« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Le Rassembleur N° 0

 

Sommaire

Page de garde

Éditorial

Analyse : situation économique et sociale, situation du mouvement social

Les attaques du MEDEF : le charcutage de la législation et du Code du travail

Échos des luttes : en France, en Europe, dans le Monde

Plate-forme revendicative

Chômage : plus il augmente, moins il est visible pour le gouvernement

Mémoire du syndicalisme : Congrès fondateur de Limoges, Charte d’Amiens, CGTU

Solidarité avec les peuples en luttes contre l’impérialisme

Hommage à Roger NADAUD

PAGE DE GARDE

Solidarité avec la jeunesse en lutte contre la précarité

Grève générale jusqu’au retrait du CPE et du CNE

 

Le RASSEMBLEUR

Pour la renaissance du syndicalisme de classe et de masse

Revue trimestrielle de CONTINUER LA CGT

N° 0 - Mars 2006

 

Directeur de publication : Jean GUILLIÈRE

Imprimé par nos soins

Site Internet : http:/assoc.wanadoo.fr/continuer.la.cgt/

 

Courriel : continuer.la.cgt@wanadoo.fr

APPEL aux salariés en lutte du secteur privé et du secteur public

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ÉDITORIAL

Les directions syndicales actuelles, y compris celle de la CGT, comme les dirigeants de la « gauche plurielle » n’analysent plus en termes de luttes de classes les problèmes de conditions de vie et de travail des salariés. Ceci les conduit à s’enfermer dans des négociations au sommet avec les directions patronales, à la recherche effrénée d’accords consensuels et minimalistes, en opposition de plus en plus ouverte avec les revendications matérielles et morales des millions de travailleurs pourtant scandées dans des manifestations massives et répétées. Le NON massif des ouvriers et des syndicats de base de la CGT (au référendum sur la Constitution européenne) est une illustration éclatante de ce décalage entre le potentiel et la volonté de lutte à la base et l’action réformiste et mutilante du sommet. Ces directions syndicales ont failli sur tous les fronts de lutte et n’ont réussi à faire échec à aucun des plans de la classe patronale : elles doivent être censurées, notamment à l’occasion de leurs Congrès respectifs.

Le grave recul du mouvement révolutionnaire en France et dans le monde met les forces du capital en situation de l’emporter quasi-systématiquement dans les luttes partielles ou locales. Aussi, pour désarçonner l’attelage des propositions et des agressions de la classe des patrons, le syndicalisme efficace ne peut se passer de déployer une stratégie de globalisation des revendications des salariés du public et du privé, des travailleurs français et immigrés, de mise en mouvement de la solidarité de classe interprofessionnelle, de la solidarité internationale avec les luttes des peuples contre l’impérialisme, organisant la convergence des luttes pour préparer la grève générale et réussir les affrontements contre la classe patronale et son État, aujourd’hui et demain.

 

Notre collectif – Continuer la CGT – veut agir sur la base des principes qui ont fondé les actions réussies et conquêtes de la classe ouvrière : esprit collectiviste de lutte, anti-capitalisme et socialisation des moyens de production, développement des diverses formes de luttes de classes (grèves locales et générales, occupations d’usine).

 

Les militants de ce collectif estiment nécessaire d’éditer une revue trimestrielle pour fédérer l’action des militants combatifs, quelque soit leur syndicat d’origine, pour faire renaître une centrale syndicale de classe agissant pour l’unité ouvrière de combat, loin des divisions syndicales (faussement pluralistes) et atermoiements réformistes et collaborationnistes.

Cette revue ambitionne de devenir un outil d’échange et d’aide au développement des luttes syndicales de masse et de classe, un outil d’information et d’analyse permettant à la classe ouvrière de penser et d’agir de façon indépendante par rapport au patronat, son État et ses alliés sociaux-démocrates.

 

Analyse : situation économique et sociale, situation du mouvement social

Résolution de l’assemblée générale de CL.CGT Décembre 2005

La France est à la lisière d’une véritable catastrophe économique et sociale

Le capital monopoliste, après son échec au référendum du 29 mai, a choisi de mépriser la «vox populi» en aggravant dans tous les domaines le cours néo-libéral. Ce qu’il n’a pas été possible de faire dans le cadre législatif européen, est conduit par le gouvernement VILLEPIN-SARKOZY qui ose se targuer de son «patriotisme économique» ! Les mesures prises depuis les six derniers mois, sont significatives de la guerre sociale déclenchée par le pouvoir contre le monde du travail et les familles populaires. Les privatisations continuent de sévir, bradant aux spéculateurs et boursicoteurs, le patrimoine national : EDF, GDF, la Société des autoroutes, la SNCM. Des entreprises encore publiques, mais déjà livrées depuis des années à la domination de la «rentabilité financière», la filialisation par le recours à des activités assurées par le privé ouvre la brèche au statut, à la concurrence entre salariés comme à la SNCF. Les services publics de proximité qui souvent assurent et renforcent le tissu économique de petites agglomérations ou villages, sont en voie de liquidation pour la moitié d’entre eux ! Les monopoles privés soucieux d’assurer le surprofit, transfèrent les emplois là où la vente de la force de travail s’effectue à bas prix, les délocalisations ont occasionné ces derniers mois près de 50 000 licenciements ou suppressions d’emplois.

Cette politique de ruine du pays est la conséquence de la politique des monopoles nationaux misant avant tout pour assurer leurs fabuleux profits non sur le marché intérieur mais sur le pillage et la conquête de marchés en Afrique, en Amérique Latine (Argentine, Brésil…), en Europe (Belgique, Espagne, Tchéquie…). L’impérialisme français est le second exportateur mondial de capitaux ! Cela est la source entre autres des 40 milliards de profit des 40 plus grandes entreprises pour la seule première moitié d’année. Cette polarisation se vérifie dans le fait que 1 salarié sur 4 est payé au SMIC, que 13 millions le sont en dessous ! La France est devenue un pays de bas salaires. Cette politique de pillage des pays dominés, d’inscription dans la concurrence européenne s’est traduite par la politique des «créneaux» (GISCARD et MITTERAND) qui a sacrifié la métallurgie, la sidérurgie, le textile, en liquidant 1,9 million d’emplois industriels, en détruisant le tissu économique et industriel de la France, pour se reporter sur d’autres secteurs d’activités financiers, luxe et militaire dans l’UE.

Les gouvernements successifs n’ont fait que poursuivre cette donne stratégique pour les multinationales, la bourgeoisie monopoliste française est devenue un obstacle plus que jamais au progrès social, sa domination de classe signifie paupérisation des travailleurs, affaiblissement sans pareil du pays, oppression aggravée sur le peuple français et les pays opprimés par l’impérialisme français. Parallèlement, la société française est devenue plus inégalitaire, ségrégative et discriminatoire. Une société à plusieurs vitesses s’est mise en place : les capitalistes grands et moins importants qui profitent de la crise, les travailleurs qui voient leur salaire rogné toujours plus, leur CDI et statut menacés par la précarisation croissante, enfin à une échelle insoupçonnée jusqu’ici, des travailleurs voués au chômage de longue durée, au «petits boulots», à l’exclusion sociale. La France compte 5 millions de pauvres officiellement.

Mécontentement et colère populaire/crise sociale des banlieues

La politique des monopoles engendre un mécontentement profond, dans des couches sociales dont les intérêts ou revendications sont hétérogènes mais qui unies autour d’objectifs communs comme le 29 mai, peuvent infliger une défaite au MEDEF et au gouvernement. Ouvriers, petits commerçants, pêcheurs, paysans-travailleurs, enseignants et chercheurs, artistes, privés d’emplois se heurtent chaque jour à la politique du capital financier.

La crise des banlieues, des cités plus exactement, souligne l’écart entre les paroles et les actes de nos gouvernants. D’un côté CHIRAC et VILLEPIN vantent le «modèle français d’intégration», de l’autre SARKOZY s’est fait le chantre du communautarisme, c’est-à-dire de la soumission des travailleurs, selon les cultes, à leurs chefs religieux ! Ses propos inadmissibles, son absence de sang froid qui lui ont fait dire qu’il fallait «éliminer la racaille», «nettoyer les cités au Kärcher», ajoutés au mal vivre, à l’impossibilité de beaucoup de jeunes de trouver un véritable emploi, leur ras-le-bol des contrôles policiers «au faciès», leurs angoisses sur leur avenir ont provoqué une explosion sociale des cités populaires. De plus, il faut mesurer que la France, tout en affichant, trompeusement son attachement «au modèle social français, à la politique d’intégration républicaine», est devenue sous l’égide du capital et de l’UE, une terre de ségrégations et de discriminations. Le «modèle américain» est devenue notre réalité quotidienne. La révolte des jeunes vient de loin, de l’école tout d’abord, de plus en plus sélective selon des critères de classe. Ce phénomène engendre la crise scolaire, où les enseignants voient l’exercice de leur métier se dégrader faute d’une école assurant l’insertion dans un emploi qualifié. Preuve de cette discrimination de classe et raciste, moins de 1 % de jeunes issus des cités sont étudiants dans les grandes écoles. Les enfants de parents naturalisés récemment ou immigrés, sont voués aux études professionnelles ou à l’apprentissage. Une fois les diplômes acquis, souvent le racisme patronal opère en rendant très difficile l’accès à un emploi stable et durable (CDI), la situation est encore pire pour les dizaines de milliers de jeunes qui sortent de l’école sans diplôme, ceux sont voués à l’exclusion. Dans beaucoup de cités, les équipements de loisirs et sportifs font défaut, les prix des transports urbains sont élevés pour un jeune sans ressources.

Le syndicalisme a des difficultés objectives à défendre cette catégorie de jeunes puisque privés d’emploi ou précaires, ils n’ont pas de vie professionnelle stable dans une entreprise déterminée.

Parfois certains jeunes désespérés ou manipulés s’en prennent aux services publics et parfois aussi aux salariés. Pas de division fratricide qui ne profiterait qu’au MEDEF ! Les syndicalistes de luttes de classe ne peuvent rester insensibles aux souffrances et à la colère des jeunes des cités. L’esprit d’organisation dans les luttes doit fusionner avec la révolte de la jeunesse la plus opprimée, par une stratégie de soutien et d’interaction réciproques. La bataille syndicale pour davantage de services publics, contre le chômage et la précarité, pour les droits syndicaux pour TOUS, notamment le droit à un emploi durable et qualifié sans aucune discrimination quelle qu’en soit la nature, est aussi un combat pour fédérer l’esprit de révolte des jeunes et l’esprit d’organisation ouvrière des syndicalistes de lutte de classes.

Syndicalisme d’accompagnement = syndicalisme domestiqué

Le capital et le pouvoir répondent par l’aggravation de l’arsenal répressif. Ce fut ces derniers mois : l’intervention de l’armée lors de l’occupation du «Pascal-PAOLI» (grève des marins de la SNCM) - (du pas vu depuis 1948 !) ; La proclamation de l’état d’urgence selon les modalités d’une réglementation datant de la guerre coloniale contre le peuple algérien ; le durcissement de la loi anti-casseurs qui vise en réalité les luttes ouvrières et syndicales. On assiste à une véritable fascisation des institutions, sous fond de silence «assourdissant» des partis de la gauche parlementaire et centrales syndicales, du refus de toute mobilisation. «Qui ne dit mot, consent !». C’est là une situation très préoccupante qui nuit à l’ampleur nécessaire au combat pour la défense des libertés démocratiques. Cet autoritarisme croissant représente une véritable «épée de DAMOCLÈS» sur le mouvement social, populaire, révolutionnaire. Alors qu’un récent sondage paru dans «Libération» atteste que 51% des français estiment que le capitalisme ne représente pas l’avenir, le nouvel arsenal répressif est mis en réserve de la défense par tous les moyens du vieux système d’exploitation capitaliste. Les préparatifs de la répression s’accompagnent d’une campagne idéologique réactionnaire. La scandaleuse loi du 23 février 2005 réhabilitant «la présence coloniale française», vise à susciter la division des rangs des travailleurs, selon leur nationalité ou croyances, à renforcer le poison du chauvinisme, chez les travailleurs. La propagande incessante sur les ondes pour l’ «actionnariat» lors de la privatisation d’EDF, l’achat de telles actions qui participent de l’exploitation des salariés visent à introduire à grande échelle la collaboration de classes. Le prétendu «capitalisme populaire» n’est qu’une duperie visant à faire endosser aux salariés, avec la complicité des syndicats dociles, la stratégie des monopoles, substituant à la lutte pour la hausse des salaires, la «paix sociale» pour faire monter les cours de la bourse ce qui profite avant tout à l’oligarchie financière !

Le MEDEF et le gouvernement ont plusieurs fers au feu, outre la tactique de coercition et de répression symbolisée par SARKOZY, le Premier ministre VILLEPIN s’appuie aussi sur le «syndicalisme d’accompagnement», véritable syndicalisme domestiqué ! Alors que le capital monopoliste poursuit sa stratégie de casse des conquêtes sociales, obtenues par les luttes de classes sous le Front Populaire, la Résistance, mai 68, que proposent les directions de toutes les centrales ? loin d’analyser le contenu réactionnaire des réformes en cours, d’appeler à des ripostes d’ampleur, pour contrecarrer les projets destructeurs, les centrales réformistes s’inscrivent dans l’aménagement «social» des projets selon le modèle éloquent de la caisse de résonance du MEDEF : la CFDT.

La CGT, hélas, n’est pas de reste : sur la question du plan JUPPÉ (Sécurité Sociale), au lieu de son abrogation, les dirigeants ont entériné de fait la loi. Sur les retraites, la centrale a abandonné la revendication unificatrice des 37,5 annuités pour tous et la retraite à 60 ans à taux plein, a refusé d’écouter la vague montante qui appelait à la grève nationale reconductible en 2003 pour faire capoter ce projet, devenu loi depuis. Quand le pouvoir parle de privatisations, baptisées «ouverture du capital», loin d’organiser la solidarité de classe, pour la défense large des services publics, les dirigeants CGT discutent pour savoir quel peut être la hauteur du capital public ! Quand le gouvernement expédie un corps militaire pour arraisonner un navire occupé, le secrétaire général de la CGT «à sa demande», est reçu par le Premier ministre, non pour protester contre la répression anti-syndicale, mais pour faire des propositions pour sortir la SNCM du «conflit social» !

La presse confédérale se targue de «modernité», J.C Le DUIGOU idéologue de la «mutation» réformiste de la CGT affirme dans son prochain ouvrage que «l’économie de marché» (lire le capitalisme) est incontournable, mais depuis quand les inclinaisons politiques pro-capitalisme d’une personne fût-elle haut dirigeant de la CGT, deviennent–elles la règle pour l’ensemble de la centrale, est-ce cela la démocratie syndicale ? Ou alors existe t-il un groupe qui se coopte précisément sur cette base politique et partisane ? Comment alors représenter les travailleurs salariés alors que précisément on appelle «à ne pas diaboliser le patronat», que le secrétaire général débat avec les «jeunes patrons» ! L’un a vendu la mèche, en le présentant comme «le libéral de la CGT», ce à quoi, B.THIBAULT a répondu : «ne le dites pas trop, je suis en préparation de Congrès !».

On est loin des écoles de formation syndicale de base, où nos dirigeants nous apprenaient à éviter les pièges de la flatterie, à toujours se faire accompagner, à ne jamais oublier la lutte de classes !

Quels sont les résultats de cette «modernité» ? Malheureusement ils sont éloquents, tous les projets du capital passent les uns après les autres, tous les droits et conquêtes gagnées par les travailleurs avec la CGT de Benoît FRACHON, sont vidés de contenu. On assiste à une régression sociale sans précédent !

«Continuer la CGT» s’est créée, précisément pour rassembler l’ensemble des syndicalistes attachés à la CGT historique. Cette centrale, qui demeure celle de beaucoup d’entre nous, garde encore le plus important potentiel de luttes.

La victoire au référendum a été sans nul doute possible, parce qu’à la base (relayée par certaines directions d’UL, d’UD, de syndicats), a grandi l’exigence de porter le NON à un projet liberticide. On sait que la direction confédérale fut battue, elle qui voyait (dans le droit fil de la CES) les «potentialités d’un texte qui présentent des avancées !», imaginons la catastrophe résultante de voir la CGT, être du même côté de la barricade que le MEDEF, les néo-libéraux et sociaux-libéraux, les instances impérialistes ! Comment s’étonner alors de la désyndicalisation massive ! C’est principalement la CGT, qui a impulsé les grèves exemplaires, héroïques des travailleurs de la SNCM, de la RTM. CL.CGT salue leur courageux combat contre les projets directs ou rampants de privatisation. Ces luttes n’auront pas été vaines, car les travailleurs partout en France, ont été à bonne école.

Certes, la lutte n’a pas été victorieuse.

Dans le contexte actuel de l’offensive néo-libérale du capitalisme, CL.CGT, sans volonté de récupération, est d’accord avec le constat dressé par le secrétaire CGT de la SNCM, le camarade J P ISRAËL : «pas de victoire possible sans une stratégie de convergence des luttes».

En effet, les grandes conquêtes sociales ont été permises dans le passé, parce qu’à la tête du mouvement syndical, se trouvait la CGT des FRACHON, Marcel PAUL, Ambroise CROIZAT dont la stratégie était de mobiliser les directions à tous niveaux, pour organiser la riposte, fédérer les revendications, appeler à la solidarité de classe, populariser le mouvement dans la population. Quand nécessaire, la CGT appelait à des grèves générales interprofessionnelles, à l’occupation des usines, au rejet des réformes réactionnaires. C’est ainsi que les travailleurs de France ont bénéficié d’incontestables conquêtes !

Les leçons de l’histoire montrent aussi que le capital financier ne renoncera jamais à reprendre, ce qu’il a du concédé contraint et forcé. La colère, le mécontentement, les luttes exemplaires mais isolées, exigent d’accentuer le travail militant pour la renaissance dans ce pays, d’une centrale de lutte de classes et de masse. Des militants attachés au syndicalisme révolutionnaire agissent dans plusieurs centrales ou syndicats : CGT, FSU, FO, CFDT, SUD, Inter-médias, CGT-E. CL.CGT veut contribuer à leur union de luttes, à leur rassemblement. Notre première tâche est à chaque mouvement de grève nationale ou locale, contre aussi bien les privatisations que les délocalisations d’appeler à la solidarité de classe et financière, au Front uni travailleurs en lutte/usagers ou population locale. Dans les entreprises, les militants syndicalistes de classe, dans leur syndicat et dans les intersyndicales, doivent travailler patiemment sur la base des intérêts convergents des salariés, à l’adoption d’une stratégie de convergence des luttes, à faire grandir l’exigence du «Tous ensemble et en même temps», à créer ainsi les conditions de grèves générales nationales, reconductibles pour stopper l’offensive du capital.

Sur le plan international, les syndicalistes de lutte de classes doivent faire connaître les positions prises par la CES, véritable relais de la «Table Ronde des industriels européens», instrument de soumission des forces du travail à l’UE capitaliste, rechercher les convergences d’action avec les travailleurs d’Europe, défendus par le bureau européen de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM), tout en ralliant à la base, les syndicats organisés dans la CES.

La défense du syndicalisme de lutte de classes est indissociable de l’éducation des travailleurs dans la connaissance des lois économiques, sociales, politiques du capitalisme, ainsi nous forgerons les armes nécessaires pour combattre l’exploitation capitaliste, assurer la mission historique de la classe ouvrière pour l’abolition du salariat par la propriété sociale des moyens de production et d’échange et le pouvoir ouvrier et des travailleurs.

«Paris ne s’est pas fait en un jour». Ce long travail de renaissance du syndicalisme de classe nécessitera patience, efforts, courage, mais il s’effectue dès maintenant. CL.CGT va transformer son organisation afin de mieux regrouper les travailleurs sur leur lieu de travail. Un Congrès de notre association adoptera les transformations nécessaires pour davantage refléter les tâches actuelles, lancera une revue de liaison du syndicalisme de lutte de classes afin de populariser les luttes, de susciter le débat, l’échange d’expériences, l’analyse du capitalisme contemporain.

 

«Hardi, camarades, avec le calme et la sérénité de ceux qui ont raison» (Benoît FRACHON)

 

Les Attaques du MEDEF : le charcutage de la législation et du code du travail

La législation sociale selon le point de vue du syndicat des patrons : le MEDEF

        La «règle majoritaire» ?

La proposition des patrons est claire : lever les obstacles à la conclusion d’accords visant la casse des anciens accords jugés trop favorables aux salariés. Ils exigent donc qu’une opposition majoritaire d’organisations syndicales s’exprime de façon expresse pour que des accords ne puissent entrer en vigueur. Dans la situation actuelle, cela veut dire qu’il suffit que des organisations, peu représentatives comme la CFTC et la CGC, signent un accord, et que la CFDT ne s’y oppose pas, et c’est dans la poche pour le patronat. En conséquence, des règles et accords deviendront des normes alors qu’elles n’ont pas été adoptées par la majorité des syndicats. Tout cela éloigne du principe acquis et consigné dans le Code du travail, principe dit de «faveur» selon lequel un accord collectif, dans le domaine du travail, conclu avec une ou des organisations syndicales, ne peut déroger à la loi que dans un sens favorable au salarié. En d’autres termes, un accord ne peut porter atteinte aux avantages prévus par des accords collectifs de niveau supérieur. Ce qui permet une diffusion des acquis obtenus dans le reste des entreprises et des branches, et limite le dumping social. C’est bien ce que veut remettre en cause le MEDEF et le gouvernement : toute la mécanique de la diffusion des acquis sociaux, des entreprises les plus avancées vers les plus retardataires.

        Indemnisation des chômeurs

La réduction des droits des chômeurs est une orientation générale des pays capitalistes. Elle est basée sur la politique dite «activation des dépenses passives du chômage», présentée comme une réorientation des «aides» de l’accompagnement social des chômeurs vers les «aides» à l’emploi. En fait, il s’agit d’aides destinées à financer les allégements des charges patronales sur les bas salaires, et de recul sur les droits acquis des chômeurs. D’où l’idée de fusionner bureaux de versements et bureaux de placement pour mieux contrôler.

Le déficit de l’UNEDIC, dont le MEDEF est largement responsable, sera réduit par deux moyens : une réduction de la durée d’indemnisation des chômeurs allocataires (soit une contribution des chômeurs à 50% de la réduction du déficit) ; des augmentations de cotisations à hauteur de 25% pour les patrons, de 25% pour les salariés. Ainsi, les chômeurs payeront encore plus cher le chômage qu’ils subissent ! Le culot des patrons est d’affirmer qu’il y a symétrie entre salariés et patrons, alors qu’en réalité, même dans ce calcul de classe et «économiste», c’est 25% pour les patrons et 75% (50 + 25) pour les salariés avec ou sans emploi.

Déjà plus de la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés. Avec les nouvelles mesures, ce sont des milliers de chômeurs qui sortiront du système de solidarité pour basculer dans le RMI ou le RMA.

        «Droit des faillites» ? Réforme proposée par le ministre de la justice D. PERBEN : pour faciliter l’utilisation du dépôt de bilan comme … «plan social», car une bonne proportion des faillites des PME, en forte hausse, relève de la «restructuration» des grosses PME : c’est-à-dire des licenciements massifs de salariés pour préserver les profits capitalistes. Dépôt de bilan ou «plan social», les créanciers passent toujours avant les salariés. Le cas de plus en plus fréquent est la liquidation judiciaire : la fin de l’entreprise et … le renvoi des salariés au chômage.

        Droit de grève : Bien que de valeur constitutionnelle, le droit de grève, l’arme la plus efficace aux mains des salariés, est sérieusement menacé. Pour le compte du gouvernement, des experts travaillent à : «instaurer le service garanti aux usagers des entreprises publiques (SNCF, RATP, Contrôle aérien) ». CHÉRÈQUE et la CFDT, dans leur rôle de pompiers et d’étouffoir des luttes, considèrent que «les députés ont le droit d’en discuter», et que «concilier le droit de grève et la continuité du service public» est une vraie question !

        Droit du travail : Dans le cadre des discussions sur le «dialogue social» (suite de la «modernisation sociale» de la socialiste GUIGOU), un groupe discute du «traitement social des restructurations». Le MEDEF y avait proposé une définition du licenciement économique : «une suppression d’emploi destinée à rétablir, à sauvegarder ou à améliorer la compétitivité de l’entreprise» ! Une voie royale et légale pour licencier n’importe quel salarié. Même les syndicats maisons et réformistes ont rejeté cette grossièreté.

        Inspecteurs du travail : Après l’assassinat de 2 contrôleurs du travail (en septembre 2004), le MEDEF et l’UMP pour une «simplification» du Code du Travail : ces fonctionnaires ne doivent s’occuper que du contrôle de l’hygiène et de la sécurité du travail. Rideau sur l’exploitation de l’homme par l’homme ! Corps de fonctionnaires interministériel, créé en 1841 et affecté au ministère en charge de l’emploi, les inspecteurs et contrôleurs sont 1 366 (en 2005) pour superviser 18 millions de salariés dans 1,7 millions d’entreprises (respect de la durée du travail, de l’hygiène et de la sécurité). Soit, en pratique, 1 contrôle de PME tous les 7 à 10 ans. Pourtant, les infractions au droit du travail (légalement recensées) sont nombreuses : 15 775 procès-verbaux en 2002, et seulement 6 000 condamnations de patrons (surtout dans les Très Petites Entreprises où les syndicats sont souvent inexistants).

 

SNCM & Traminots Marseillais

Après plusieurs semaines d’un combat digne des plus belles pages du mouvement ouvrier, les salariés de la SNCM et les traminots marseillais ont dû reprendre le travail la mort dans l’âme. Ils l’ont fait sans baisser pavillon, sans désavouer leur combatif syndicat CGT, sans accepter les conditions gouvernementales, sans renier leur lutte pour la sauvegarde du service public.

«Continuer La CGT» exprime toute son admiration et sa gratitude envers ces travailleurs.

Les événements de Marseille s’inscrivent dans la poursuite de la politique de casse des acquis sociaux et du service public organisée par le MEDEF et tous les gouvernements de droite comme de gauche qui se sont succédés depuis plus de vingt ans.

En refusant d’organiser concrètement la solidarité avec les travailleurs en lutte, les états-majors de la gauche réformiste ont une nouvelle fois démontré leur manque de volonté de combattre réellement les directives gouvernementales.

L’heure est venue de demander des comptes aux directions syndicales et notamment à celle de la CGT.

Rompant avec la pratique de la lutte de classe, la direction confédérale de la CGT n’a jamais défendu clairement l’idée d’une entreprise maritime majoritairement aux mains de la Nation. Elle n’a rien fait pour lier le combat des travailleurs marseillais à celui des cheminots et gaziers.

La direction confédérale de la CGT a ignoré la demande de généralisation du conflit formulée par la CGT-FNSM et a refusé d’appeler les salariés du secteur public à cesser tous ensemble le travail. (Déjà lors du conflit sur les retraites, THIBAULT expliquait que son rôle n’était pas de bloquer le pays et de combattre le gouvernement : ce qui lui valut les félicitations du ministre FILLON).

Une telle attitude ne peut surprendre ceux qui dénoncent sans relâche l’engagement de cette même direction confédérale CGT au sein de la très libérale CES, rouage essentiel du capitalisme européen.

Lutte de classe ou collaboration de classe, c’est toujours la même opposition qui se manifeste.

Aujourd’hui, un syndicalisme de classe et de masse est indispensable aux salariés pour que l’union se réalise dans la lutte contre le patronat.

Les travailleurs ont un besoin urgent de retour à un syndicalisme vrai qui joue son rôle de défense de leurs intérêts moraux et matériels et qui refusent toute collaboration avec ceux qui les exploitent.

«Continuer la CGT» s’inscrit résolument dans ce combat.

Rejoignez-nous ! 

 

"Ils" ont appelé à voter OUI

 Le CCN de la CGT du 3 février 2005 avait donné lieu à un vote majoritaire à 82% pour le rejet de la Constitution européenne et un appel à voter NON au référendum. Le secrétaire général de la CGT Bernard THIBAULT avait montré un dépit si fort au regard de son engagement sur l’Europe, que cela s’est traduit par une intolérance exacerbée, exprimée dans une adresse personnelle aux organisations de la CGT le jour même du CCN. Désapprouvant le processus et la démarche, il avait accusé les débats et les votes du CCN de "graves carences démocratiques" mettant en cause "le respect des règles de vie commune entre les organisations de la CGT". Le compliment peut lui être retourné, à savoir qu’une telle déclaration personnalisée, sur le fond et sur la forme, ne paraît pas réunir les règles les plus élémentaires de démocratie syndicale. Mais on peut supposer que cette adresse avait été soutenue par ses amis du Bureau Confédéral si l’on en juge par les déclarations qui l’ont accompagnée. Cela ne ressemble-t-il pas à du travail fractionnel ? En tout cas, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que Bernard THIBAULT a roulé pour le OUI à la Constitution européenne.

Qu’est-ce que "Confrontations" ?

"Confrontations" pour une démocratie participative européenne, est le type même d’une association "Capital-Travail". "Confrontations" s’honore de "rechercher des rapprochements avec les dirigeants d’entreprises et de pouvoir faire intrusion politique dans le monde économique des entreprises et des banques". Fondée en décembre 1991, avec l’aval implicite de la Direction Confédérale CGT (participaient à sa fondation : ALEZARD, OBADIA, Le DUIGOU, dirigeants de la CGT), "Confrontations" allait être dirigée par Philippe HERZOG ancien dirigeant du PCF, alors que Jean Christophe Le DUIGOU allait accéder à la co-présidence. Cette association "Capital-Travail" compte dans son Comité de parrainage :

AUBRY, ROCARD, CHEYSSON, FITERMAN, GUIGOU, STRAUS-KHAN, TADDEI pour le PS ; BOCCARA, BRARD, MARX, RALITE pour le PCF ;

Ch. BLANC, ALPHANDERY, GANDOIS, Francis MER, PEYRELEVADE, TCHURUK pour le Patronat ;

DESCHAMPS (FSU). Le DUIGOU (CGT). OLIVE (UNSA) pour les syndicats, et divers

ADLER, FITOUSSI, J.L MOINOT, G.PERRAULT, TOURAINE pour la "société civile".

J.F TROGRLIC (CFDT) ; A.M SIGMUND (CES).

Au Conseil d’Administration élu lors de l’AG du 19 mars 2004 à Axa, la CGT y est représentée par deux dirigeants confédéraux : Jean Christophe Le DUIGOU et Francine BLANCHE.

Échos des luttes en France

Secteur Public

Traminots de Marseille 

42 jours de grève contre la privatisation d’un service public. Ils se sont battus courageusement et ont réussi à gagner la sympathie et le soutien de larges secteurs de la population mais …. pas des directions syndicales, y compris celle de la CGT !

SEDIVER

Les salariés et le syndicat CGT : une SCOP pour sauver l’emploi. Les pouvoirs publics ont déclaré ne pas être concernés par cette éventualité, et qu’en tout état de cause, ils n’accorderaient pas de subventions. Assez clair quant aux choix politiques des pouvoirs publics !

SNCF

2 semaines de grève des cheminots sur les lignes B et D du RER : contre l’augmentation des heures de travail. La direction de la SNCF a mené une campagne haineuse pour monter les usagers contre les travailleurs en lutte.

 

« Sans-Papiers »

Les sans-papiers sont en grande majorité des travailleuses et travailleurs. Ils subissent une des formes d’exploitation capitaliste les plus dures : les plus bas salaires, les moins bonnes conditions de sécurité sur les chantiers, aucun droits social, les moins bonnes conditions de logement. Les patrons y recourent pour diviser les travailleurs, aggraver la concurrence et tirer les salaires et les droits sociaux vers le bas. La présence de travailleurs sans-papiers est équivalente à un véritable dumping social et une délocalisation sur place.

Avec ou sans papiers, ce sont des travailleurs : c’est un devoir syndical d’agir à leurs côtés pour la défense de leurs intérêts matériels et moraux. Agir pour la régularisation des sans-papiers n’est pas seulement une action de solidarité et humanitaire. C’est aussi une action pour défendre et garantir les conditions de travail de tous et toutes.

 

Secteur Privé

Des salariés portugais payés en dessous du SMIC près du Havre

En mai 2005, le Parquet du Havre avait mené une opération de contrôle sur un chantier de maintenance à la raffinerie Total de Gonfreville l’Orcher (Seine-maritime) où, selon la CGT, des salariés portugais sont payés en dessous du SMIC.
Selon le syndicat CGT de Total, ces salariés sont embauchés par des entreprises de sous-traitance pour les travaux de remise à niveau d’une unité de craquage et de distillation de cette raffinerie.
"Certains d’entre-eux sont payés entre 500 et 800 euros brut pas mois alors que le SMIC français est de 1 154 euros pour 35h hebdomadaire", a affirmé le délégué CGT. Ce syndicaliste assure que "ces salariés dépendent de sociétés portugaises qui les louent à des sociétés-écran belges" intervenant sur le chantier. "Cela nous fait dire que la directive BOLKESTEIN est déjà entrée en application" a-t-il ajouté.

DALKIA

A l’appel du Collectif Général des Travailleurs-Energie Dalkia France (Le CGT-E, syndicat de lutte de classes), les salariés de 3 grands sites dits «de prestige», le CNAC Beaubourg, le Louvre des antiquaires et le Centre commercial Italie 2, se sont mis en grève pour protester contre la politique salariale de Dalkia limitant les augmentations générales au profit de primes diverses, de l’intéressement, de la participation et de l’épargne salariale. Le mouvement a duré deux semaines malgré la trahison de la CGT réformiste, dont le délégué a été exclu, sans ménagement, par les grévistes, et les syndicats de complaisances qui ont officiellement dénoncé cette grève comme «une atteinte aux intérêts commerciaux de Dalkia.»

Les mesures VILLEPIN : CPE (Contrat de Première Embauche), CNE (Contrat de Nouvelle Embauche), chèque emploi entreprise, aggravent la précarité des travailleurs et renforcent le pouvoir de licenciement des patrons !

Les choix des patrons et du gouvernement : précarité ou … chômage !

Nos choix : la lutte pour le retrait du CPE et du CNE.

Tous ensemble et en même temps à la manifestation du 7 mars

Solidarité avec les jeunes en lutte contre le CPE !

 

Écho des luttes dans le Monde

Europe

Bruxelles, mars 2005

60 000 manifestants défilent dans les rues de Bruxelles contre la directive BOLKESTEIN qui tend à mettre les travailleurs en concurrence. La directive BOLKESTEIN est un produit dérivé de la Constitution européenne. Avec le NON à la Constitution européenne, les travailleurs français et hollandais ont grandement contribué à faire reculer les mesures européennes antisociales.

Dublin, décembre 2005

Ce sont près de 150 000 travailleurs qui, à l'appel des syndicats, ont défilé le 9 décembre à Dublin pour réclamer les droits égaux en matière de salaire pour leurs collègues Polonais et Lettons.

«Nous sommes contre BOLKESTEIN2, pas contre les immigrés» avait déclaré Macdara DOYLE, porte-parole de la coordination syndicale ICTU (Congrès irlandais des syndicats qui réunit 57 centrales syndicales en Irlande).

Salaires de misère et donc bénéfices spectaculaires !

En 2005 :

12 milliards d’euros pour Total

6 milliards d’euros pour la BNP Paribas et Télécom

2 milliards d’euros pour Oréal et Danone

 

A noter que près de 3/4 des chiffres d’affaires de ces grandes entreprises sont réalisés à l’étranger (source INSEE).

 

Fédération Syndicale Mondiale (FSM)

Le 15ème Congrès de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) a pris fin à La Havane (Cuba) par un Appel à la défense de l’unité syndicale mondiale face à la domination du capital et à la mondialisation néolibérale.

La déclaration finale adoptée, sous le nom de Consensus de La Havane, par les délégués des plus 300 organisations syndicales de 75 pays réunis dans la capitale cubaine souligne que les syndicats doivent récupérer le rôle qui leur revient à la tête des luttes des travailleurs et aux côtés des autres secteurs sociaux.

Le 15ème Congrès de la FSM relève en outre que la mondialisation renforce la nécessité d’accroître la solidarité entre les travailleurs et les organisations syndicales à travers le monde.

Les participants ont critiqué les politiques de privatisation et ils ont appelé à l’unité dans la défense du plein emploi et la lutte pour l’élimination de l’exploitation et la pauvreté.

Ils se sont prononcés pour les politiques de nationalisation et le développement des services publics et ont réclamé le respect du droit du travail.

«Nous ne pouvons tolérer les violations de la dignité des groupes les plus vulnérables, tels que les retraités, les immigrants, les enfants ou les handicapés», souligne la déclaration finale. Celle-ci proclame que les programmes dits de «réajustement» des organismes financiers internationaux, les Traités de libre commerce et les pratiques des transnationales aggravent l’inégalité au détriment «des droits souverains des peuples et des nations».

Le Congrès de la FSM a signalé en outre que le gouvernement des États-Unis viole la loi internationale avec ses guerres préventives et ses menaces contre d’autres États.

Les délégués ont également condamné le blocus économique, commercial et financier que les États-Unis appliquent contre Cuba depuis plus de 40 ans et exigé la fin des agressions terroristes contre la Révolution et le peuple cubains.

Ils se sont prononcés aussi contre toute forme d’ingérence et exprimé leur solidarité avec l’Iran, la Palestine et la Syrie ainsi qu’avec le Mouvement des Pays non alignés.

 

Dans le cadre de la dernière séance du Congrès syndical mondial, le Syrien Mohamad AZZOUZ et le Grec George MAVRIKOS ont été élus respectivement Président et Secrétaire Général de la FSM.

Éléments pour une plateforme revendicative

 

Les questions liées aux besoins humains ne peuvent trouver de solution dans la société capitaliste où l’économie de marché implique une totale mainmise de la propriété privée sur les moyens de production et d’échange : non seulement les sols, les machines, l’immobilier, les technologies, la recherche, les banques et assurances, mais aussi les Hommes.

L’économie de marché capitaliste implique la casse du service public, donc le dépouillement du patrimoine collectif national qui dans une société socialiste, au contraire joue un rôle de solidarité socio-économique dans la production, les services, la recherche, les progrès techniques tout en contribuant à assurer, sur les richesses produites par les entreprises : la protection sociale, l’éducation, la sécurité et l’épanouissement de la population.

Or, la casse des secteurs publics avec les privatisations en cours, les délocalisations et fermetures sauvages des entreprises alliées aux spéculations financières et aux économies parallèles, constituent pour l’essentiel les causes profondes du chômage et la précarité, de l’aggravation des conditions de travail, des atteintes à la protection sociale des travailleurs et retraités.

L’emploi

L’emploi doit être traité en termes de droit, socio-économique et d’épanouissement des travailleurs et leurs familles.

Le plein emploi implique :

Arrêt de la désindustrialisation et de la désertification de l’agriculture ; au contraire, relance de la politique d’emplois productifs et induits, sachant qu’un emploi industriel crée, génère trois à quatre emplois service, sans préjudice du développement du commerce et de l’artisanat ;

Arrêt des délocalisations des entreprises et des fermetures sauvages , créant des déserts industriels et un chômage accru aux conséquences socio-économiques désastreuses pour les régions touchées ;

Arrêt des privatisations et relance d’une politique de renationalisation de grands groupes industriels, entreprises et services publics, banques et assurances ;

Arrêt de tout licenciement sans reclassement équivalent.

Révision fondamentale de la Loi sur la RTT :

Le contenu de la Loi AUBRY sur la RTT et les pressions patronales ont consacré la déréglementation des droits du travail (flexibilité, annualisation, accroissement de la productivité, blocage voire réduction des salaires) tout en accordant primes et exonérations de charges patronales scandaleuses.

Révision fondamentale de la Loi pour l’instauration d’une durée hebdomadaire de travail de 35h, voire 32h pour les emplois pénibles, dangereux, insalubres ;

Réorganisation de l’amplitude et de la durée de travail quotidiennement et mensuellement sur la base des 35h (ou 32h) compte tenu de deux jours de repos hebdomadaires (consécutifs).

Abolition de la pratique des heures supplémentaires. Dans l’immédiat et à titre transitoire, majoration de 50% des heures effectuées de la 36ème à la 39ème heure, et 100% pour celles effectuées de la 40ème à la 45ème, dans la limite des heures autorisées après avis de l’Inspection du Travail.

Embauches liées à la réduction du temps de travail correspondant à la loi révisée, nonobstant les besoins exprimés par les syndicats (représentant au moins la moitié des voix aux élections professionnelles) dans les entreprises, administrations et services.

Mise en échec du travail au noir et/ou du travail clandestin par des mesures dissuasives ou pénalisantes à l’encontre du patronat responsable.

Impulsion d’une véritable politique en matière de formation professionnelle et continue.

Inclusion dans la Loi, des principes fondamentaux en matière de condition de travail : humanisation sécurité, prévention des risques des maladies professionnelles et accidents du travail et leur reconnaissance pour leur prise en charge par l’employeur.

Inclusion dans la Loi des garanties fondamentales en matière de droits et libertés dans et hors de l’entreprise : droit syndical, droit de grève, droit d’expression, d’intervention, de représentation, de défense.

Abrogation de toutes dispositions existantes ou susceptibles d’application en matière de flexibilité du temps de travail, annualisation, diminution ou gel des rémunérations, extension des heures supplémentaires, précarisation de l’emploi à travers le temps de travail imposé, etc. Respect de l’égalité du salaire (à qualification égale, travail et ancienneté égaux) entre les hommes et les femmes.

Emplois précaires

Conversion des emplois jeunes, et autres emplois précaires en emplois stables et à temps plein par contrat à durée indéterminée (pour le secteur privé) et titulaires (pour les Fonctions Publiques), via, le cas échéant par une formation qualifiante.

Abrogation des lois instituant le travail intérimaire.

Dans l’immédiat, réunification des différents systèmes d’indemnisation visant les minima sociaux, revalorisation par un triplement de l’indemnisation ;

Fixation pour les demandeurs d’emploi d’un revenu de remplacement égal à 80% du salaire d’activité antérieure, avec un minimum de 80% du SMIC pendant toute la durée de privation d’emploi ;

Renégociation de l’assurance chômage sur la base d’une contribution assise sur la richesse produite par les entreprises.

Chômage

Rétablissement de la réalité du chômage en France : les chiffres officiels du chômage représentent à peine 60% de l’ensemble des personnes qui cherchent un emploi. La part des demandeurs d’emploi hors statistiques officielles est passée de 8,5% en 1981 à 42% début 2001.

 

SALAIRES-PRIMES-INDEMINITÉS

 

L’augmentation générale des salaires doit tenir compte d’une perte du pouvoir d’achat aggravée au cours des dernières années notamment par les causes d’application de la RTT, la hausse du coût de la vie et, les effets du passage à l’euro qui à eux seuls sont estimés [cf. source des Associations de Consommateurs) en moyenne à 8%. En conséquence, les syndicats doivent pouvoir appeler les travailleurs à agir sur la base du mémorandum suivant :

Augmentation du SMIC à 1 500 € bruts mensuels ;

Augmentation générale des salaires

Intégration des primes et indemnités (sous quelques forme qu’elles soient versées) au salaire de base, soumises à retenue pour le calcul de la retraite pleine à 37,5 annuités.

 

Structuration des rémunérations :

Déroulement de carrière (avancement, ancienneté) prenant en compte : les titres, diplômes, qualifications, acquis professionnels, ancienneté, …

Structuration des grilles d’emplois et salaires intra-profesionnels dans un cadre statutaire et conventionnel nationaux (branche d’industrie, administration, service public).

 

Statistiques de la crise du capitalisme

75% des emplois nouveaux sont des emplois précaires

7 offres d’emploi sur 10 déposées à l’ANPE sont des contrats de 6 mois au plus

1/3 des entrées en chômage sont des fins de CDD et de missions d’intérim

Les jeunes de moins de 25 ans n’ayant jamais travaillé ne disposent d’aucun revenu

Le nombre d’inscrits au RMI (déjà largement au-dessus du million) augmente chaque année de 10% en moyenne

Le nombre d’allocataires des minima sociaux est en augmentation continue

Le nombre des expulsions pour loyers impayés augmente en conséquence de la hausse des loyers et de la baisse des APL

Le nombre de ménages surendettés ainsi que les incidents de crédits (chèques impayés) sont en hausse

 

Le capitalisme attaque les pauvres et vit de la pauvreté

Les emprisonnements augmentent, et, surtout, la part de la détention provisoire (dans le total des emprisonnements) est de plus en plus grande

Les écarts en matière de progression scolaire se creusent au détriment des enfants des salariés modestes

La réforme de l’assurance maladie limite l’accès aux soins aux familles sans revenus ou à bas revenus

L’écart d’espérance de vie entre ouvriers et patrons continue de se creuser

La part des salaires dans la richesse créée (valeur ajoutée) a baissé significativement, et, symétriquement, celle des profits a augmenté d’autant

Les lois de finances se succèdent et ressemblent de plus en plus à des listings de privilèges et cadeaux fiscaux fait aux patrons

 

Plus le chômage augmente, plus les statistiques gouvernementales deviennent aveugles !

 

Le taux de chômage peut baisser si le nombre de chômeurs exclus des statistiques officielles augmente. Car, il y a des indices qui ne trompent pas sur la hausse du chômage et des oubliés du chômage :

Le nombre de suppressions d’emplois ne diminue pas. Ces suppressions sont souvent annoncées par voie de presse pour devenir aussitôt effectives. Elles sont pudiquement appelées «plans sociaux» ou «plans de restructuration»

Le nombre d’inscrits au RMI est toujours en croissance : environ 1 million d’allocataires auxquels s’ajoutent leurs ayants droits (enfants, conjoints, …)

La précarité structurelle de l’emploi : plus de la moitié des offres sont des emplois occasionnels et le recours à l’intérim est devenu massif. De nombreuses et grosses entreprises fonctionnent avec plus de 20% des effectifs en intérim : cas de l’usine LU d’Evry (groupe DANONE) et du centre de tri de La Poste à Corbeil dans l’Essonne (le plus grand et le plus moderne d’Europe)

La durée moyenne du chômage se rallonge (plus 16 mois en moyenne) et la part du chômage de longue durée dans le chômage total ne baisse pas : toujours aux alentours de 1/3.

Sous la contrainte des luttes syndicales, l’État capitaliste (et la Commission de Bruxelles, via le Fonds social européen) fait semblant d’agir contre le chômage ; d’où la mise en place des politiques de gestion du chômage appelées perfidement «politiques publiques d’emploi». Celles-ci ne font qu’agir sur le volume du chômage (nombre de CES et autres emplois précaires) ou sur la structure du chômage (mesures ciblées pour les jeunes, les femmes, les handicapés, …) ou encore sur le «coût du travail» (abaissement des charges patronales).

Par contre l’État capitaliste agit concrètement et efficacement pour réduire les droits des chômeurs et l’accès même des concernés à ces droits. Ainsi, les services de l’État en coordinations avec le syndicat patronal (le MEDEF) définissent le «bon chômage», celui pour lequel est prévu une indemnisation, par ailleurs de plus en plus rognée et insuffisante, et le «mauvais chômage» qui serait laissé à la seule responsabilité individuelle. Ainsi l’État capitaliste fait bien ses comptes : un peu pour pas grand monde et quasiment rien pour presque tout le monde ! Cette distinction opérée entre l’armée de réserve de la catégorie 1 des chômeurs, laquelle sert de calcul du taux de chômage officiel, et l’armée de réserve supplémentaire des autres catégories permet aux capitalistes d’accentuer la pression, d’une part, sur les salaires et conditions de travail des salariés, et, d’autre part, sur les chômeurs eux-mêmes : il y a 1 personne à la recherche d’un emploi quand 6 personnes en ont un relativement stable, et il y a autant de chômeurs non reconnus comme «officiels» qu’il n’y en a de déjà reconnus.

Il existe bien plusieurs définitions et méthodes de calcul du taux de chômage (BIT, INSEE, ANPE). Des spécialistes estiment qu’entre la plus ouverte et la plus fermée de ces méthodes, il existe un différentiel d’environ 700 000 à 800 000 chômeurs. En outre, la plupart de ces méthodes ne saisissent pas chômeurs «illégitimes» qui échappent aux définitions officielles : chômeurs découragés, indisponibles, à activité réduite, préretraités, demandeurs d’emploi en formation professionnelle, ….

La question de la lutte contre le chômage est décidément une question de lutte des classes parce qu’elle implique des choix de classe.

 

Note : Catégorie 1 = personnes sans emploi immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à temps plein. Selon la nomenclature de l’ANPE, il existe 8 catégories de chômeurs ; mais seule la catégorie 1 est prise en compte dans le taux de chômage gouvernemental.

 

Garder la mémoire

 

LE CONGRÈS FONDATEUR DE LA CGT : LIMOGES

Le préambule des statuts votés au 45ème Congrès CGT de décembre 1995 par 66% des congressistes proclame : «la CGT est fidèle à ses origines et à la charte d’Amiens». A quelles origines fait-on référence ? S’il s’agit du Congrès fondateur de 1895 à Limoges, voire même du Congrès de Montpellier de 1902, alors le préambule des statuts de 1995 n’est qu’une caricature de fidélité.

Les débats du Congrès de Limoges, il y a plus d’un siècle, sont porteurs d’un syndicalisme révolutionnaire de lutte de classe où sont posés sans ambiguïté «la suppression de la propriété privée, l’anéantissement de la Bourgeoisie préparant l’instauration d’une société communiste dans laquelle chacun donnant selon ses forces, recevra selon ses besoins». (Cf. Extrait des minutes du Congrès de Limoges - salle Antignac, café de Paris, 24 septembre 1895 - débats sur les retraites).

Comme on le voit, le mouvement ouvrier révolutionnaire français n’a pas attendu la révolution bolchevique pour poser les principes de l’émancipation de la classe ouvrière, la disparition du salariat et du patronat comme société à construire !

 

LA CHARTE D’AMIENS : 1906

Citation d’extraits : «La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat. Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte des classes qui oppose sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière ».

Ainsi, ce texte est bien porteur des aspects économiques, politiques et idéologiques de la lutte des classes, contrairement à ce que d’aucuns voudraient ne voir dans cette charte que les critères économiques pour les besoins de leur cause réformiste, tant droitière que d’extrême-gauche.

 

LA CGTU : 1921

De 1919 à 1920, au sortir de la 1ère guerre mondiale, les grèves s’étendent dans de nombreux secteurs. Avril 1920 voit la grande grève des cheminots pour la nationalisation des chemins de fer. Quasiment toutes les corporations se mettent en action. Mais la Direction Confédérale de la CGT prend position contre «l’abandon prématuré» du travail et blâme les métallurgistes de la Seine qui arrêtent le travail le 6 mai 1920. L’offensive ouvrière est fragmentée et la Bourgeoisie peut enrayer les «vagues d’assaut», les unes après les autres.

Des milliers de travailleurs sont révoqués, notamment des cheminots ; tous portés sur des listes rouges ils auront du mal à retrouver du travail.

C’est une période intense de chasse aux sorcières contre le «bolchevik» : l’homme au couteau entre les dents.

1920 - 1921, la CGT compte deux millions d’adhérents. Les militants attachés à l’idéologie révolutionnaire de lutte des classes et les nouveaux, révélés au cours des luttes, engagent un combat difficile contre les vieilles directions syndicales CGT qui ont capitulé en 1914, collaboré avec la Bourgeoisie pendant la guerre (14-18) et tout fait pour tempérer les luttes grévistes depuis. Cette minorité de militants, lutte de classe, gagne nombre de directions syndicales, mais la bataille est plus difficile pour accéder aux directions d’Unions Départementales et de Fédérations, verrouillées.

Au Congrès de Lille (juillet 1921), la minorité n’en obtient pas moins 1 348 mandats contre 1 556 à la majorité réformiste. La minorité est en passe de devenir majoritaire. Pour coordonner leur action les minoritaires créent des comités syndicaux révolutionnaires (CSR) auxquels adhèrent des milliers de militants et des syndicats entiers. Les dirigeants confédéraux se sentant menacés, décident de procéder aux exclusions de ces militants et syndicats. Pour tenter d’éviter la scission les minoritaires (CSR) proposent de ne plus enregistrer que des adhésions individuelles. Refus du Bureau Confédéral et des Fédérations qui le soutiennent. Les délégués de 1 500 syndicats se réunissent alors à la Grange aux Belles (Paris) pour une ultime démarche auprès de la CGT. Non seulement le Bureau Confédéral refuse, mais il avertit que les syndicats qui se solidariseraient avec les exclus, se mettraient eux-mêmes en dehors de la Confédération.

C’est la scission. Les syndicats exclus de la CGT se réunissent pour former la CGTU (CGT Unitaire) qui adhère à l’Internationale syndicale rouge. La CGTU, dès sa création est majoritaire dans des secteurs décisifs comme les chemins de fer, la métallurgie, le bâtiment...

 

LA MONTÉE DU FASCISME : 1934

De la scission de 1921 au début des années trente, la CGTU mène un dur combat sur tous les fronts : contre l’attitude collaborationniste de la CGT confédérée, contre la guerre, contre la montée du fascisme.

En 1923, POINCARÉ décide d’occuper la Ruhr. De jeunes appelés français refusent d’aller se battre contre des jeunes allemands. Ils sont arrêtés, emprisonnés. Les grèves les plus importantes (textile, métaux, banques, bâtiment...) sont le plus souvent dirigées par la CGTU, mais désavouées voire dévoyées par la CGT confédérée.

En 1933, HITLER prend le pouvoir en Allemagne, alors que MUSSOLINI est le maître de l’Italie depuis 10 ans.

Le 6 février 1934 les ligues factieuses appellent à envahir le Palais Bourbon à Paris : des milliers de travailleurs descendent aux Champs-Elysées et à la Concorde pour affronter les fascistes.

Le 9 février 1934, le PCF, la CGTU et la Fédération Autonome des fonctionnaires appellent à une manifestation Place de la République. La police charge et tire, il y a 6 morts. La CGTU propose l’action commune à la CGT confédérée qui ne répond pas, mais appelle à une grève générale le 12 février. La CGTU appuie. La grève est quasi-totale. Deux manifestations de dizaines de milliers de personnes convergent vers la Nation et s’y rejoignent. A la même tribune apparaissent : Benoît FRACHON (CGTU) Léon JOUHAUX (CGT confédérée), Maurice THOREZ (Communiste) Léon BLUM (Socialiste) E. DALADIER (Radical-socialiste).

L’UNITÉ EN MARCHE : 1935 - 1936

Au cours de 1935, l’unification des deux courants s’intensifie, les adhésions se multiplient, préparant le Congrès Confédéral d’unité. Ce Congrès confédéral se tient du 2 au 5 mars 1936 salle des sports à Toulouse. Il rassemble 1 709 délégués. Il n’élimine cependant pas les différences entre les deux courants, bien que les confédérés fassent un pas vers la conception du syndicalisme de classe. La CGT compte alors plus de 2 millions d’adhérents contre 800 000 pour les deux organisations réunies dans les années vingt, après la scission. Huit secrétaires confédéraux sont élus dont Benoît FRACHON pour la CGTU et Léon JOUHAUX pour la CGT confédérée.

LE FRONT POPULAIRE : 1936

Les luttes se développent avec un avantage au rapport de force des travailleurs. Après un 1er mai grandiose, les élections législatives, trois jours plus tard donnent la majorité absolue à la gauche, dont 71 députés communistes. Le 5 juin le gouvernement Léon BLUM est constitué, mais sans participation communiste.

Le gouvernement socialiste et le patronat tentent un compromis sur les augmentations de salaires que rejette Benoît FRACHON, en soulignant que la reprise du travail ne pourra être décidée que par les travailleurs eux-mêmes. La grève continue et se généralise avec occupation des entreprises.

C’est sous la pression de ce mouvement exceptionnel que sont signés les fameux accords de Matignon, consacrant des augmentations de salaires de 20 à 50%, la reconnaissance des libertés syndicales, la loi sur la semaine de 40 heures, les congés payés, et les conventions collectives.

La vague de syndicalisation porte les effectifs de la CGT à près de 5 millions d’adhérents.

DÉMISSION ET TRAHISON : 1937 - 1938

La social-démocratie et le réformisme syndical des dirigeants de l’ex-CGT confédérée, ne vont pas tarder à revenir à leurs amours de toujours : la collaboration de classes.

Dès le 1er mai 1937, si Henri RAYNAUD (ex CGTU) secrétaire général de l’UD-CGT de Paris prononce un discours exigeant avec force l’application pleine et entière du programme du Front Populaire, il n’en est pas de même de Léon JOUHAUX (ex- confédéré) qui préconise un «temps de pause» sociale. Alors qu’en Espagne, les républicains sont attaqués par les fascistes de FRANCO, appuyés par HITLER et MUSSOLINI, les signes de défaillance du gouvernement socialiste et les premières fissures de l’unité syndicale apparaissent. Léon BLUM décide d’observer une «pause» des réformes sociales et le 22 juin 1937, il remet la démission de son gouvernement au Président de la République. Les gouvernements qui lui succèdent plongent dans la collaboration jusqu’à celui de DALADIER (1938) qui obtient les pleins pouvoirs pour imposer une politique d’austérité. HITLER annexe l’Autriche et s’apprête à envahir la Tchécoslovaquie que lui livrent la France et l’Angleterre avec les accords de Munich (sept 1938). La Bourgeoisie française peut relever la tête pour exprimer son choix : «plutôt HITLER que le Front Populaire». Novembre 1938, c’est le Congrès Confédéral CGT qui se tient à Nantes. Autour de René BELIN un groupe scissionniste (réformiste) se réclamant de l’esprit de Munich (signé par DALADIER radical socialiste) pousse à l’anticommunisme et prône la résignation ouvrière. Benoît FRACHON, Pierre SEMARD, Charles NEDELEC (ex CGTU) réclament l’exclusion de BELIN du Bureau Confédéral. Léon JOUHAUX (ex-confédéré) et ses amis réformistes refusent : BELIN deviendra ministre de PÉTAIN, au service de l’occupant nazi. Ce Congrès portait en lui les manoeuvres de divisions des futurs collaborateurs pétainistes. La grève générale de novembre 1939 fut un échec. Cinq mille militants syndicaux furent condamnés à des peines allant jusqu’à dix-huit mois de prison. Une campagne de haine anti-communiste se développe. C’est la chasse aux sorcières dans la CGT. La majorité du Bureau confédéral décide l’exclusion des communistes. Cette décision reçoit l’appui du gouvernement qui prononce la dissolution de 620 syndicats réputés être dirigés par des communistes. Les syndicats «épargnés» se vident de leurs adhérents. Le Parti communiste est interdit. Les dirigeants CGT (réformistes) restés dans la légalité vichyste font du 1er mai 1940, une journée «de résignation au travail», tout en continuant à calomnier les militants communistes persécutés par les nazis. Pour autant, les dirigeants syndicalistes réformistes ne recueillent pas les «fruits» de leur allégeance à l’occupant : la CGT et la CFTC sont dissoutes en Août 1940 et Léon JOUHAUX est placé en résidence surveillée.

Un an plus tard, PÉTAIN instaure la charte du travail qui répudie la lutte des classes, le socialisme et interdit la grève.

 

Solidarité avec les peuples en lutte contre l’impérialisme !

 

Cette fin d’année 2005, de nombreux travailleurs de par le monde entier subissent encore le joug impérialiste.

Avec la guerre d’agression, d’invasion et de conquête coloniale de l’Irak menée par les dirigeants impérialistes états-uniens et britanniques, c’est un crime d’une ampleur historique qui vient d’être commis contre le peuple irakien.

Des moyens militaires inégalés ont été utilisés contre des enfants, des femmes et des hommes, pour la plupart civils sans défense ni protection. Au mépris des conventions internationales, ces criminels ont bombardé depuis de hautes altitudes villes, villages, hôpitaux, et tué aveuglément des familles entières, y compris des habitants et des étrangers en mission humanitaire ou professionnelle.

Comme en Afghanistan, certains de ces moyens militaires sont encore à l’état d’expérimentation, aux conséquences humaines et écologiques non encore connues, si ce n’est que ces dirigeants savaient, par avance, qu’ils provoqueront un nombre élevé de victimes parmi la population civile.

C’est du terrorisme d’État. Ce sont des crimes d’État qui rappellent l’intervention fasciste de 1936 en Espagne, prélude à la 2ème guerre mondiale avec l’invasion de la Pologne, durant laquelle les nazis avaient testé leurs armes d’extermination massive à Guernica !

Ces dirigeants ont foulé à leurs pieds l’aspiration majoritaire des peuples du monde, y compris de leurs concitoyens, contre la guerre et pour la résolution pacifique des différents internationaux. Ils ont agi en violation flagrante des acquis juridiques internationaux consécutifs à la victoire contre le nazisme, dont l’institution des Nations-Unies, l’ONU, qui, d’organisme de sauvegarde de la paix, est devenue pour ces dirigeants une structure qui autorise les guerres et «reconstruit» !

Ainsi, et en partie en raison de la défaite du camp socialiste, ont pu être menées plusieurs guerres contre les peuples irakien, yougoslave, afghan et irakien encore, et encore … ?

La guerre et encore la guerre : Voilà la solution que proposent ces gouvernements représentant les intérêts des multinationales de l’armement, de l’industrie pétrolière, des médias de masse menteurs (qui ont agi comme des hooligans supportant fanatiquement leur équipe) pour résoudre la crise profonde que traverse le capitalisme.

Il leur faut coloniser, conquérir des territoires et des marchés pour leurs intérêts étroits d’affairistes et de marchands de canons ! Il leur faut bombarder les populations irakiennes pour sécuriser le pétrole irakien, c’est-à-dire le mettre entre les mains sûres de … Exxon, Shell, BP, …

 

Nombre de régimes réactionnaires, notamment ceux d’Israël ceux de la plupart des pays arabes ont soutenu, activement ou discrètement, cette action illégale et illégitime. Le régime fasciste en place en Israël a collaboré activement dans la «bataille des villes» et en a profité pour accentuer les meurtres de résistants palestiniens.

Les dirigeants français, allemands, belges et russes ont certes un peu protesté, mais leur «résistance» a été toute temporaire et s’est limitée à des protestations verbales de nature exclusivement juridique, puisque l’appui militaire, lui, a été concret (acheminement de matériel, ouverture des espaces aériens, …).

Ils ont été impuissants à arrêter les criminels parce que eux-mêmes, représentants de la bourgeoisie dans la lutte de classe entre le capital et le travail, ont aussi leurs propres visées néo-colonialistes sur les richesses de l’Irak. Aujourd’hui, leurs oppositions aux dirigeants impérialistes états-uniens et britanniques sur les moyens d’agir en Irak se sont effacées devant la raison, non pas de la paix, mais de l’exploitation coloniale du peuple et des richesses irakiennes (le Président français CHIRAC a été parmi les premiers dirigeants à adresser des félicitations au Président et fasciste américain BUSH).

La co-responsabilité dans ce crime des dirigeants capitalistes européens est sans équivoque !

Les syndicats non plus n’ont pas pu empêcher cette guerre, en raison précisément de leurs orientations réformistes prônant le consensus avec le patronat et de leur éloignement de la culture de solidarité internationaliste et anti-impérialiste.

Devant cette grande puissance matérielle de l’impérialisme, les travailleurs ont une force encore plus puissante : celle de leur union dans l’action contre la guerre et l’injustice, celle du droit, celle de la solidarité et de l’amitié entre les peuples ! Cette force est celle de l’avenir !

 

Solidarité avec le peuple et les travailleurs boliviens

 

Le nouveau président bolivien, Evo MORALES, élu le 10 décembre 2005, a déclaré : «le peuple bolivien veut du changement parce qu'il en a plus qu'assez de la corruption, du néo-libéralisme et de la mafia politique». A son programme, figurent la renationalisation et l'industrialisation de la prospection du pétrole et du gaz pour que les recettes profitent à la population bolivienne. Il critique sévèrement les ingérences américaines dans son pays et dénonce «l'éthique des riches», qui repose sur le profit et l'exploitation du peuple.

Solidarité avec les luttes des peuples palestinien et irakien

Solidarité avec la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela, la Bolivie

Contre l’Europe néo-libérale

«… Face à cette situation, le syndicalisme de combat de classe a le devoir d’éclairer historiquement les travailleurs et situer les responsabilités - politiques et syndicales - sur les faits concrets dont la classe ouvrière est victime aujourd’hui … Depuis des années les syndicalistes révolutionnaires ont dénoncé les fondements même de l’Europe néo-libérale, … dénoncé et combattu les traités de Maastricht-Amsterdam, le Pacte de stabilité… Dans le même temps, nous avons vu les syndicalistes de la CES accompagner la politique néo-libérale européenne tout en engageant une pseudo-agitation autour d’un projet social européen, … à travers des manifestations parfaitement maîtrisées. Aujourd’hui, la réalité de la situation éclate à la figure de l’aristocratie syndicale réformiste au service de la Bourgeoisie Capitaliste».

Extrait de l’ intervention du Président des « Amis de CL.CGT » (Roger NADAUD) au meeting international de la FSM, à Théssalonnique (Grèce) (20 juin 2003).

Qu’est-ce que Continuer la CGT ?

Association constituée le 24 juin 1995 à Paris, par une assemblée de syndicalistes CGT (des militants FSU y avaient été invités). Ces militants ont réagi à la décision de la direction confédérale qui a fait voter au 45ème Congrès l’abandon du principe du syndicalisme de lutte de classe (statutaire depuis le Congrès fondateur de Limoges de 1895), le retrait d’affiliation à la FSM et le projet d’adhésion à la CES collaborationniste.

CL.CGT se veut un cadre d’impulsion, d’animation et de soutien à l’activité de militants sur les bases du syndicalisme de classe et de masse.

Hommage à Roger NADAUD

Premières armes de syndicaliste en 1957, au CHS de Breuty dans la Charente, une activité quasi clandestine au départ, avec quelques camarades, pour recréer le syndicat CGT qui avait disparu quelques années plus tôt. Il réorganise les syndicats des services publics et de la santé du département de la Charente dont il devient le secrétaire départemental.

En 1962, il est élu administrateur de la Sécurité Sociale. En 1963, il prendra d’autres responsabilités syndicales et deviendra membre de la CE de la Fédération des services publics et de la santé tout en travaillant comme infirmier de nuit pour pouvoir consacrer du temps à l’activité syndicale.

En 1967, il rejoint Paris et accède au secrétariat de la fédération des services publics et de santé. 25 ans à ce niveau de responsabilité syndicale, avec en charge plusieurs grands dossiers, dont le secteur juridique.

En septembre 1993, retraite et travail bénévole (collaborateur) au secteur santé et protection sociale de la confédération.

Roger engage le combat à l’intérieur de la CGT contre la dérive réformiste de la direction confédérale. Début 1995, il participe activement à rassembler des militants restés fidèles aux principes fondateurs de la CGT, dans un collectif d’opposition à la dérive réformiste du plus haut niveau de la CGT, appelé Continuer La CGT dont il deviendra l’animateur et le responsable de ce collectif.

Le 25 mars et 27 juin 1996, Louis VIANNET, Secrétaire Général de la CGT, a rencontré Roger pour lui demander de cesser ses activités au sein de la CGT, qualifiées de fractionnelles. En décembre 1997, Roger a été prié de quitter son poste de collaborateur confédéral, pour incompatibilité politique. Il se consacre alors à l’animation de CL.CGT, à la reconstruction des relations avec les dirigeants de la FSM.

L’engagement syndical de Roger était prolongé par une activité politique au PCF puis à la Coordination Communiste devenue URCF.

 

Honorer la mémoire de Roger NADAUD, c’est continuer le combat de classe contre les régressions sociales politiques et culturelles, c’est développer notre attachement à notre identité de classe et de masse, condition nécessaire pour l’indépendance syndicale.

 

Le Rassembleur n°0 Mars 2006

 

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Dernière modification : 23 avril 2006