« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Forum « Pour un Syndicalisme de Classe et de Masse »

Paris, 26 mai 2007

 

Forum 26 mai 2007                                      Photo C EVEN

 

 Résolution du Forum du 26 mai 2007 (mis en ligne le 15/06/07)

 

Introduction aux débats

 

 

La question du syndicalisme de lutte de classe et de masse est d’actualité. Il y a à cela plusieurs raisons ; on peut en donner au moins deux :

 

1.      une raison objective : l’aiguisement de l’affrontement de classe entre les forces du capital, son Etat et son gouvernement, et les forces du travail

 

2.      une raison subjective : le travail conscient des militants syndicalistes et révolutionnaires précisément pour contrer les abdications répétées des directions syndicales dans la défense de classe des travailleurs.

 

En France, le Président Sarkozy et son gouvernement Fillon, en coordination avec le MEDEF, annoncent déjà leur plan de combat contre la classe ouvrière et les masses populaires :

 

o       attaque contre le droit constitutionnel de grève via un service minimum généralisé à tous les secteurs (y compris l’Education nationale)

 

o       mise en place du contrat unique de travail : façon de tirer le CDI sur les contrats précaires

 

o       réécriture du Code du Travail dans le sens des exigences du patronat : regroupement des dispositions relatives au CDI avec celles des contrats CDD (sans doute en prévision de l’entrée en vigueur du nouveau contrat unique de travail), durée légale du travail sortie du chapitre des conditions de travail et transférée vers le chapitre des salaires (considérés comme un coût par le patronat), affaiblissement des inspections du travail, ….

o       aggravation de l’exploitation capitaliste et du chômage (« promotion du travail dans le discours officiel) avec la flexisécurité (ou Sécurité Sociale Professionnelle), détaxation des heures supplémentaires, attaques contre les régimes spéciaux de retraites

 

o       aggravation de la répression et du racisme (« rétablissement de l’autorité » dans le discours officiel) contre les travailleurs immigrés (avec et sans-papiers) et leurs enfants, contre les jeunes des quartiers populaires

 

Les forces du capital ont redoublé d’agressivité et coordonnent leurs plans à l’échelle européenne et internationale. Les déclarations des sommets européens et actions des gouvernements européens indiquent clairement que l’objectif des monopoles est de détruire les conquêtes sociales obtenues (1936, à la Libération, en 1968) : durée légale du temps de travail, sécurité sociale, retraites, ….

 

Cette violence est une violence de classe : de la classe des patrons, de son Etat et ses institutions !

Cette politique de casse des droits sociaux acquis, qui précarise et appauvrit les masses, massifie le chômage et restreint les droits des privés d’emploi, ghettoïse et agressent les jeunes des quartiers populaires, cette politique nécessite une mobilisation massive et unie pour être combattue avant toute concertation ou  négociation ! 

A la base, sur les lieux de travail, les travailleurs luttent et se défendent : fait nouveau, de nombreuses luttes ont été menées durant la campagne présidentielle ; de nombreuses luttes, d’ampleur significative, se sont déroulées ces derniers mois ou se déroulent encore :

o       dans la métallurgie, plus de 280 arrêts de travail recensés sur le site de CGT

o       dans le Vaucluse, en avril, 1000 manifestants sur la N7 pour défendre l’emploi industriel

o       des centaines d’autres luttes ont cours et touchent la plupart des secteurs économiques

 

Il reste que nous observons bien que les conditions objectives (économiques et sociales) appellent à une riposte de masse et de classe alors que le facteur subjectif de mouvement et d’organisation des travailleurs sur une base syndicale de classe et de masse est bien en retard :

 

o       Sur les dernières années, les combats ouvriers ont été plutôt défensifs et rarement offensifs (même si les récentes grèves des ouvriers de PSA Aulnay et de Renault Le Mans qui réclamaient des augmentations de salaires ont été bien offensives)

 

o       Les grèves ont été relativement moins nombreuses et de portée plus économique que politique

 

o       Les forces syndicales sont éparpillées et émiettées

 

o       Les liens et concertations entre directions syndicales et représentants de la social-démocratie et des classes dominantes se multiplient.

 

Si des luttes intenses sont livrées par les travailleurs (comme à Lu, Danone, Valeo, PSA Aulnay, Renault, SNCM), les victoires sont rarement au rendez-vous. Il y a des leçons à tirer de ces échecs :

 

o       D’abord la quasi-absence de solidarité organisée avec les travailleurs en lutte (grèves, manifestations régionales et nationales, aide financière) dans un contexte de reflux général du mouvement ouvrier

 

o       Ensuite la capitulation des directions nationales des syndicats qui s’empressent de négocier la fin des conflits,  le montant des indemnités de licenciement, les reconversions

 

o       Et l’absence de la mise en avant des intérêts généraux et convergents des travailleurs par les directions réformistes lesquelles se sont limitées à défendre les intérêts catégoriels 

 

La CGT, organisation la plus large de la classe ouvrière, est un acquis du mouvement ouvrier. Cet acquis est en voie de liquidation. La CGT ne cesse de se CFDTiser. L’action et la réflexion de la direction nationale de la CGT ne visent ni à organiser ni à développer l’action de masse dans une stratégie de classe : elle invite à ne plus faire de politique et à se limiter aux seules questions économiques, à se limiter aux négociations (pensées comme seule forme de lutte, en fait sans luttes pour ne pas éveiller davantage les consciences !), à s’impliquer dans des réformes initiées par le syndicat patronal et le gouvernement contraires aux aspirations des travailleurs, à adoucir les conflits sociaux et ne pas construire de mouvement interprofessionnel.

Au lieu de développer les luttes contre la régression sociale, la direction confédérale s’est lancée dans des restructurations bureaucratiques et l’élaboration administrative d’un listing de « repères revendicatifs ». (La revendication des 37,5 annuités de cotisations pour une retraite à taux plein a disparu ! On ne parle plus de plateforme revendicative !).

Le dernier congrès (48ième Avril 2006 à Lille, marqué par  des violations de la démocratie syndicale sur les élections, les prise de paroles, ...) a renforcé des orientations qui feront de la CGT une organisation type association ONG, avec des missions sociétales, vidées de tout contenu de classe.

A quoi, il faut ajouter l’adhésion de la CGT à la CES et la CSI, auxiliaires du capitalisme et de l’impérialisme.

Ce qui vaut pour l’orientation de la CGT vaut aussi pour celle des principales autres organisations syndicales qui veulent toutes prendre la CFDT comme alliée, quand ce n’est pas pour modèle !

Comme la direction de la FSU qui a tenté, à son dernier congrès (février 2007), d’imposer l’adhésion à la CES et à la CSI. Sans succès grâce à la réaction d’une partie des congressistes. C’est pourquoi elle revient à la charge en organisant une consultation individuelle des adhérents sans véritable confrontation démocratique. La volonté de la direction de la FSU d’avancer vers la confédéralisation (ouverture aux trois fonctions publiques et vers le privé) va aggraver l’émiettement syndical et affaiblir la capacité de lutte des travailleurs.     

Cette stratégie du syndicalisme « rassemblé, de négociation et consensuel » aboutit à préserver l’ordre établi, c’est-à-dire l’ordre de la classe capitaliste.

Il ne fait aucun doute que, sans cette politique active de collaboration de classe et de division syndicale, les politiques agressives des patrons et de leur Etat et gouvernement auraient beaucoup plus de mal à passer. L’expérience passée et récente confirme que la classe des patrons, l’Etat et le gouvernement ne reculent que devant une mobilisation massive et unie : c’est ce qu’ont montré les exemples de la lutte unitaire des jeunes contre le CPE, des grèves de l’hiver 1995 qui ont fait céder un certain temps le gouvernement. 

 

L’opposition à cette stratégie est réelle et n’a pas cessé de se développer, en dehors comme au sein des syndicats, notamment au sein de la CGT :

 

o       Dans les dernières luttes (2003 contre le projet Fillon sur les retraites, en 2006 contre le CPE) les manifestants réclamaient la grève générale

 

o       C’est aussi la base des militants qui a mis en minorité la direction nationale lors du referendum sur le TCE. Irréversiblement, la politique néo-libérale, tout en intégrant les centrales syndicales à la gestion des décisions patronales, provoquera des résistances.

 

Il ne faut donc pas sous-estimer les forces attachées au syndicalisme de lutte de classe et de masse : les luttes en cours, les comités et coordination des luttes, … en sont les prémisses de la recomposition à la base. Ce forum lui-même est une expression vivante de l’opposition des travailleurs à ce syndicalisme de retraite et d’abandon de la lutte contre le capitalisme !

Des collectifs oppositionnels ont été fondés. Certains syndicalistes, contraints par les directions réformistes, ont dû quitter la centrale et militent dans ces collectifs (à l’instar des syndicalistes de Dalkia). D’autres collectifs et structures syndicales agissent de l’intérieur, plus ou moins ouvertement.  

A l’étape présente du mouvement social et syndical, ces collectifs ne peuvent être  concurrentiels et encore moins adversaires : au contraire ils ont besoin d’unir leurs efforts et leurs actions, de modérer leurs divergences (et non pas les taire et encore moins les effacer) pour se mettre prioritairement au service de la lutte anti-capitaliste.               

En particulier, ce forum sera un succès s’il nous permet de mieux voir comment :

 

o       Travailler au déploiement et à l’unité des combats ouvriers, et plus largement des salariés, pour la défense efficace de leurs intérêts matériels et moraux en renouant avec les formes de luttes éprouvées : piquets de grève, occupations d’usines, actions de blocage des routes et gares, entrées dans les studios de radios et de télés, sit-in devant les CA et sièges, distribution massive de tracts, ….

 

o       Renforcer le courant syndical de lutte de classe, notamment à l’intérieur des syndicats en luttant contre le défaitisme et le détournement des luttes syndicales, en favorisant le regroupement des exclus des syndicats 

 

o       Poursuivre le travail de clarification et d’aiguisement, dans la lutte, sur la base d’une démarcation théorique et pratique, de l’antagonisme entre la bureaucratie syndicale réformiste et les partisans de la lutte de classe pour isoler ceux qui veulent faire des syndicats des auxiliaires de l’Etat bourgeois

 

Quel rythme, quelles étapes pour cette renaissance du syndicalisme ?

Si on ne peut le prévoir dans le détail, on peut néanmoins en lister quelques impératifs :

 

o       Comment lutter contre l’autoritarisme et la bureaucratie des directions collaborationnistes  qui freinent le déploiement des luttes leur fédération inter-professionnelle (par industries et par branches) s’appuyant sur un programme revendicatif national et unificateur, prenant en compte l’ensemble des revendications des travailleurs : salaires, conditions de travail, retraites, défense de l’emploi, refus des licenciements, refus des privatisations, contre le racisme et les guerres impérialistes ?

 

o       Quelles formes et quelles méthodes de luttes pour une défense efficace des acquis et la conquête de nouveaux droits ?

 

o       Quels moyens et quelles formes pour une action unie autour d’un journal d’informations, de popularisation des luttes et de la colère populaire, d’analyse et d’éducation syndicale sur des bases de classe pour contrer le travail de déséducation des directions syndicales qui forment à l’esprit d’accompagnement et de capitulation ?

 

o       Comment développer la solidarité et l’unité dans l’action des collectifs de résistance, y compris les UL CGT et autres syndicats de base ?

 

Voilà quelques questions que nous avons décidé collectivement de vous soumettre.

 

Nous avons besoin de renforcer nos liens de lutte.

Nous avons besoin de l’avis et de l’expérience de chacune et de chacun !

 

Pleins succès à nos travaux !

 Résolution du Forum du 26 mai 2007 (mis en ligne le 15/06/07)

 

 
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Dernière modification : 15 décembre 2007