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Décès de Roger NADAUD

Texte de l’hommage rendu à Roger NADAUD

lundi 28 février lors des obsèques de notre Camarade

Par Jacky MORVAN au nom de CL CGT  

Paris le 28 février 2005

Roger mon Camarade, mon Ami,

 

 

Ta femme Chantal, et les copains de CL CGT, m’ont demandé de te rendre ce dernier hommage.

Je les remercie sincèrement de la confiance qu’ils me témoignent à travers cette demande.

 

Ta disparition est brutale, la faucheuse t’a pris en pleine activité.

Quelques heures avant, tu animais encore une réunion de notre association CL CGT.

Nous devions tous nous retrouver le lendemain pour un collectif de travail

mais c’est ici que nous te retrouvons pour la dernière fois.

 

Roger, je vais essayer d’évoquer ta mémoire comme je suppose tu aurais souhaité qu’elle le soit.

Toute ta vie et jusqu’au bout, tu as œuvré, milité, travaillé sans relâche, pour que la classe ouvrière s’émancipe et prenne son destin en main, afin de se débarrasser de l’exploitation capitaliste.

Toute ta vie tu es resté fidèle à tes convictions.

Tu as toujours organisé ta vie en fonction de ton activité militante à la CGT et depuis presque 10 ans à Continuer la CGT.

Ton engagement syndical était prolongé par une activité politique au PCF puis à la coordination Communiste qui est maintenant l’URCF.

Tu as fait tes premières armes de syndicaliste en 1957, au CHS de Breuty dans la Charente, par une activité quasi clandestine au départ, avec une poignée de copains, pour recréer le syndicat CGT qui avait disparu quelques années plus tôt.

Tu as su organiser les syndicats des services publics et de la santé du département de la Charente où tu es devenu le secrétaire départemental.

En 1962 tu as été élu administrateur de la sécurité sociale.

En 1963 tu prendras d’autres responsabilités syndicales et tu deviendras membre de la CE de la Fédération des services publics et de la santé.

Tu travaillais à cette époque comme infirmier de nuit pour pouvoir consacrer à l’activité syndicale toutes tes après midi et tes jours de congés.

En 1967 tu quitteras ta Charente pour rejoindre la capitale car tu accéderas au secrétariat de ta fédération des services publics et de santé.

Tu assumeras cette tâche de haut niveau pendant 25 ans.

Tu as eu en charge plusieurs grands dossiers dont le secteur juridique où tu as fait un travail remarquable.

Ta disponibilité, ton sérieux, ton objectivité, ta clairvoyance, ton esprit critique, ta hargne à connaître tes dossiers, ton sens de l’organisation, ta rigueur parfois agaçante mais combien indispensable sont indiscutablement des qualités inestimables qui t’ont permis de surmonter les difficultés et d’être le militant CGT toujours au top pour répondre aux besoins de tes camarades de ta fédération et des syndicats.

En septembre 93 tu as l’age de la retraite.

Tu décides de travailler bénévolement au secteur santé et protection sociale de la confédération en qualité de collaborateur.

Voilà, brossé très très rapidement ta vie militante en activité.

 

Trois mots sur les proches qui ont compté pour toi Roger.

D’abord Régine ta première femme avec qui tu as eu ta fille Isabelle et bien entendu Chantal ta deuxième épouse. Elles t’ont accompagné pendant ta vie de militant.

Je présente à toutes trois mes sincères condoléances.

 

La deuxième partie de ta vie, Roger, celle de la retraite, va être très mouvementée.

Tu engages un autre combat à l’intérieure de la CGT.

Tu ne partages pas la dérive réformiste de la direction confédérale.

Tu t’es posé la question, comme certainement d’autres militants de la CGT, même si au départ ils ne sont pas très nombreux, comment annihiler cette tendance réformiste préjudiciable au mouvement social et aux intérêts de la classe ouvrière.

Début 95, contrairement à beaucoup d’autres, tu as fait ton choix en participant activement à rassembler des militants restés fidèles aux principes fondateurs de la CGT, dans un collectif appelé Continuer la CGT : CL CGT.

Tu deviendras tout de suite l’animateur et le responsable de ce collectif d’opposition à la dérive réformiste du plus haut niveau de la CGT.

Dans ces années 95, il y a 10 ans, tu as ouvert les yeux d’un certain nombre d’entre nous, dont moi-même, sur les stratégies misent en place par la direction confédérale qui allaient conduire inexorablement la CGT dans la compromission avec le patronat et le gouvernement, autrement dit, je résume, conduire la CGT dans un syndicalisme d’accompagnement du capital comme les autres organisations syndicales.

Tes rapports pour préparer la réflexion collective aux trois derniers congrès de la CGT, sont d’une très très grandes richesses et oh combien justes.

Les récents évènements intervenus dans la CGT, avec le référendum sur la constitution Européenne, te donnent mille fois raison.

 

Le 25 mars et 27 juin 96, Louis VIANNET, Secrétaire Général de la CGT, a rencontré Roger pour lui demander de cesser ses activités, qualifiées de fractionnelles, au sein de la CGT.

En décembre 97, Roger a été prié de quitter son poste de collaborateur confédéral, pour incompatibilité politique.

Roger fit directement les frais de la chasse aux sorcières.

Les réformistes ne font pas de cadeaux.

 

A partir de cette date, Roger, tu consacreras l’intégralité de ton temps donc de ta vie, à CL CGT.

Tu as su construire un véritable réseau national pour la diffusion de nos publications.

J’ai fait allusion précédemment à ton sens de l’organisation : ceux qui te connaissent savent que ce n’est pas un compliment pour la forme.

Tu as su structurer notre courrant de pensée.

Ta capacité d’analyse de classe et ta connaissance de l’histoire du mouvement social, étaient d’une très grande richesse.

Ta disparition est une perte considérable pour le mouvement révolutionnaire à la fois en France mais aussi au plan international.

Tu participais activement à la reconstruction des relations avec les dirigeants de la FSM.

Je te signale à ce sujet, Roger, que nous avons reçu des messages des camarades Belges, Turcs, Italiens, Grecs, qui se joignent à nous pour saluer ta mémoire et présenter leurs condoléances à ta famille.

 

Avec les copains nous savons pertinemment qu’honorer ta mémoire Roger :

c’est continuer à lutter,

c’est développer notre attachement à notre identité de classe et de masse, condition nécessaire pour l’indépendance syndicale,

et c’est rappeler notre objectif final : l’appropriation collective des moyens de productions et d’échanges par l’instauration d’une société socialiste.

Honorer ta mémoire Roger, c’est déclarer que les travailleurs des différents secteurs aspirent à un « TOUS ENSEMBLES »

pour la dignité,

contre les régressions sociales politiques et culturelles,

contre le gouvernement CHIRAC RAFFARIN et le patronat, qui poursuivent sous de nouvelles formes, la destruction des acquis sociaux et la privatisation.

Honorer ta mémoire Roger, c’est mettre en œuvre ce que nous avons décidé ensemble :

poursuivre notre initiative de créer un front uni

et bien entendu mener la bataille du non au référendum sur la constitution européenne.

 

Tu n’as rien à craindre, camarade, tu peux partir tranquille.

Ton combat de classe, notre combat, continuera.

Cela ne va pas être facile de te remplacer, mais nous n’avons pas le choix.

Tu nous as habitué à faire face aux difficiles situations.

Nous ferons face.

Roger, je veux te citer. Dans ton intervention à l’occasion de ton départ à la retraite, tu as déclaré :

Je cite :

« Je suis toujours parti d’un principe issu des valeurs de ma propre organisation qui doit être celle de tous ceux qui sont là ce soir, - j’espère ? – à savoir, qu’il ne faut jamais douter des potentialités existantes en nous - que c’est lorsque l’adversaire de classe et ses alliés réussissent à pénétrer ce doute dans nos esprits et dans nos rangs, que ce doute peut devenir fatal pour les masses populaires, pour les intérêts légitimes des travailleurs. »

Aussi, sache Roger, que « nous ne douterons pas de nos potentialités ! »

Ton principe nous le ferons notre.

Nous continuerons ton combat et suivrons ton exemple.

 

Mon camarade, Mon ami : au nom de tous les camarades du collectif National de Continuer la CGT et de ses adhérents, je te salue fraternellement.

 

Adieu Roger

Paris le 28 février 2005

Cimetière du Père La Chaise le 28 février au soir

 

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Dernière modification : 06 mars 2005