négociations entre partenaires sociaux ». Les résultats en Allemagne sont peu probants, les salariés eux-aussi subissent la même politique néo-libérale de casse sociale, de destruction des acquis, d’allongement du temps de travail sans augmentation des salaires. La cogestion pour le Patronat allemand présentait l’avantage, de limiter le droit de grève qui exige la consultation de tous les salariés !

 

En 1968, la grève de 10 millions de salariés, l’occupation des entreprises ont permis la conquête de nouveaux droits et l’augmentation des salaires en moyenne de 17%, mais bien sur la base d’un rapport de force préalable aux négociations imposées par la lutte. Aujourd’hui, dans un contexte où le syndicalisme a un moindre poids face à l’offensive des monopoles, il n’est pas d’autre voie que l’union dans les luttes, dans de vastes mouvements d’ensemble fondés sur le « Tous ensemble et en même temps ! »

 

 

Chapitre II : La démocratie au cœur des enjeux de transformation du travail et de la société

 

« La CGT se fixe pour objectif de permettre la conquête d’avancées sociales obtenues par la mobilisation et l’action des salariés. Cette démarche suppose un développement sans précédent de la démocratie sociale et la conquête de nouveaux droits. Elle conduit à s’interroger sur la nature des propositions revendicatives et des moyens à mettre en œuvre pour leur permettre d’aboutir ».

 

Là aussi, derrière les énoncés des objectifs, chacun à première vue peut exprimer son accord, tant la déclaration est floue et consensuelle. A y regarder de plus près, l’objectif reste déconnecté de toute analyse du mode de production actuel comme de la réalité engendrée par la politique de VILLEPIN-SARKOZY.

 

Ces derniers temps, confronté à l’explosion sociale des cités dans les banlieues les plus déshéritées ou à des grèves de longue durée, le Pouvoir a restreint toutes une série de libertés démocratiques fondamentales : intervention de l’Armée (marine de guerre) pour briser un mouvement revendicatif à la SNCM ( ce qui ne s’était pas produit depuis 1947), sans aucune analyse et protestation de la Confédération ; proclamation de l’État d’urgence selon une réglementation datant de la guerre coloniale contre le peuple Algérien ; loi SARKOZY visant à limiter le secret de la correspondance par courriel et téléphone (sous couvert de lutte contre le terrorisme), restrictions sur le droit d’asile, législation permettant le « tri » entre nationalités d’immigrants.

 

Toutes ces mesures réactionnaires sont liées à l’ampleur de la crise du capitalisme que le document n’évoque même pas alors qu’elle conditionne l’ensemble des éléments politiques et économiques.

 

Penser dans ces conditions, la conquête de droits démocratiques nouveaux sans les lier à la bataille de classe contre le principal adversaire de la démocratie : la bourgeoisie monopoliste revient à adopter une vision a-classiste où tout le monde « il est beau, il est gentil ».

 

La réalité que nous vivons, oblige à dire, ce qu’ignore le document, que les conquêtes démocratiques et sociales de la Libération sont précisément dans le collimateur de la politique gouvernementale, qu’aujourd’hui, malheureusement le combat pour les droits démocratiques est avant tout défensif car nous sommes confrontés à une offensive réactionnaire,

certains sont fondés de parler de climat qui n’est pas sans rappeler les années 30.

 

« Décision 7 » :

Statut du travail salarié : l’ambition de la CGT de changer le travail.

 

« Le Congrès engage la CGT, par ses propositions, à conquérir et à nourrir un nouveau statut de travail salarié. Sa mise en œuvre doit renforcer le Code du travail, consolider et développer les fondements des Conventions collectives et statuts existants, par la conquête d’un ensemble commun de garanties individuelles et collectives, instaurant :

Des droits transférables lors de la mobilité des salariés d’une entreprise à l’autre ».

 

Là aussi, avant d’affirmer le souhaitable et son projet, il faut rappeler le réel : le Code du travail et les Conventions collectives sont visés à la fois par le MEDEF et les divers gouvernements : annualisation du temps de travail avec la loi AUBRY, les récents CNE et CPE, contrats de droit privé dans les services publics, etc.

 

Cessons aussi d’adopter le langage du management d’entreprise, la « mobilité » n’est pas un atout, une conquête, mais traduit la dramatique réalité du chômage de masse qui oblige des centaines de milliers de salariés à changer d’emploi et d’entreprise.

 

« Une Sécurité sociale professionnelle pour tous les salariés du privé comme du public, pour que leur contrat de travail soit maintenu même si leur emploi est supprimé ».

 

Cette proposition est au centre de la ligne confédérale pour le prochain Congrès. Thème d’autant plus public que le premier ministre a parlé de son adoption législative.

 

Maryse DUMAS du bureau confédéral précise ainsi son contenu possible :

 

« il s’agit de construire des solidarités d’intérêts, des convergences des luttes, de retourner le dumping social à l’envers, les acquis des uns constituant des points d’appui aux luttes des autres (…) il s’agit de créer une garantie interprofessionnelle pour attacher les droits à la personne du salarié et ne plus les faire dépendre de l’entreprise pour laquelle ils travaillent (…) chaque salarié disposerait en terme de salaire, de carrière, de formation de droits cumulés dont l’employeur devrait tenir compte ».

 

Ce projet n’est pas nouveau, il est l’enfant de l’économiste Paul BOCCARA, un des fondateurs de « Confrontations », organisation où siègent sur le vieux modèle du « Comité des Forges » : monopolistes comme J.PEYRELEVADE, F.MER (ministre de l’économie de RAFFARIN), J.GANDOIS, des syndicalistes comme JC. Le DUIGOU, très « haut » dirigeant de notre confédération, ainsi que des politiques comme M.ROCARD, tous attachés « à la construction européenne », « à la non-diabolisation du Patronat » !

 

De plus, à qui fera t-on croire qu’un salarié licencié pourra trouver un nouvel employeur lui assurant le même salaire, le droit restera lettre morte et le patron choisira un salarié moins payé.

C’est pourquoi, sans nier la nécessité de combattre pour de nouvelles garanties pour le salarié, nous militons pour défendre les revendications montantes dans les luttes : Interdiction des licenciements ! Interdiction de la précarité, des CDI pour tous ! SMIC à 1 500 euros net ! Transfert au service public des entreprises qui ferment ou délocalisent !

 

Voilà des objectifs revendicatifs réels qui garantiraient la lutte contre les inégalités croissantes, unifieraient le mouvement social autour d’objectifs porteurs, tirant l’ensemble des salariés vers le haut, « ne retournant » pas simplement le dumping social mais le cassant.

 

« une protection sociale élargie et démocratisée, au financement garanti par une réforme de la cotisation patronale ».

 

Nous sommes d’accord avec cette proposition à condition de rappeler que l’objectif fondateur de la Sécurité Sociale de gratuité des soins doit être reconquis. Les cotisations patronales doivent résulter de parts prélevées sur le profit des entreprises. Des amendes substantielles doivent frapper les patrons mauvais payeurs. Les nouvelles cotisations de prévoyance et de santé mises en place ces dernières années, doivent être abrogées.

 

« Une démocratie participative en territoires, avec des lieux d’intervention dotés de réelles prérogatives ».

 

C’est la reconnaissance par la confédération des lois de « décentralisation ». En 2003, notamment dans l’Éducation nationale, la gestion décentralisée des ATOSS avait soulevé inquiétudes et colère. La décentralisation voulue par l’UE accentue l’inégalité de développement entre régions, va accroître les tendances à la désertification des plus défavorisées. Ce projet constitue aussi un moyen de démanteler le service public national, la CGT doit s’y opposer au nom du refus de l’affaiblissement des communes, du refus d’une « régionalisation » des contrats de travail aggravant les inégalités de situation, du refus de l’affaiblissement de la souveraineté nationale et de l’économie nationale voulu par la bourgeoisie monopoliste, avide de conquêtes de marchés extérieurs. Derrière la « décentralisation » se cache au-delà du langage, la réelle destruction de près de la moitié des services publics de proximité.

 

« Décision 8 » :

Pour de nouveaux droits d’intervention des salariés.

 

« Le Congrès décide de faire de l’exigence de nouveaux droits pour les salariés une priorité d’action de la CGT. Ces nouveaux droits doivent reposer sur un développement pour tous les salariés du droit syndical et des droits de représentation ».

 

Nous sommes d’accord avec cette proposition.

 

Nous avons formulé ce que peuvent être ces nouveaux droits dans notre introduction à l’analyse du rapport d’orientation.

« Décision 9 » :

Pour de nouvelles règles de négociation collective.

 

« Le Congrès décide de tout mettre en œuvre pour gagner de nouveaux droits de négociation pour les salariés quelle que soit la taille de l’entreprise. Ces droits doivent s’inscrire dans la hiérarchie des normes, du principe de faveur et du respect de l’accord majoritaire ».

 

Une centrale syndicale se doit d’avoir stratégiquement en ligne de mire qu’il ne peut y avoir de bonnes négociations sans création préalable d’un rapport de force favorable par les luttes. L’institutionnalisation et l’obligation de négociations régulières dans toutes les entreprises que nous jugeons nécessaire, doivent bénéficier de garde-fous, d’un cadre réglementaire qui évite des dérives possibles avec des accords au rabais dans les PME avec des syndicats-maisons. Un rappel est nécessaire, la CGT doit agir en priorité pour des négociations nationales sur les salaires, les conditions de travail, la durée légale du temps de travail, en liant cette demande à une refonte de la représentativité puisque des syndicats minoritaires permettent l’adoption de lois anti-sociales par leur simple signature, pour être effectif, un accord doit être signé par des centrales qui représentent la majorité des salariés.

 

 

« Décision 10 » :

Pour de nouvelles règles de représentativité. 

 

« Le Congrès décide d’agir tant au niveau des branches qu’au plan interprofessionnel pour l’instauration de règles reconnaissant la représentativité réelle de chaque organisation, reposant sur la généralisation des élections professionnelles pour tous les salariés ».

 

Nous avons évoqué cette question de représentativité au point précédent. Nous étendons la proposition de la résolution à la redéfinition d’une représentativité majoritaire obligatoire pour la validité d’accords d’entreprise et au niveau national.

 

« Décision 11 » :

Pour un paritarisme de gestion profondément rénové.

 

« Le Congrès décide de revendiquer :

Une représentation majoritaire des salariés assurés et des élections directes de leurs représentants dans les caisses de Sécurité Sociale »

« Dans les autres institutions sociales, les institutions de prévoyance, les fonds de formation, une couverture plus homogène des salariés et l’élection de leurs représentants ».

 

Nous devons exiger que le nouveau paritarisme accorde la majorité des sièges aux représentants des salariés bénéficiant d’un droit de veto sur les décisions, concernant les conditions de travail, les salaires, l’emploi, la formation permanente.

 

Le texte élude l’appartenance de la CGT au Comité Intersyndical d’Epargne Salariale (CIES), prolongement de la loi FABIUS. La CGT doit se retirer de ce « comité » qui accompagne la casse des retraites, incite les travailleurs à l’actionnariat, ouvre la voie à l’adoption de fonds de pension en faisant dépendre l’épargne salariale des cours boursiers de l’action. L’association Capital/Travail est une vieille manœuvre des monopoles pour lier les travailleurs à ce que le Patronat baptise « la bonne marche des entreprises ». La CGT dans le droit fil de l’héritage de B.FRACHON doit condamner toute illusion sur de possibles intérêts communs entre exploiteurs et exploités !

 

« Décision 12 » :

Pour un droit d’intervention sur les choix de gestion des entreprises.

 

« Le Congrès revendique des droits et moyens nouveaux dans les Comités d’entreprise, dans les CCE, comités de groupes nationaux et européens, dans l’ensemble des institutions représentatives, afin de permettre l’intervention légitime des salariés sur les choix de gestion. »

 

Le texte est suffisamment évasif pour tenter d’éviter les inquiétudes ou interrogations.

 

L’association « Confrontations » et ses animateurs, tout un temps, ont consacré de nombreux textes à la « nécessité d’intervenir dans la gestion » avec propositions de financement .Le texte ne dit pas ce que peut être ce type d’intervention.

 

Nous sommes pour l’extension des pouvoirs aux CE et autres instances avec droit de veto sur toutes les décisions qui concernent les salariés, voir nos propositions ci-dessus.

 

Quant à l’intervention dans la gestion, cela fait plus de 20 ans que le mouvement ouvrier et syndical entend cette revendication qui n’a jamais vu une quelconque concrétisation. En l’absence d’analyse de classe de la société capitaliste, certains s’en tiennent à des proclamations et vœux pieux qui ignorent totalement les lois économiques du fonctionnement de l’État des monopoles, des entreprises.

 

« Décision 13 » :

Contre le racisme et pour l’égalité des droits.

 

« Le Congrès revendique l’égalité effective des droits pour toutes et tous et rejette le principe instaurant des droits différents selon l’origine ethnique ou sociale. Il rejette toute logique de quotas d’immigration et milite pour le plein-emploi solidaire partout dans le monde, ce qui implique de nouvelles conceptions de solidarité et de coopération internationale ».

 

« Continuer la CGT » est d’accord avec l’esprit de cette proposition. Notamment dans sa dimension de lutte contre les discriminations et le racisme. La récente explosion sociale des banlieues montre combien la France est devenue ségrégative dans les domaines de formation, d’emplois, de promotion. Le syndicalisme de classe et de masse que nous préconisons doit aller à la rencontre des jeunes des cités et exprimer sa solidarité à l’égard de ceux qui n’ont pas de perspectives d’avenir faute d’emploi durable.

 

Par contre le projet d’orientation n’est pas obligé de semer des illusions sur le « plein-emploi » impossible en régime capitaliste, seuls les États socialistes ont permis de vaincre ce fléau. D’autant plus que le chômage frappe, dans le monde un adulte sur trois, c’est cela aussi le bilan et les réalités contemporaines de l’impérialisme que le projet refuse d’aborder.

 

« Décision 14 » :

Pour une nouvelle ambition éducative.

 

« Pour que l’école soit, pour chacun et partout celle de la réussite, la CGT décide de faire de sa démocratisation un axe de constructions revendicatives et de mobilisations, ce qui passe par l’éradication de l’échec scolaire »

 

Qui ne souscrirait à une telle profession de foi ? bien sûr nous sommes d’accord avec les objectifs fixés mais sans semer d’illusions. Puisque ce projet aborde les questions sous un angle plus « politique » que syndical et revendicatif, nous allons répondre tout d’abord avec des arguments politiques. L’oligarchie financière oriente et dirige non seulement l’État et les entreprises mais aussi l’ensemble des institutions, médias, organismes judiciaires selon ses intérêts de classe.

 

L’École n’échappe pas à cette mainmise du Capital sur la société. La volonté de se subordonner toujours plus à la formation professionnelle directement par l’apprentissage ou indirectement par les stages et le « partenariat » dans les lycées professionnels se manifeste avec plus d’acuité que jamais.

 

Les monopoles développent une conception « utilitaire » de la formation. Relisons les déclarations du Sommet européen de Lisbonne où la France était représentée par J.CHIRAC et L.JOSPIN, au centre de l’éducation proposée aux jeunes, le leitmotiv c’est « adaptabilité » et « mobilité ». L’École doit préparer les futurs salariés à leurs futures flexibilité et précarité. Les monopoles fixent à l’éducation la tâche de préparer les esprits à cette réalité que le capitalisme veut générale demain : un salarié prêt à aller là où il y a des emplois dans le monde !

Le préalable à toute véritable démarche revendicative pour l’école est de défendre le caractère public et laïc de l’Éducation nationale, de s’opposer à la mainmise croissante du MEDEF sur l’Éducation nationale

 

Avant même de songer à « l’éradiquer », l’échec scolaire doit être combattu en développant la bataille pour les moyens financiers, avec priorité budgétaire pour l’Éducation nationale, la création de postes par leur ouverture aux concours qui permettrait de diminuer le nombre d’élèves par classe, la titularisation des auxiliaires, le retrait total de la loi FILLON, le refus de l’apprentissage pour les jeunes âgés de 14 ans, la défense et l’extension des zones d’éducation prioritaire.

 

La CGT doit en accord avec les centrales d’enseignants et de personnels éducatifs, les associations de parents, les salariés dans leur ensemble mener aussi la lutte sur les contenus, défendre le principe d’une école de la réussite assurant à 80 % d’une classe d’âge le baccalauréat. La CGT doit agir pour que la formation en entreprise initiale ou continue soit placée sous le contrôle des organisations syndicales et des élus du personnel avec droit de veto sur des mesures contraires au projet d’école de la réussite.

 

Seule cette bataille revendicative est à même de revaloriser une profession tant matériellement que moralement, exerçant un métier difficile dans des conditions dégradées, la CGT doit réclamer la création de postes para-scolaires pour écouter et encadrer les jeunes en détresse, combattre toute mesure de « judiciarisation de l’espace scolaire » comme le propose SARKOZY !

 

 « Décision 15 » :

Pour une démocratie culturelle.

 

« Le Congrès décide de faire de l’exigence d’une « nouvelle démocratie culturelle », un axe de construction revendicative et de mobilisation, et d’engager une vaste campagne pour l’adoption d’une loi d’orientation et de programmation pour la culture ».

 

Dans cette démarche de « législateur », la direction confédérale est amenée à faire des propositions sans situer l’état des lieux.

 

La mondialisation capitaliste se traduit par une marchandisation de l’ensemble des activités humaines. La culture n’échappe pas à cette loi de rentabilité financière. Une loi-cadre est sans doute nécessaire mais on ne saurait s’en remettre aux tenants du libéralisme ou du social-libéralisme, qui se succèdent au pouvoir en alternance, pour faire ce qu’ils n’ont pas opéré depuis des années par soumission à la loi de l’argent et à la « création » rentable.

 

La CGT doit impulser la bataille pour la création d’un grand service public de la création et de la culture qui permettrait à de jeunes créateurs de monter leurs spectacles en toute indépendance financière. Bataille qui passe par les hommes et femmes, en abrogeant la désastreuse et inégalitaire loi sur les intermittents du spectacle, signée promptement par la CFDT, par des moyens supplémentaires en donnant les recettes budgétaires suffisantes au ministère de la Culture, enfin par la défense de la qualité. La CGT doit se faire le promoteur d’une culture progressiste, antifasciste refusant l’exploitation et l’aliénation humaine des « reality shows », le culte de la violence, le racisme. La culture nationale doit être défendue vigoureusement contre l’hégémonie US dans le cinéma et à la télévision.

 

« Décision 16 » :

Pour des services publics, outils de solidarité et de citoyenneté.

 

« Le Congrès décide de poursuivre des mobilisations professionnelles et interprofessionnelles indispensables, y compris au plan européen, pour faire reconnaître la place de l’intérêt général et des services publics ».

 

Là aussi, derrière les fortes formules, la direction confédérale ne dresse aucun état des lieux.

 

Le néo-libéralisme, terme qui n’est pas cité une seule fois dans le texte impose un cours de privatisations dans tous les pays, dans tous les États de l’UE.

 

En Grande-Bretagne sous la direction de M.THATCHER et T.BLAIR, les privatisations ont rapporté 200 milliards de $, le secteur public d’économie a vu son poids passer de 9 à 2% dans le PIB.

 

La France n’a pas été à la traîne, J.CHIRAC, comme premier ministre a privatisé les entreprises devenues publiques en 1981 pour l’essentiel pour un montant de 72 milliards de francs ; sous E.BALLADUR, les recettes des privatisations ont rapporté 114 milliards de francs, sous A.JUPPÉ : 40 milliards et enfin sous la « gauche plurielle » dirigée par L.JOSPIN les records ont été pulvérisés avec 260 milliards. RAFFARIN et VILLEPIN ont poursuivi dans cette voie.

 

Ces sommes visent à corriger le déficit des recettes publiques et la dette faramineuse de l’État. Des entreprises bâties avec l’argent public, par la force de travail de leurs salariés, ont été bradées pour le seul profit des champions de la finance.

 

Les services publics ont permis dans l’esprit de leurs fondateurs, la satisfaction des besoins vitaux, avec égalité de traitement grâce à la péréquation.

Très vite, ces services publics ont été l’objet d’une bataille de classe, quand à partir des années 70 et encore plus 80, la rentabilité financière devint le principal critère de gestion, au détriment des prestations offertes aux usagers. Rentabilité financière qui a vu des entreprises publiques, investir sur des marchés étrangers, participer à la prise de possession et au contrôle d’entreprises. Investissements qui se sont opérés à l’encontre des intérêts des besoins et des salariés. L’UE, a toujours été une machine de guerre contre les services publics au nom du sacro-saint dogme de la « concurrence et de la libéralisation des capitaux, le Sommet de Lisbonne dans la continuité du Traité de Maastricht a tracé les étapes de la libéralisation dans tous les secteurs et ainsi ouvre la voie à la liquidation de tous les services publics, comme s’y inscrivait aussi, le projet de Traité constitutionnel européen.

 

« L’ouverture du Capital », loin de constituer un « atout » ou le « maintien du service public » comme l’ont proclamé certains dirigeants confédéraux, constitue une privatisation rampante. Les mêmes responsables appellent les salariés/actionnaires à les utiliser pour « peser sur les choix de l’entreprise » !

 

N’est-ce pas pitoyable de voir des dirigeants qui devraient être aux avants-postes pour mobiliser les salariés, se faire l’écho du « capitalisme populaire » et encourager implicitement les travailleurs à s’enrichir (même un peu) de la vente de force de travail de leurs collègues !

 

La SNCF, EDF-GDF et d’autres vont être privatisées, sans mobilisation massive des salariés et des usagers. Voilà, la réalité à laquelle sont confrontés les Français.

La CGT doit lancer une vaste campagne de mobilisation avec formation de Comités de défense salariés/usagers/élus politiques/, afin de préparer une grève générale contre les privatisations, pour la défense et le développement de services publics, pour la satisfaction des besoins en terme de santé, d’éducation, d’énergie, de transports, de communication…

 

Le service public que nous préconisons doit élargir les droits des salariés, créer des Comités d’atelier ou de bureau afin que ces droits démocratiques s’exercent au plus près, la gestion doit être assurée par un Conseil d’administration où les représentants des salariés seraient majoritaires et éliraient, avec les autres membres, la Présidence collégiale. Enfin, attachés au refus du partage du monde par quelques multinationales, nous défendrions l’idée que les entreprises publiques refusent de s’inscrire dans le pillage impérialiste des ressources des pays du Tiers-Monde ou d’ailleurs.

 

Sur tous ces terrains, ne leurrons pas, nous nous heurterons aux organismes impérialistes tels le FMI, l’OMC et plus encore l’UE, contre laquelle, nous devons lancer le mot d’ordre de refus des diktats de la Commission de Bruxelles et de la table ronde des industriels.

 

Le document d’orientation propose « un débat public et une large consultation des citoyens », d’accord à condition d’en faire une étape des luttes et de la mobilisation, pas de s’en remettre au seul débat !

 

« Décision 17 » :

Pour un développement durable.

 

« La CGT entend promouvoir un développement durable conciliant progrès social, respect de l’environnement et efficacité économique ».

 

Nous sommes d’accord avec les rédacteurs, encore faut-il dire que c’est précisément le contraire de notre réalité actuelle.

 

« Décision 18 » :

Pour des entreprises socialement responsables.

 

«  Le Congrès décide d’agir pour : la transparence de la gestion des entreprise et de leur politique sociale et environnementale ; le contrôle des activités et des procédures de décision des entreprises en les ouvrant à l’intervention des salariés et des citoyens… le contrôle social et citoyen des aides publiques »

 

Nous sommes favorable à cette proposition, encore faut-il définir le contenu de l’intervention des salariés et citoyens. Quant « aux aides publiques aux entreprises », des gouffres financiers ont été engloutis, sans grands résultats pour les salaires, l’emploi, la formation. Notre mot d’ordre doit être « à entreprise privée, financement privé », sauf dans le cas de PME ou d’entreprises en réelles difficultés mais à des conditions qui permettent la conquête de droits et garanties nouveaux pour les salariés.

 

« Décision 19 » :

Pour une fiscalité plus juste et solidaire.

 

«  Le Congrès prend l’initiative d’un forum pour la réforme fiscale permettant au syndicalisme et aux diverses associations de se rencontrer pour élaborer une série de propositions concrètes ».

 

Le document d’orientation quitte souvent le terrain de l’action revendicative et syndicale, il y a là danger à transformer la CGT en association-bis, danger de corporatisme quand les responsables syndicaux seraient susceptibles de devenir des courroies des appareils politiques et parlementaires.

 

Pour échapper à un bilan accablant, la direction confédérale nous présente un texte de type électoral avec un catalogue de vœux pieux.

Le mot d’ordre de classe doit être de faire payer les fauteurs de crise, de prendre l’argent aux casseurs d’emploi et autres spéculateurs, la taxation des grandes fortunes, des impôts réellement progressifs, l’élargissement de la tranche de salariés exemptés de l’impôt sur le revenu, la baisse de la TVA sur les produits de nécessité courante, la taxation des profits financiers et capitalistes.

 

S’engager dans l’action revendicative sera plus efficace que de promouvoir un nouveau colloque où d’un côté si des propositions sont réellement alternatives et anti-néo-libérales, le gouvernement n’aura aucune raison d’en discuter mais plus probablement avec des représentants de centrales qui ont signé des accords de trahison sociale, on peut légitimement craindre des propositions (intéressant du coup le gouvernement) et qui sous couvert de « pallier ceci ou cela », créeront de nouvelles taxes pour les salariés et les familles populaires au lieu de taxer le Capital.

Ne jouons pas les apprentis sorciers !

 

 

 

Chapitre III : Développer l’organisation syndicale confédérée

(décisions 20 à 25)

 

Sous couvert de faire vivre au plus prés l’activité syndicale, de « mettre en place un maillage syndical », la direction confédérale a proposé une réforme profonde du rôle des diverses instances et du mode de collectage et de répartition des cotisations.

 

La CGT est une confédération qui regroupe donc plusieurs organisations de nature différente : fédérations d’industries, quelques unions départementales, structures syndicales non fédérées (journalistes, intérimaires et chômeurs).

Les UD et fédérations pouvant disposer de leurs cotisations et ressources.

 

Dans un premier temps, la confédération proposait au Congrès le versement direct des cotisations via un organisme financier central. Cette mesure constituait une révision générale et un abandon des formes organisationnelles dont s’est dotée la CGT, au long de son histoire.

 

Cette réforme a suscité un juste tollé, en effet, alors que la confédération tend dans son document à abandonner les formes traditionnelles et éprouvées du syndicalisme, nous ne parlons pas de masse et de classe ( cela s’opère depuis le 45ème Congrès) pour rejoindre le terrain de « l’associatif ».

 

Évidemment une telle évolution régressive rencontre de fortes résistances, comme l’a prouvé la réunion du CCN qui a opté pour le rejet du Traité constitutionnel.

 

La direction, à sa façon en avait tiré les leçons, non pas en révisant l’orientation mais en décidant de renforcer ses pouvoirs, en liquidant le fédéralisme sur le plan financier et ainsi en se subordonnant les fédérations voire en exerçant des pressions sur les récalcitrants. Les contestations ont eu raison du projet initial. Toutefois, la vigilance et l’opposition demeurent .

 

Le nouveau projet donne des pouvoirs exorbitants à l’organisme financier, apte à faire le calcul et la vérification du versement des cotisations. C’est là

une menace qui continue de peser puisque la délégation à un organisme « extérieur », ajoutée à

l’encouragement au prélèvement bancaire entraînera un recul de la vie syndicale de proximité et risque d’affaiblir à terme les Unions Locales. D’autre part la proposition faite au futur CCN de vérifier la validité « de la réalité des fédérations » fait peser des menaces claires pour l’avenir.

 

Pour toutes ces raisons, nous appelons à refuser une telle base de discussion pour le 48ème Congrès, nous ferons nos propres propositions de document d’orientation alternative, d’autres le font et le feront, l’unité d’action de tous les tenants du syndicalisme de lutte de classes est l’impératif de l’heure !

 

Nous appelons les syndiqués et les travailleurs à continuer la CGT en bas 

dans les entreprises en forgeant l’outil revendicatif au quotidien, en dénonçant les conditions de travail, les violations des libertés et du droit syndical, les pressions sur les salaires par l’augmentation des cadences, la lutte contre la flexibilité et la précarité, enfin en renouant avec nos meilleures traditions internationales en portant le drapeau de la lutte contre les guerres impérialistes, l’économie de guerre.

 

A l’échelle nationale, Continuer la CGT exige de reconnaître la primauté des luttes comme forme de combat afin d’aboutir à créer un rapport de forces qui oblige le Capital et l’Etat à des reculs, à l’annulation des projets antisociaux.

 

La direction confédérale fait des phrases sur le « syndicalisme de négociation », rappelons ce B.A.-BA de la lutte syndicale : tout camarade sait qu’on ne négocie jamais à froid avec le Patronat, sinon, on est amené à discuter de l’aménagement des mesures voulues par le MEDEF, à pratiquer la collaboration de classe puisqu’au bout du compte, les salariés sont confrontés à des reculs. Les syndicalistes révolutionnaires ne sont pas opposés à toutes négociations mais sur la seule base des revendications avancées dans les luttes, sur le rapport de forces ainsi créé et sur le mandat voté par les assemblées générales avant, pendant et après les négociations, sinon on ramène le syndicalisme à l’affaire des seuls « experts » ! La seule « intervention dans la gestion » a largement démontré son impuissance et le vide de ses « acquis ».

 

Continuer la CGT c’est reconnaître cette réalité de la grande force collective, intellectuelle et matérielle que constitue la classe des exploités. Aucune conquête sociale, aucun accord favorable aux travailleurs n’a été gagné sous les lambris des ministères mais a été le fruit de la lutte des classes conduite par les salariés sous l’impulsion de la CGT.

 

Continuer la CGT, c’est discuter, voter et appliquer des revendications unifiantes pour le salariat au-delà des différences de situation mettant en mouvement statutaires et précaires, français et immigrés, revendications centralisées dans un programme à l’échelle nationale. Nécessité aussi de défendre et d’impulser la solidarité active de classe. Toute lutte, par exemple, contre les fermetures d’entreprise doit entraîner la grève interprofessionnelle fondée une stratégie de convergence des luttes pour affaiblir et faire reculer le Capital. Aucun expert social n’aurait fait la proposition d’augmenter les salaires de 17 à 30% selon les catégories (1968) sans la grève massive de l’ensemble des ouvriers, employés, salariés.

 

Continuer la CGT c’est renouer avec la culture de la grève générale y compris sur des thèmes politiques, il n’y a pas fatalité à subir des coups du pouvoir, l’action unie multiforme peut conduire à renverser un gouvernement, à favoriser les transformations sociales nécessaires. Le préalable à la reconquête d’une CGT de classe et de masse parallèlement à l’action en bas, c’est la réappropriation de nos concepts, de notre vocabulaire.

 

Ignorons les pseudos modernistes adeptes de la « novlangue » : les « partenaires sociaux », la « citoyenneté », la « culture d’entreprise » qui visent à casser la mémoire et les traditions révolutionnaires, à effacer ou diluer les démarcations de classe.

 

Balayons les utopies réformistes impuissantes sur la conquête de la gestion, n’oublions jamais la lutte de classes !

 

Continuer la CGT c’est renouer avec l’analyse de classe du capitalisme, c’est montrer que ce régime par la propriété privée des moyens de production et d’échange est à l’origine de l’exploitation de l’aliénation salariale, du mal vivre quotidien, c’est poursuivre la bataille pour que la CGT renoue avec cette double exigence fondamentale : la socialisation des moyens de production, la lutte pour contribuer au renversement du capitalisme.

 

Vaste programme, mais il n’est pas d’autre voie que d’engager nationalement et internationalement le combat contre le Capital monopoliste. Cela passe, faits à l’appui par la dénonciation des orientations réformistes, des trahisons et autres compromissions.

 

Il n’est pas de demi-mesures, d’opposition à fleuret moucheté. Certains accusent « Continuer la CGT » de semer divisions et fractions. Ils se trompent de cibles, ceux qui divisent ce sont les dirigeants qui liquident pas à pas l’identité CGT, les fractionnistes ce sont les mêmes qui participent, soutiennent ou ferment les yeux sur les organisations de collaboration de classes du type « confrontations ».

 

 

Camarades, pour vaincre le réformisme, il faut s’organiser, se rassembler.

C’est le combat pour continuer la CGT de classe et de masse.

Il est nôtre, il est vôtre.

Regroupons-nous contre le Capital et ses relais, pour la satisfaction de nos revendications quotidiennes et futures

 

Proposition de plate forme Revendicative de Continuer la CGT

 

Introduction

Les militants syndicalistes engagés dans le combat de classe contre le Capital, notamment ceux rassemblés dans le mouvement Continuer la CGT, estiment nécessaire l’élaboration d’une plate-forme revendicative susceptible de favoriser la mobilisation des travailleurs à l’action.

Les questions liées aux besoins humains ne peuvent trouver de solution dans la société capitaliste où l’économie de marché implique une totale mainmise de la propriété privée sur les moyens de production et d’échange : non seulement les sols, les machines, l’immobilier, les technologies, la recherche, les banques et assurances, mais aussi les Hommes.

L’économie de marché capitaliste implique la casse du service public, donc le dépouillement du patrimoine collectif national qui dans une société socialiste, au contraire joue un rôle de solidarité socio-économique dans la production, les services, la recherche, les progrès techniques tout en contribuant-ce qui est essentiel-à assurer, sur les richesses produites par les entreprises : la protection sociale, l’éducation, la sécurité et l’épanouissement de la population.

Or, la casse des secteurs publics avec les privatisations en cours, les délocalisations et fermetures sauvages des entreprises alliées aux spéculations financières et aux économies parallèles, constituent pour l’essentiel les causes profondes du chômage et la précarité, de l’aggravation des conditions de travail, des atteintes à la protection sociale des travailleurs et retraités.

.

L’emploi

 

 

L’emploi doit être traité en termes de droit, socio-économique et d’épanouissement des travailleurs et leurs familles.

Le plein emploi implique :

Arrêt de la désindustrialisation et de la désertification de l’agriculture ; au contraire, relance de la politique d’emplois productifs et induits, sachant qu’un emploi industriel crée, génère trois à quatre emplois service, sans préjudice du 

Développement du commerce et de l’artisanat ;

Arrêt des délocalisations des entreprises

et des fermetures sauvages , créant des déserts industriels et un chômage accru aux conséquences socio-économiques désastreuses pour les régions touchées ;

Arrêt des privatisations et relance d’une politique de renationalisation de grands groupes industriels, entreprises et services publics, banques et assurances ;

Arrêt de tout licenciement sans reclassement équivalent.

Révision fondamentale de la Loi sur la RTT :

Le contenu de la Loi AUBRY sur la RTT et les pressions patronales ont consacré la déréglementation des droits du travail (flexibilité, annualisation, accroissement de la productivité, blocage voire réduction des salaires, etc) tout en accordant primes et exonérations de charges patronales scandaleuses.

Révision fondamentale de la Loi pour l’instauration d’une durée hebdomadaire de travail de 35h, voire 32h pour les emplois pénibles, insalubres.

Réorganisation de l’amplitude et de la durée de travail quotidiennement et mensuellement sur la base des 35h (ou 32h) compte tenu de deux jours de repos hebdomadaires (consécutifs).

Abolition de la pratique des heures supplémentaires. Dans l’immédiat et à titre transitoire, majoration de 50% des heures effectuées de la 36ème à la 39ème heure, et 100% pour celles effectuées de la 40ème à la 45ème, dans la limite des heures autorisées après avis de l’Inspection du Travail.

Embauches liées à la réduction du temps de travail correspondant à la loi révisée, nonobstant les besoins exprimés par les syndicats (représentant au moins la moitié des voix aux élections professionnelles) dans les entreprises, administrations et services.

Mise en échec du travail au noir et/ou du travail clandestin par des mesures dissuasives ou pénalisantes à l’encontre du Patronat responsable.

Impulsion d’une véritable politique en matière de formation professionnelle et continue.

Inclusion dans la Loi, des principes fondamentaux en matière de condition de travail : humanisation sécurité, prévention des risques des maladies professionnelles et accidents du travail et leur reconnaissance pour leur prise en charge par l’employeur.

Inclusion dans la Loi des garanties fondamentales en matière de droits et libertés dans et hors de l’entreprise : droit syndical, droit de grève, droit d’expression, d’intervention, de représentation, de défense, etc.

Abrogation de toutes dispositions existantes ou susceptibles d’application en matière de flexibilité du temps de travail, annualisation, diminution ou gel des rémunérations, extension des heures supplémentaires, précarisation de l’emploi à travers le temps de travail imposé, etc. Respect de l’égalité du salaire (à qualification égale, travail et ancienneté égaux) entre les hommes et les femmes. 

Emplois précaires

 

Conversion emplois précaires en emplois stables et à temps plein par contrat à durée indéterminée (pour le secteur privé) et titulaires (pour les Fonctions Publiques), via, le cas échéant par une formation qualifiante.

Abrogation des Lois instituant le travail intérimaire. Conversion de la situation des intérimaires en emplois stables et à temps plein.

 

Chômage

Rétablissement de la réalité du chômage en France : les chiffres officiels du chômage représentent à peine 60% de l’ensemble des personnes qui cherchent un emploi. La part des demandeurs d’emploi hors statistiques officielles est passée de 8,5% en 1981 à 42% début 2001.

 

 

Salaires-Primes-Indemnités

 

Introduction

L’augmentation générale des salaires doit tenir compte d’une perte du pouvoir d’achat aggravée au cours des dernières années notamment par les causes d’application de la RTT, la hausse du coût de la vie et, les effets du passage à l’euro qui à eux seuls sont estimés [cf. source des Associations de Consommateurs) en moyenne à 8%. En conséquence, les syndicats doivent pouvoir appeler les travailleurs à agir sur la base du mémorandum suivant :

 

Augmentation du SMIC à 1 500€ bruts mensuels ;

Augmentation générale des salaires en rattrapage de :

+25% pour les salaires inférieurs à 1 500€

+20% pour les salaires compris entre 1 500 et 2 300€

+15% pour les salaires compris entre 2 300 et 3 000€

+10% pour les salaires supérieurs à 3 000€

Intégration des primes et indemnités (sous quelques formes qu’elles soient versées) au salaire de base, soumises à retenue pour le calcul de la retraite.

 

Structuration des rémunérations :

Déroulement de carrière (avancement, ancienneté) prenant en compte : les titres, diplômes, qualifications, acquis professionnels, ancienneté ,…dans une échelle de 1 à 5 sur la base d’un minimum à 1 500 euros.

Structuration des grilles d’emplois et salaires intra-profesionnels dans un cadre statutaire et conventionnel nationaux (branche d’industrie, administration, service public..) 

Emplois précaires et demandeurs d’emplois :

Dans l’immédiat, réunification des différents systèmes d’indemnisation visant les minima sociaux, revalorisation par un triplement de l’indemnisation ;

Fixation pour les demandeurs d’emploi d’un revenu de remplacement égal à 80% du salaire d’activité antérieure, avec un minimum de 80% du SMIC pendant toute la durée de privation d’emploi ;

Renégociation de l’assurance chômage sur la base d’une contribution assise sur la richesse produite par les entreprises.

Services Publics et Nationalisations

 

Une économie au service de la nation

La politique de démantèlement des services publics, de privatisation des entreprises nationalisées dans le cadre de l’application du Traité de Maastricht et de la stratégie néo-libérale des groupes capitalistes dominants, tend à achever de mettre toute l’économie du pays sous la coupe réglée du grand Capital financier européen et mondial.

Elle accompagne l’offensive de destruction de toutes les avancées sociales conquises par les travailleurs. Elle est génératrice de l’accroissement du chômage et de la surexploitation des salariés, de leur assujettissement sans frein aux seuls intérêts patronaux. Elle accentue la destruction d’une partie essentielle du tissu industriel, les déséquilibre entre les diverses branches industrielles et entre les régions, la subordination de tout le fonctionnement du système économique à la volonté des groupes capitalistes les plus puissants. Elle réduit à néant toute la possibilité d’indépendance économique de notre pays, et met directement en cause la souveraineté nationale.

L’intérêt des travailleurs et de la nation est de stopper et de renverser le cours de cette politique. Lutter sérieusement contre le chômage contre la désertification industrielle, contre les délocalisations sauvages, pour la défense et l’élargissement des droits des travailleurs pour une économie au service de la satisfaction des besoins et du progrès social, suppose que la maîtrise des instruments du développement économique soit donnée à la nation.

Il est indispensable de lutter pied à pied, en associant les travailleurs de tous les secteurs concernés pour la sauvegarde de ce qui reste encore des entreprises publiques et nationalisées.

Pour un programme de nationalisation

Il n’y a pas d’autres moyens pour y parvenir, quelles que soient les formes du combat de classe qui s’avéreront nécessaires pour en assurer la réalisation que de remettre en avant un programme de nationalisations concernant :

► Les secteurs de base de l’économie : source de matières premières, énergie (charbon, pétrole, énergie atomique) transport, télécommunication.

► Les industries clefs : sidérurgie, grandes industries chimiques, grandes constructions mécaniques (automobile, aéronautique et aéro-spatiale, navale, téléphonique), groupes dominants de l’électronique et de l’informatique, industrie d’armement, grands travaux publics.

► Les industries de première importance sociale (industries pharmaceutiques)

► Les grandes sociétés à caractère de monopole

► L’ensemble du secteur financier et de crédit (banques, assurances)

Les nationalisations doivent être conçues et orientées de manière à être :

► L’élément moteur d’un développement économique assurant l’indépendance nationale,

► Le moyen de mettre le progrès technique au service du progrès social

La garantie démocratique des nationalisations

 

La garantie contre tout centralisme bureaucratique, la revendication du caractère entièrement démocratique des nationalisations et de la planification, devront être assurés par :

► La mise en place de Conseils d’Administration qui, outre la représentation des pouvoirs publics, seront composés majoritairement de représentants élus des travailleurs de l’entreprise et des usagers ou consommateurs.

► La pleine responsabilité du Conseil d’administration, qui aura notamment dans ses attributions la nomination, le contrôle et la révocation éventuelle du personnel de direction.

► L’autonomie de gestion des entreprises dans le cadre des orientations définies par la planification.

► Une large extension à tous les niveaux des droits de contrôle et d’intervention des travailleurs, de leurs représentants élus et de leurs organisations syndicales sur l’ensemble des problèmes d’orientation, de gestion, ainsi que d’organisation du travail. Ce qui suppose dans un premier temps un rôle accru des Comités d’Entreprise ainsi que la création de Conseils d’ateliers ou organismes équivalents dans toutes les unités de travail.

► A tous les échelons de planification, la mise en place d’institutions et l’élaboration de méthodes permettant aux travailleurs et à l’ensemble de la population de participer à son élaboration, à sa mise en œuvre et du contrôle de ses résultats.

► La pleine reconnaissance des droits d’expression et d’intervention politique dans l’entreprise.

Les Services Publics

 

Si le capitalisme s’attaque aux services publics, c’est pour deux raisons.

 

La première, c’est parce qu’il représente un marché potentiel à conquérir. Pour ce faire, il se doit de modifier la législation pour transformer les usagers en clients et s’accaparer de nouvelles marges de profits au détriment des citoyens.

 

La deuxième raison est d’ordre idéologique, car en France, le Service Public s’est construit sur des principes républicains que la loi de marché ne saurait accepter, parce qu’ils sont un obstacle essentiel à la construction de l’Union Européenne :

Tout d’abord celui d’Egalité afin d’assurer à chaque citoyen les mêmes droits, quelles que soient les croyances ou sa culture, sa situation sociale etc…(La France ne s’inscrit pas dans une logique communautaire contrairement aux autres pays d’Europe).De ce premier principe découlent ceux de laïcité, de neutralité et d’impartialité.

 

Ensuite celui de «continuité» du Service Public parce qu’il ne saurait y avoir d’interruption dans l’action de l’État, mais aussi parce que le souci premier du service public est d’obéir à la notion d’intérêt général ; ce qui est loin d’être le cas du marché…)

 

Et enfin celui d’adaptation constante car les besoins sociaux et la notion d’intérêt Général évoluent dans le temps. Or, la construction européenne s’inscrit dans un cadre qui prévoit le démantèlement des États Nation pour y substituer une gigantesque zone de non droit que l’on appelle «un marché». Mais dans celui-ci, la notion de citoyen est remplacée par celle de consommateur-client….

On le constate alors, les intérêts des agents du service public et ceux de toute la population rejoignent les intérêts de la nation.

 

D’où les convergences de luttes et la solidarité qui se sont manifestées lors des grandes grèves de novembre et décembre 1995 pour la défense du service public «à la française».

La Fonction Publique

 

Dans la Fonction Publique, la stratégie du capitalisme vise principalement à vider le statut des fonctionnaires de son contenu, progressivement par petites touches. Après la loi GALLAND, les accords DURAFOUR, la loi sur le régime indemnitaire, la Loi HOEFFEL et le Pacte de relance pour la ville, les principes qui régissaient la Fonction Publique dans la Loi Le PORS de 1984 sont réduits à néant. La République était une et indivisible. Aussi ce statut consacrait-il également l’unicité de la Fonction Publique, et donnait aux fonctionnaires des droits qui permettaient de garantir à la nation les principes républicains cités plus haut, et notamment l’indépendance du fonctionnaire à l’égard de tout pouvoir politique ou économique pour qu’il ne soit pas détourné de sa mission de service public.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ? la Fonction Publique est divisée et morcelée. Le clientélisme se développe. La précarité se généralise avec plus de 800 000 non titulaires. Les salaires sont en berne et une part de plus en plus importante de la rémunération est flexibilisée par le développement des primes au mérite.

 

Le principe d’une Fonction Publique bâtie sur la carrière avec des grades auxquels correspondent une qualification, un niveau de compétence, est progressivement abandonnée pour être remplacée par une Fonction Publique liée à l’emploi. Ce qui veut dire qu’il n’y a plus de véritable déroulement de carrière.

 

Sous l’impulsion des Directives Européennes, les réformes de l’appareil d’État engagée par le gouvernement CHIRAC-RAFFARIN avec notamment la régionalisation, et le transfert des charges sur les Collectivités Territoriales, vont accélérer la privatisation des Services Publics, accroître les inégalités des usagers, casser le statut des fonctionnaires, aggraver la précarité, la fiscalité locale. Ces réformes tournent le dos à une véritable démocratisation et gestion des Services Publics, où les agents publics devraient être réellement associés aux choix de gestion afin d’éviter les gâchis financiers, de même que la population, pour que les services publics répondent aux besoins des usagers.

Les services publics et l’Europe

 

Au niveau européen, les Services Publics sont confrontés à une offensive généralisée du Capital.

 

Les luttes qui ont été organisées sur la défense des Services Publics par la CES (Confédération Européenne des Syndicats) à l’occasion des sommets des Chefs d’État européens, n’ont rien entamé, (et pour cause !) de la marche en avant du Capital pour le démantèlement des Services Publics. Seuls les réformistes (y compris de la CGT) trouvent que la Commission de Bruxelles a été «contrainte de prendre en compte les aspirations de la population et la mobilisation des salariés».

 

En 2003, la Convention mise en place lors du sommet de Bruxelles sur l’avenir de l’Europe , doit examiner une proposition concernant «les Services d’intérêt Général» pour devenir une directive cadre européenne.

Si les objectifs syndicaux, énoncés sous la houlette de la CES, posent les principes de réduction des inégalités, de consultation et de participation des salariés et usagers, de continuité de service, de l’emploi et garanties collectives et de financement, de cohésion et de développement social, ils ne remettent, à aucun moment en cause la base libérale (capitaliste) sur laquelle est fondée cette éventuelle directive. Nous sommes là en plein dans le domaine d’intégration aux normes européennes capitalistes qui ne peuvent en aucune façon endiguer l’offensive généralisée contre les services publics français et européens.

Protection sociale

La Sécurité Sociale a constitué, en 1945, la concrétisation des aspirations des salariés français à la sécurité.

Éprouvés par le développement du capitalisme industriel, l’occupation nazie, les privations, les mauvaises conditions de vie, inquiets pour leur avenir, les travailleurs voulaient prévenir les moyens de leur subsistance et celle de leurs familles.

A cette époque, la CGT comptait cinq millions d’adhérents.

La conception de la CGT sur la sécurité était liée à un droit fondamental qui devait être accordé à tous les travailleurs, dans le cadre d’une solidarité nationale, aux moyens de financement assuré par les richesses produites. C’est à ce concept nouveau que répondra le système mis au point par les représentants de la CGT au sein du Conseil National de la Résistance (CNR).

Ambroise CROIZAT (ex-dirigeant CGT de la métallurgie) député communiste, nommé ministre du Travail et de la Sécurité Sociale en janvier 1946, sera chargé de la mise en place du nouveau système de Sécurité Sociale.

L’ordonnance du 4 octobre 1945, instituait une organisation de la Sécurité Sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles, contre les risques de toute nature, à couvrir les charges de maternité, charges de famille, etc.

L’ordonnance du 19 octobre 1945, visait à rapprocher dans un cadre commun, l’ensemble des institutions de Sécurité Sociale pour permettre l’extension des législations, notamment des assurances sociales, à toute la population du pays.

Or, ces objectifs unificateurs de protection sociale, fortement contestés par la droite politique, les artisans, commerçants, la CFTC (la CFDT n’existait pas à l’époque), la mutualité française allaient être mis en cause moins de deux ans plus tard.

Le Patronat arguait (déjà et toujours) que les prélèvements (cotisations sociales) étaient une charge insupportable (coût du travail).

La mutualité française s’estimait «cambriolée», dépossédée de ses acquis parce qu’intégrée aux dispositifs communs du nouveau système de Sécurité Sociale. Mais avec la loi MORICE en 1947, (retour de la droite au pouvoir, éviction des Communistes, scission de la CGT donnant naissance à FO), la Mutualité française allait recouvrer l’essentiel de ses acquis antérieurs, voire renforcés par …. Les effets du nouveau système de Sécurité Sociale.

La CFTC, syndicat de collaboration de classe liée au MRP (puissant parti de droite à l’époque) ne pouvait qu’accompagner les positions contestataires du CNPF à l’encontre du nouveau système de Sécurité Sociale.

Pierre LAROQUE, directeur général de la Sécurité Sociale, avait apprécié la situation en ces termes : «la Sécurité Sociale est une grande victoire remportée par la classe ouvrière dans sa lutte contre l’occupant nazi et les forces réactionnaires. Elle a été conçue par ses fondateurs non seulement comme un moyen d’améliorer la situation des travailleurs, mais comme un élément dans la construction d’un ordre social nouveau d’où seraient éliminées les inégalités dans la sécurité, l’un des facteurs essentiels entre classes sociales».

Mais bien vite, la Sécurité Sociale allait être mise en cause dans ses principes dès le début, puis subir des attaques répétées, à commencer par celui à qui on a souvent décerné à tort la paternité de la Sécurité sociale : le Général de GAULLE.

En effet, non seulement il n’est pas le fondateur de la Sécurité Sociale, mais il a été le premier Président de la République à lui porter les coups les plus graves : tentative de créer une franchise sur les remboursements (3 000 francs de l’époque) dès 1958 (mise en échec par l’action populaire au bout de 6 mois) ; ordonnances de 1967 sur la séparation des branches (maladie, famille, vieillesse), suppression de l’élection des administrateurs Sécurité Sociale. Ce qui permettra à FO, grâce au CNPF, d’évincer la CGT de toutes les présidences des caisses qu’elle détenait du suffrage des assurés sociaux salariés, retraités. Seule la CGT s’était opposée à ces mesures, et en avait réitéré l’abrogation lors des négociations de Grenelle en mai-juin de 1968. En vain !

De nombreuses autres attaques contre la Sécurité Sociale ont eu lieu par la suite. Malgré une législation de décembre 1982 rétablissant l’élection des administrateurs des organismes de Sécurité Sociale, (principe de l’élection qui ne sera appliquée qu’une fois en 1983 d’ailleurs), les gouvernements qui se sont succédés depuis (socialiste et de droite) n’ont fait qu’œuvrer à la préparation, puis à l’application des réformes de notre système de protection sociale que nous subissons aujourd’hui.

 

 

Universalité du droit à la santé

 

Les principes de la législation de 1945 sont fondés sur l’Universalité du Droit à la santé, de la naissance à la fin de la vie. (Principes totalement opposés au «Régime Universel d’Assurance Maladie» du plan JUPPÉ, voire même à la «Couverture maladie Universelle» du gouvernement JOSPIN).

L’Universalité du Droit à la santé relève d’un concept fondamental que la CGT, à l’époque, a non seulement soutenu, mais plus encore contribué à définir et à faire en sorte que la Constitution française de 1946 en soit imprégnée à travers tous autres droits fondamentaux, tel celui du droit au travail producteur des richesses nationales desquelles une part contributive est déterminée sous forme de salaire différé, participant au financement de la protection sociale.

RÉGIME UNIVERSEL D’ASSURANCE MALADIE

Au contraire, les réformes JUPPÉ, inspirées des systèmes anglo-saxon, présentaient un système à deux étages : un régime universel dit de protection sociale à minima, fiscalisé, étatisé et des régimes de complémentarité assuranciels privés pour la maladie, la distribution des soins, et en capitalisation pour les retraites. C’est ce que veut concrétiser le gouvernement CHIRAC-RAFFARIN.

Ces réformes visent ainsi à mette en cause radicalement le système de financement de la protection sociale procuré par les richesses créées par les entreprises en transférant ce financement sur les contribuables que sont les ménages, les salariés, les retraités, les chômeurs, les précaires et les petits épargnants à travers les divers prélèvements budgétisés : CSG, CRDS, voire cotisation spécifique Régime Universel le cas échéant, etc.

Le Régime Universel d’Assurance maladie fait partie de l’arsenal des dispositifs que s’était doté le Plan JUPPÉ (poursuivi allègrement par le gouvernement de la gauche plurielle) à savoir : la loi organique donnant tout pouvoir au Parlement de voter l’équilibre financier de la Sécurité Sociale et les Ordonnances du 24 avril 1996 transformant fondamentalement notre système de protection sociale aux exigences des Traités de Maastricht, Amsterdam.

Les promoteurs et adeptes du Régime universel affirment que ce régime permettrait de couvrir toutes les populations et le principe de l’Universalité, serait ainsi acquis. Cette présentation (soutenue par la CFDT, la Mutualité française et autres organisations réformistes) est fallacieuse et abusive.

La législation actuelle ouvre droit à la Sécurité Sociale soit au titre d’une activité, soit au titre d’un revenu de remplacement, soit en qualité d’ayant droit, ou encore au titre de l’assurance personnelle notamment pour les personnes en situation de précarité. Le problème ne se pose donc pas en termes de droits, mais de moyens d’accès. Si des personnes, effectivement de plus en plus nombreuses en difficulté, sont exclues de l’accès aux soins, cela n’est pas dû à une inadaptation de la législation de 1945, mais relève fondamentalement des conséquences directes liées à l’emploi (chômage, emplois précaires d’où accroissement de la paupérisation) d’une part, de la réduction des taux de remboursement des frais médicaux et pharmaceutiques de 40% en moyenne ces dernières années, d’autre part ; on peut y ajouter encore les effets du déconventionnement ou des dépassements d’honoraires médicaux. Ces types de situation font qu’aujourd’hui près de 25% de la population se soigne mal ou pas du tout, parce que les personnes concernées n’ont pas les moyens de se payer une couverture sociale complémentaire (mutuelle, assurance, prévoyance) ou de payer le ticket modérateur à leur charge.

Ces différents aspects de la situation sont la conséquence du désengagement du Patronat et de l’État de leur part contributive (exonérations des charges sociales des entreprises, dettes patronales à la Sécurité Sociale par dizaine de milliards), alors que la part contributive des salariés et des retraités n’a cessé d’augmenter au cours de ces dernières années avec les records que l’on sait dus aux mesures JUPPÉ, accentuées encore avec celles de la «gauche plurielle» : CSG, CRDS, Cotisation Sécurité Sociale aux retraités, etc.

Le Régime universel d’Assurance maladie ne réglerait pas plus le problème des exclus actuels, que les dispositions jusqu’alors en vigueur.

La prise en compte des exclus et personnes précarisées réside dans une action de proximité des services sociaux, c’est-à-dire des moyens mis en œuvre, et une prise en charge totale des soins par l’accès gratuit à toutes les structures sanitaires et sociales d’un service public de qualité répondant aux besoins. Or, telle n’est pas la voie empruntée par le gouvernement soutenu par le Patronat.

Notre système actuel de Sécurité Sociale, par ses sources de financement, son mode de gestion, et les masses financières qu’il dégage est un obstacle au déploiement de la logique maastrichtienne, et par voie de conséquence, au développement du marché lucratif de la santé dans notre pays. Rappelons que les dépenses de santé représentent en moyenne plus de 20% du budget des familles.

Or, le Régime universel d’Assurance maladie non seulement concourt à lever cette contrainte, mais de plus, il accélère la libération du Patronat (entreprises) de ses obligations sociales par voie d’exonération de ses cotisations.

En effet la charge du Régime universel d’Assurance maladie serait supportée par les assurés sociaux «solvables» et les contribuables ayant un revenu d’activité ou de remplacement, alors que les revenus financiers y échappent pour l’essentiel.

Sur l’égalité des droits aux prestations, les adeptes du Régime universel d’Assurance maladie disent que celle-ci serait alors effective.

Si des disparités de couverture obligatoire entre les régimes spéciaux et le régime général existent, de même qu’entre les régimes de salariés et de non-salariés, il faut en rappeler les raisons historiques :

d’une part les régimes spéciaux de salariés disposaient d’un niveau de couverture sociale bien plus avancé avant même l’institution du Régime général. C’était le plus souvent dû au résultat des luttes revendicatives des personnels.

 d’autre part, le régime des non-salariés institué bien après le Régime général n’est que la conséquence de ses ressortissants qui avaient refusé d’intégrer ce dernier. Le niveau moindre de couverture du régime des non-salariés correspond au moindre effort contributif que ses ressortissants ont bien voulu consentir.

Le Régime universel d’Assurance maladie pose ainsi la fusion des Régimes spéciaux avec le Régime général. Les structures sont d’ailleurs prévues puisque les ordonnances d’avril 1996 permettent la création des URCAM (Unions régionales des Caisses d’assurance maladie) destinées à coordonner (dans un premier temps) tous les régimes, et leur appliquer, à terme les mêmes règles de fonctionnement, gestion, contrôle, pour en arriver à une harmonisation -par le bas bien sûr- des prestations.

De telles perspectives s’inscrivent totalement dans le Livre Blanc sur la Politique sociale en Europe qui fixe les éléments d’un schéma européen de protection sociale constitué «d’un socle à minima public, essentiellement fiscalisé sur lequel viendront se greffer des dispositifs privés de couvertures individuelles ou collectives».

 

 

« Continuer la CGT » propose en conséquence :

Le rétablissement de la cotisation Sécurité Sociale selon un rapport de 2/3 employeurs, 1/3 salariés.

La suppression de la CSG et de la RDS.

La création, pour les revenus du Capital à partir d’un certain seuil, d’une cotisation protection sociale, de même niveau que celle acquittée par les salariés.

La suppression des exonérations de cotisations patronales (passées de 6,5 milliards d’euros en 1995 à 15 milliards d’euros en 2000 et 20 milliards en 2004).

Régularisation des dettes patronales (près de 20 milliards cumulés de cotisations impayées, soit 3 milliards par an) à la Sécurité Sociale. Exiger la création d’un fonds de garantie interentreprises pouvant se substituer aux entreprises défaillantes.

Suppression des charges indues des hôpitaux publics (TVA, taxe sur les salaires, surcompensation sur les retraites : près de 6 milliards). Rétablissement de l’engagement de l’État au financement de la protection sociale à hauteur de 15% au moins des besoins sanitaires et sociaux.

Abrogation des ordonnances du 24 avril 1996 qui visent à créer les conditions de privatisation de notre système de santé, ainsi que de l’hospitalisation publique.

Révision de la législation sur l’organisation, l’administration et le fonctionnement des caisses de Sécurité Sociale.

Election des administrateurs salariés aux organismes de Sécurité Sociale, tous les trois ans.

Améliorer les modalités électorales afin d’éviter toutes formes d’entraves, délibérées ou non, aux scrutins.

Révision de la composition du corps électoral : âge, jeunes, chômeurs, précaires, salariés, préretraités, retraités….

Suppression du paritarisme.

Réduction de la place du patronat dans les conseils, inaccessibilité des présidences et vice-présidences des Conseils d’administration et Commissions aux représentants patronaux, celles-ci devant revenir aux administrateurs élus des salariés, en fonction des résultats électoraux.

Révisions de la composition des Conseils d’administration, représentants salariés, patronaux, personnalités dites « qualifiées ».

Présence avec voix délibérative des représentants des personnels des caisses aux Conseils d’administration.

Révision des pouvoirs (étendus et décisionnels) des Conseils d’administration, arrêt de la main mise du patronat et de l’État sur la gestion de la Sécurité Sociale.

Attribution de moyens, droits et garanties aux administrateurs élus des assurés afin qu’ils puissent exercer correctement leurs mandats : droits et libertés, temps consacré à leurs mandats sur le temps de travail, crédits suffisants aux confédérations syndicales représentatives, pour la formation des administrateurs, etc

En matière de prestations :

Relèvement du remboursement par la Sécurité Sociale de la couverture obligatoire, dans l’immédiat à 90% (honoraires médicaux, médicaments, soins divers)

Relèvement du niveau de prise en charge des appareillages et prothèses dentaires, optique, auditifs. Définition des tarifs réels, fixation des remboursements en conséquences tendant aux 90%.

Dans l’immédiat, augmentation de la contribution Sécurité Sociale à 150 € pour une prothèse dentaire, 100 à 150 € en optique et 250 € par oreille pour un appareillage auditif.

Remboursements à 100% dès le premier jour de frais d’hospitalisation.

Remboursement à 100% des soins des chômeurs précaires et personnes disposant d’un revenu inférieur au SMIC

Remboursement à 100% et sans condition, des frais de contraception et IVG.

Gratuité des vaccins.

Généralisation du tiers payant

Indemnisation à 100% du salaire, des arrêts de travail pour accident du travail, de trajet et maladie professionnelle, sans condition d’ancienneté, de délai de carence et sans limitation de durée.

Pour les chômeurs, en cas de maladie, versement des indemnités journalières égales à l’indemnité de chômage.

Maintien des prestations aux immigrés, victimes d’accidents du travail, invalides, retraités, ayant-droit en cas de retour ou de séjour dans le pays d’origine.

Suppression du forfait hospitalier.

Suppression de la cotisation maladie, transformée en CSG aujourd’hui, pour les retraités et préretraités

Suppression des dépassements d’honoraires dans le cadre d’une convention unique négociée avec les professions médicales.

En matière de maternité  et politique familiale :

Examen mensuel obligatoire dès la déclaration de grossesse remboursé intégralement par la Sécurité Sociale.

Pour les femmes salariées, examen effectué pendant le temps de travail et rémunéré en tant que tel.

Remboursement à 100% de tous les tests préventifs des accidents et pathologies de la grossesse.

Congé prénatal à 12 semaines, repos postnatal et congé adoption à 12 semaines.

Droits de l’enfant :

L’accueil et l’éducation de l’enfant qui doivent fonder une véritable politique familiale, sont constitutifs d’une responsabilité qui concerne les parents, mais aussi l’avenir du pays.

Les prestations familiales sont un droit à l’enfant qui ne sauraient être limitées à une protection de type assistance.

En conséquence, les prestations familiales, la fiscalité, les équipements et services, doivent garder leurs finalités propres, les prestations familiales ne devant en aucun cas jouer le rôle dévolu à la fiscalité dans la redistribution des revenus.

C’est pourquoi, le financement des prestations familiales par le système de cotisations assis sur la masse salariale des entreprises doit être intégralement rétabli.

Allocations familiales de 300 € par enfant dès le premier enfant

Revalorisation des aides à la scolarité avec l’allocation rentrée scolaire portée à 300 € en primaire et 400 € pour le secondaire sans conditions de ressources.

L’accès de tous les enfants à la cantine scolaire (aides aux familles démunies).

Versement des prestations familiales et logement en plus en RMI (pour les familles concernées)

Prévention – médecine scolaire.

Accueil des jeunes enfants dans les crèches, garderies (investissements en conséquence, formation et recrutement de personnel à cet effet).

Loisirs, vacances, sport.

Fiscalité

- Une Fiscalité de classe

- Taxer les revenus capitalistes

- Alléger l’impôt pour les salariés et retraités

Les recettes fiscales de l’État doivent assurer ses dépenses : le Gouvernement prétend réduire celles-ci pour équilibrer son budget au niveau imposé par le critère du Traité de Maastricht. Sa méthode consiste à diminuer brutalement le nombre des agents de la fonction publique, à sabrer les budgets déjà très insuffisants de l’éducation nationale, de la santé publique, des équipements sociaux, du fonctionnement du secteur public et nationalisé, des grands travaux publics d’intérêt général. Or c’est à l’inverse qu’il faut procéder, en renforçant les budgets de ces différents secteurs au niveau des besoins réels, et en recherchant dans d’autres domaines des économies substantielles à faire, par exemple :

► Diminution drastique des dépenses militaires ;

► Arrêt immédiat de toute intervention militaire à l’étranger

► Suppression des subsides, crédits et exonérations fiscales accordées sans discernement et sans contrôle aux entreprises privées ;

► Défiscalisation de la Sécurité Sociale qui doit retrouver son financement normal au travers des cotisations salariales et patronales élargies à celles des revenus financiers.

UNE FISCALITÉ DE CLASSE

 

 

Le gouvernement prétend dans le même temps abaisser le niveau de la ponction fiscale. Mais cette diminution ne concerne en fait que les détenteurs de capitaux et les bénéficiaires de l’exploitation capitaliste, afin de laisser entre leurs mains le maximum de ressources disponibles pour leurs opérations financières et l’accumulation de leur capital.

 

Ainsi, de par sa nature de classe, le système fiscal en vigueur représente une des injustices les plus flagrantes du régime actuel.

 

Les exonérations et les avantages fiscaux accordés aux grandes entreprises capitalistes, sous le vain prétexte de favoriser les investissements, la relance économique et l’emploi, ne font en réalité que gonfler les profits et alimenter la spéculation. En compensation, c’est la charge fiscale supportée par les salariés qui, sous différentes formes, est constamment alourdie.

 

La réalité est que la fiscalité frappe de plus en plus durement les ménages les plus modestes des salariés en activité ou retraités :

 

 

► Alourdissement de la TVA et des impôts indirects, qui pèsent sur les petits revenus.

► Prélèvements croissants opérés directement sur les salaires et les retraites au travers de la CSG et la CRDS (bientôt la cotisation pour le Régime Universel d’Assurance Maladie ?) la suppression des 10% d’abattement aux retraités

► Augmentation des impôts locaux résultant du transfert de charges de l’État sur les collectivités locales, aggravée avec la réforme de l’appareil d’État en cours concernant la régionalisation (formation, action sociale, précarité de l’emploi, écoles, routes, chemin de fer etc.…)

Assujettissement d’un nombre croissant de ménages à l’impôt direct sur les revenus. Un nombre de plus en plus élevé de petits revenus qui jusque là étaient exonérés d’impôts doivent maintenant le payer.

 

Il s’agit bien d’une forte pression exercée contre le pouvoir d’achat des salariés actifs et retraités, alors qu’en regard, l’impôt sur les grandes fortunes ou sur les bénéfices des sociétés demeure ridiculement insuffisant.

TAXER LES REVENUS CAPITALISTES

En compensation de ces mesures de justice fiscales, les mesures suivantes devraient être prises :

Élargissement de la base de l’impôt sur les sociétés par l’abrogation des régimes de faveur (amortissements dégressifs, provisions injustifiées). Suppression des exonérations et dégrèvement divers (taxes professionnelles, etc.…)

Relèvement général, sélectif et progressif de l’impôt sur les bénéfices des sociétés tenant compte du rapport de la valeur ajoutée à la masse salariale de manière à imposer plus durement les entreprises faisant plus de bénéfices avec moins de main-d’œuvre.

Lourde taxation des bénéfices liés à des activités spéculatives.

Abrogation des mesures bénéficiant aux revenus du Capital (prélèvement libératoire, avoir fiscal, abattements applicables aux revenus fixes…)

Création d’un impôt sur le Capital.

Quadruplement de l’impôt sur les grandes fortunes.

Lutte sévère contre la fraude fiscale des entreprises supposant les contrôles nécessaires tant de l’administration fiscale que des travailleurs de l’entreprise.

 

ALLÉGER L’IMPÔT POUR LES SALARIÉS

 

Pour établir une fiscalité plus juste, les mesures suivantes sont indispensables :

Suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, les produits pharmaceutiques, les fournitures scolaires, les biens et services essentiels d’intérêt social. Baisse de la T.V.A sur de nombreux autres biens et services d’utilisation courante.

Refonte complète de la fiscalité directe, assurant l’exonération des revenus égaux ou inférieurs au SMIC porté à 1 500 €, allégeant l’imposition pour les petits et moyens salariés rétablissant les tranches à très forte progressivité pour les hauts revenus.

Réintégration dans l’assiette de l’impôt sur le revenu de l’ensemble des revenus de la propriété (foncier, immobilier, capitaux mobiliers).

Suppression de la CSG et de la CRDS, suppression du forfait hospitalier.

Rétablissement de l’exonération d’impôt des indemnités journalières de maternité.

Rétablissement de la réduction d’impôt pour les frais scolaires.

Rétablissement de l’abattement, porté à 15% plafonnés sur les pensions de salariés soumises à l’impôt sur le revenu.

Rétablissement de l’abattement des 10% aux revenus des retraités.

Rétablissement des déductions forfaitaires supplémentaires pour frais professionnels pour les professions qui en bénéficiaient avant 1996.

Pour les femmes salariées, déduction des revenus imposables des frais de garde des enfants en bas âge.

Exonération des droits de succession pour une somme inférieure ou égale à 75 000 €. Relèvement substantiel des droits de succession pour les grosses fortunes.

Cessation des reports fiscaux de l’État sur les collectivités locales. Refonte de la fiscalité locale entraînant une répartition plus juste entre les entreprises et les particuliers.

Exonération de la taxe d’habitation pour les revenus égaux ou inférieurs au SMIC porté à 1 500 € bruts.

Retraites

1. Une plate forme à faire vivre

 

Défense et amélioration des Régimes de base et Régimes complémentaires obligatoires selon les principes de la répartition inter-générations

Rejet du Régime par répartition à minima, étatisé, selon le modèle européen sur lequel s'appuient le Gouvernement CHIRAC - RAFFARIN et le MEDEF

Défense et amélioration des Régimes spéciaux des secteurs publics. Respect des engagements de l'État pour les Régimes Spéciaux en difficulté

Rejet des fonds de pension destinés à se substituer aux fondements de la répartition inter-générations et à la complémentarité obligatoire en pesant sur les Régimes de base.

Abrogation de la Loi sur les fonds d'Épargne salariale antichambre des fonds de pension

Révision des règles de compensation d'équilibre démographique des Régimes de Retraites où chaque année plusieurs milliards d'euros sont prélevés sur les Régimes des salariés du public et du privé pour renflouer les Régimes patronaux (industriels - commerçants - artisans - agriculteurs - gens du culte). Arrêt immédiat de cette ponction des Régimes salariés (plus de 6 milliards d'euros en 2002)

Suppression de la compensation spécifique d'équilibre des Régimes spéciaux de retraites (secteurs publics) aux conséquences inadmissibles des transferts de cotisations employeurs sur les contribuables et assurés sociaux

Ouverture du droit à la retraite à taux plein à 60 ans, voire 55 ans, sans préjudice de bonifications pour les catégories professionnelles, public et privé, soumises à des responsabilités et/ou pénibilités de travail particulières ; départ dès 37,5 annuités quel que soit l'âge

Durée de cotisation pour ouvrir droit à une retraite à taux plein = 37,5 ans (public et privé) soit 150 trimestres. Validation des années d'études, d'apprentissage, recherche de premier emploi ; (dès 16 ans les CAP - BEP… et 18 ans pour autres)

 

Taux des retraites et pensions (taux de remplacement) égal à 75% (voire 80% compte tenu de bonifications pour circonstances particulières), du salaire moyen des trois meilleures années d'activité pour 37,5 annuités de cotisations. Le salaire moyen d'activité s'entend : salaire de base (conventionnel ou statutaire) et primes et indemnités

Taux de pension de réversion porté à 75% de la pension du conjoint, sans condition d'âge, de cumul et de ressources

Revalorisation des retraites et pensions en référence à l'évolution du salaire d'activité, d'où, en période d'activité, nécessité d'agir pour l'augmentation des salaires contre les "produits proposés" en matière d'épargne salariale, intéressement, participation aux bénéfices, actionnariat etc. créés pour peser sur la rémunération principale du travail et exonérer le Patronat des cotisations constitutives du salaire socialisé

Fixation d'un minimum des retraites et pensions à égalité du SMIC porté à 1 500 euros bruts

Suppression des prélèvements CSG - RDS, au contraire élargissement des cotisations patronales à l'ensemble de la valeur ajoutée des entreprises

Rétablissement intégral de l'abattement des 10% sur les pensions et retraites en matière de calcul des impôts sur le revenu

Augmentation générale et immédiate des pensions et retraites de 20% en rattrapage de la perte du pouvoir d'achat sur les quinze dernières années

Une révision fondamentale de la politique du logement et charges locatives pour les retraités ; plafonnement de la taxe d'habitation voire suppression

Prestation autonomie prise en charge et gérée par la Sécurité Sociale. Formation de personnel qualifié appelé à intervenir auprès des malades

Des services publics de proximité et de qualité répondant aux besoins.

 

 

2. Financement des retraites

Une véritable réforme de la cotisation patronale en élargissant son assiette à la totalité de la richesse créée dans l'entreprise au lieu de la seule masse salariale brute. La part des salaires dans la richesse a régressé de 67% en 1975 à moins de 50% dans les années 2000, alors que, dans le même temps, celle des profits a progressé de 33% à 41% ;

Taxer les produits financiers des entreprises à hauteur de la contribution payée par les salariés ; cette mesure à elle seule, assurerait quasiment l'équilibre du financement des retraites ;

Développement d'une politique de plein emploi : un million de chômeurs embauchés = 12 à 13 milliards d'euros supplémentaires pour les retraites ;

Obligation pour les entreprises qui engagent des plans sociaux, de continuer à cotiser au même niveau auprès des organismes de retraites pour les salariés mis en cessation définitive d'activité ;

Soumission de tous les éléments de rémunération à cotisation pour la retraite (intéressement, participation, primes, etc.) = 3 à 4 milliards d'euros ;

Exiger le paiement de la dette patronale : près de 10 milliards d'euros sur les cinq dernières années.

 

Qui sommes-nous ?

FONDATION

« Continuer la CGT » a été fondée le 24 juin 1995 à Paris (rue Cabanis 14è) au cours d’une assemblée générale de militants CGT à laquelle avaient été invités des syndicalistes de la FSU.

80 militants étaient présents.

Après un rapport introductif présenté par Roger NADAUD, ex-secrétaire de la Fédération CGT de la Santé Action Sociale et un large débat parmi les syndicalistes, une résolution concrétisant la fondation de CL.CGT était approuvée à l’unanimité.

Un Collectif National de 18 membres était mis en place.

 

MOTIVATION

Alors que 1995 aurait dû être une année exceptionnelle pour la CGT qui fêtait son 100ème anniversaire, c’est malheureusement un constat de crise interne, de dévoiement des idées de classe et, au total, un constat de désyndicalisation qui traversa l’organisation.

Cette situation relève d’un processus, d’un travail méthodique d’éléments réformistes et révisionnistes capables de peser sur les idées de classe afin d’entraîner l’organisation à la recomposition syndicale réformiste. De plus en plus nombreux sont les militants et syndiqués CGT qui s’inquiètent de cette dérive dangereuse pour les travailleurs. A divers niveaux des structures syndicalistes refusent de voir discréditer et dévoyer les valeurs originelles de leur organisation par des dirigeants engagés dans la compromission social-démocrate voire patronale.

(se reporter au rapport introductif de l’Assemblée constitutive de CL.CGT du 24/06/1995)

La fragilisation de la CGT en tant qu’organisation de classe et de masse constitue une situation d’autant plus dangereuse, qu’émergent, dans le même temps, des tentatives de récupérations Trotskistes à des fins essentiellement politiques.

 

 

 

DÉCISION

Une forte demande s’étant manifestée précédemment de la part des militants attachés au syndicalisme de lutte de classe et de masse, en opposition au syndicalisme dit « rassemblé » des modernistes et autres opportunistes, il est décidé de réagir en s’inscrivant de façon offensive dans la préparation du 45ème Congrès, sans préjudice de prolongements à donner si les circonstances l’exigent, avec, comme mot d’ordre :

« Continuer la CGT » pour un syndicalisme de masse et de lutte de classe.

 

DÉFINITION

« Continuer la CGT » se veut animatrice d’une activité de réflexions, d’analyses, d’informations et de propositions aux militants, apportant une contribution positive et décisive à la vie démocratique, à l’action de masse et de classe, ainsi qu’au renforcement de la CGT.

 

BUT

De concept unitaire, « Continuer la CGT » rejette les idées de pseudo-indépendance syndicale réformiste de droite ou d’extrême-gauche et se bat contre ceux qui prônent la dissociation de l’économie et de la politique en les opposant l’une à l’autre.

S’affirmant contre toute velléité scissionnistes

« Continuer la CGT » ne s’en réserve pas moins, en cas de circonstances exceptionnelles, l’éventualité de structuration organique aux fins de regrouper les syndiqués et plus généralement les travailleurs attachés au syndicalisme de masse et révolutionnaire de lutte de classe.

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Dernière modification : 23 avril 2006