« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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SOMMAIRE de « AG Constitutive du 24 Juin 1995 »

PANORAMA DE L’EVOLUTION DU SYNDICALISME 

LA RECOMPOSITION SYNDICALE

LES PIEGES DE LA « GAUCHE AU POUVOIR » EN 1981

L’ABANDON DES IDEES DE CLASSE ET D’UNE PRATIQUE SYNDICALE DE CLASSE DE LA CGT

LA F.S.U

LES 100 ANS DE LA CGT

RECENTRAGE REFORMISTES ET CONTRE-REVOLUTION

LA C.G.T EST TOUCHEE PAR LA RECOMPOSITION SYNDICALE DE L’EXTERIEUR, MAIS AUSSI DE L’INTERIEUR

LE 45EME CONGRES

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ASSEMBLEE GENERALE CONSTITUTIVE DU 24 JUIN 1995

Rapport introductif de Roger NADAUD

Si les syndicats sont indispensables à la défense des intérêts des travailleurs au quotidien entre Capital-Travail, ils sont tout aussi fondamentalement importants en tant que structures sociales organisées susceptibles de hâter l’abolition du système même, du salariat.

Nous voudrions faire ici une citation de Marx, qui avait été chargé d’une résolution sur les syndicats au Congrès de la 1ère Internationale de Genève en 1866... de quoi méditer aujourd’hui..130 ans plus tard ! « Jusqu’ici, les syndicats ont envisagé trop exclusivement les luttes locales et immédiates contre le Capital. Ils n’ont pas encore parfaitement compris leur force offensive contre le système d’esclavage du salariat, contre le mode de production actuel... ».

Il y a dans cet extrait de résolution, une critique sans détours, des syndicats qui s’écartent de la politique.

Certes depuis cette époque, le mouvement ouvrier s’est doté d’un syndicalisme qui a évolué pour approcher parfois, partiellement ses objectifs, mais sans jamais atteindre et asseoir définitivement les finalités constitutives de l’abolition du salariat, de l’abolition des classes sociales.

Dans les thèses de Karl Marx, dès le milieu du siècle dernier, on trouve des éléments particulièrement importants qui doivent inspirer notre réflexion aujourd’hui.

Outre l’affranchissement de la classe ouvrière, le soutien de tout mouvement social et politique dans ce but, Marx souligne l’importance qu’il y a pour les syndicats de veiller aux intérêts des ouvriers ayant des bas salaires (les salariés précaires de l’époque) en stigmatisant le corporatisme, l’étroitesse et l’égoïsme comme frein sinon obstacle à l’émancipation de la classe ouvrière.

Marx qui va jusqu’au bout de son raisonnement révolutionnaire aborde les rapports réciproques entre l’économie et la politique. Et il le fait aussi en réponse aux réformistes de l’époque (les bakouninistes notamment) qui prônent la dissociation de la lutte des classes, la séparation de l’économie et de la politique en les opposant l’une à l’autre.

Lors d’une conférence de l’Association Internationale des Travailleurs à Londres en septembre 1871, Marx déclare notamment :

que la coalition des forces ouvrières crée par les luttes économiques doit servir de levier aux masses contre le pouvoir politique des exploiteurs.

que la constitution des forces ouvrières en parti politique distinct est indispensable pour assurer le triomphe de la révolution sociale vers l’abolition des classes sociales.

La Conférence rappelle aux membres de l’Internationale que « l’état militant de la classe ouvrière, son mouvement économique et son action politique sont indissociablement liés ».

L’objectif de constitution en parti politique distinct permettant à la classe ouvrière d’agir contre le pouvoir des exploiteurs est ratifié au Congrès de l’Association Internationale des Travailleurs de la Haye en septembre 1872.

Enfin, à l’époque de l’internationalisme et de la conquête du pouvoir comme devoir de la classe ouvrière, Marx dit ceci :

« Il est un élément de succès que les ouvriers possèdent, c’est leur nombre. Mais le nombre ne pèse dans la balance que s’il est uni par l’Association et guidé par le savoir. L’expérience du passé a appris comment l’oubli de ces liens fraternels qui doivent exister entre les travailleurs des différents pays et les inciter à se soutenir les uns les autres dans leurs luttes pour l’affranchissement, sera puni par la défaite commune de leurs efforts divisés ! ».

Mais les théories de Marx, exprimées dans une période d’accroissement de la production industrielle avec le développement du capitalisme (fin du 19ème siècle) s’opposent non seulement à l’idéologie de la société capitaliste en évolution, mais aussi aux thèses réformistes de l’époque dont va se servir la grande bourgeoisie pour commencer à prêcher, puis impulser la collaboration de classe.

On verra, dans une série de lettres, Engels, décrire notamment, à propos du syndicalisme anglais, comment les chefs des Trades Unions britanniques ont pratiqué la collaboration avec le patronat, reçu des dividendes des conquêtes coloniales de leur pays, et comment ils sont devenus des ennemis acharnés du mouvement ouvrier révolutionnaire grandissant.

Pour aborder le vif du sujet du présent débat, il convenait de faire ce bref rappel théorique et historique, aux fins de nous affirmer politiquement et permettre ainsi une analyse conforme à notre position de classe.

Notre débat part d’un thème fondamental, à savoir « enjeux de société et syndicalisme de classe ». Nous venons de voir, à travers les quelques extraits des théories marxistes, que les deux termes constitutifs du thème sont étroitement liés.

Nous allons aborder ce thème sans exclure les syndicats se réclamant du syndicalisme de classe et de masse, mais pour des raisons à la fois d’enjeux et d’opportunité, le ciblage de la C.G.T. s’avère bien évidemment incontournable.

La CGT fête son 100ème anniversaire cette année 1995.

La CGT tient son 45ème Congrès du 4 au 8 décembre 1995.

On peut même y ajouter le 50ème anniversaire d’un certain nombre de conquêtes sociales étroitement liées au syndicalisme CGT, dont la plus prestigieuse est la sécurité sociale...

Pourquoi « enjeux et opportunité » ? Parce que la CGT est sans doute le dernier rempart contre la désagrégation du syndicalisme de classe en France, en Europe... parce qu’elle peut être le rempart contre l’achèvement de la recomposition réformiste institutionnelle d’autres organisations comme, par exemple et sans doute la plus concernée, la FSU.

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PANORAMA DE L’EVOLUTION DU SYNDICALISME 

Aborder les enjeux de société et le syndicalisme de classe implique la présentation d’un bref panorama sur l’évolution du syndicalisme sachant que dans un tel exposé on ne pourra qu’en retenir les périodes historiques et les faits les plus marquants.

D’emblée une réalité saute aux yeux : le syndicalisme en France s’est considérablement éparpillé, divisé, au total, affaibli. Certes ce n’est pas la première fois dans l’histoire du mouvement ouvrier, mais la période que nous vivons risque d’être tristement historique pour les travailleurs*

Notre analyse ne serait pas fondamentalement étayée si nous n’affirmions pas les relations de cause à effet provoquées sur le syndicalisme par l’évolution de la société. Sans une analyse politique au plan national, mais aussi international, en étroite liaison avec l’évolution alternée de la social-démocratie et du libéralisme vers la phase paroxystique des monopoles capitalistes, on ne peut comprendre l’affaiblissement voir l’implosion du syndicalisme en France.

L’implosion du syndicalisme porte la marque des mouvements de société, comme toute société dans le cours de l’histoire a marqué de son empreinte la typologie syndicale. Et au centre de ce débat se pose tout le problème du lien syndical avec le pouvoir en place en tant qu’émanation du type de société. Dès que le syndicalisme s’est constitué, il a été l’objet de tentatives récupératrices ou destructives de la part du pouvoir économique.

Tout au long de l’histoire du mouvement ouvrier, le pouvoir économique n’a cessé de rechercher et d’adapter conjoncturellement et structurellement les moyens de contenir, si possible prévenir, mais surtout dévoyer les idées de classe que peuvent véhiculer notamment les syndicats baignés par la culture révolutionnaire.

L’histoire témoigne que toutes les avancées démocratiques et sociales sont consécutives aux rassemblements unitaires, aux luttes de masse porteurs et porteuses d’idées émancipatrices et de progrès.

Au contraire toute période de récupération des droits démocratiques et sociaux, d’atteintes aux libertés par le pouvoir économique est la conséquence d’une défaillance grave du mouvement syndical que l’adversaire de classe a pu déstabiliser.

De tout temps, mais particulièrement dans la période contemporaine, compte tenu des enjeux économiques européens voire mondiaux, pouvoir politique et patronat ont eu un besoin évident d’utiliser la force sociale que constitue le syndicalisme. Ainsi, le syndicalisme lui-même devient un enjeu considérable pour lui faire jouer le rôle de vecteur des idées de réformes, de relais d’intégration idéologique parmi les masses.

Cependant, dans un pays comme la France aux références historiques prestigieuses - la Révolution française, la déclaration des Droits de l’homme, la Commune, une tradition révolutionnaire du mouvement ouvrier - la situation que nous vivons aujourd’hui voire depuis plusieurs années, ne manque pas de soulever des contradictions profondes à l’intérieur même des composantes du syndicalisme réformiste face au mécontentement populaire.

Si le syndicalisme est un enjeu, il constitue une cible permanente du pouvoir économique aux fins d’éliminer toute forme de contestation et d’opposition à l’idéologie dominante. Ainsi tous les moyens sont bons pour y parvenir.

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LA RECOMPOSITION SYNDICALE

Le recours à la recomposition idéologique et structurelle des syndicats par l’intervention du grand capital est un de ces moyens.

La recomposition syndicale passe presque toujours par une phase profonde d’implosion et de restructuration.

Dans la période contemporaine, si cette recomposition ne s’est pas réalisée aussi rapidement et dans les conditions que d’aucuns l’avaient espérée, le processus de recomposition des organisations syndicales n’en est pas moins en cours en accompagnement de la crise, au coeur des enjeux politiques, et en accompagnement de l’évolution structurelle de la société libérale européenne.

Avant d’aborder les effets concrets de la restructuration syndicale des années 1970-1980 à nos jours, nous voudrions faire quelques rappels historiques concernant l’interventionnisme du Grand Capital dans les phases les plus importantes de la recomposition syndicale.

Sans remonter plus loin dans le temps, rappelons la scission de la C.G.T. en 1947, scission financée à travers le Plan Marschall américain, scission comme chacun le sait qui a donné naissance à FO (FO soutenue financièrement par les syndicats AFL-CIO américains depuis, à raison de 850 mille dollars par an, encore dans les années 1980).

Rappelons la scission de la FSM en octobre 1949, là encore provoquée par l’interventionnisme du capital international, puis l’expulsion de cette organisation internationale de son siège parisien en janvier 1951.

Rappelons le financement par la Communauté Européenne de certaines organisations syndicales d’Italie, d’Espagne, de France, comme la CFDT, pour opérer son recentrage ultra-réformiste de la fin des années 1970. Rappelons que la CFDT de la fin des années soixante, quelques années, après sa création, avait signé un pacte unitaire sur des bases anticapitalistes avec la CGT (en 1966), et que cela était devenu un danger réel d’amplification du syndicalisme de classe contraire aux desseins capitalistes, voire de la social-démocratie, pour la construction de l’Europe marchande.

Dès 1978, la CFDT entame son recentrage idéologique pour s’intégrer à la mouvance réformiste. FO était restée égale à elle-même cependant qu’allait émerger une lutte d’influence entre les deux composantes pour accéder au leadership du réformisme dans ses liens avec le pouvoir, mais aussi à travers les organismes internationaux chargés de préparer l’Europe de l’an 2000.

Sans nous y attarder, ne croyons pas que ce qui s’est passé à l’Est n’est pas à inscrire au compte de l’interventionnisme du Capital international. Rappelons des faits précis liés au syndicalisme, comme enjeu politique et enjeu de société. Rappelons-nous Solidarnosc, né de la contre-révolution en Pologne, grâce à l’aide des dollars américains, soutenu par les forces réactionnaires et les organisations syndicales réformistes, notamment françaises - la CFDT s’est même, pendant des années, symboliquement identifiée à Solidarnosc.

Qu’on ne s’y trompe pas : cette période du début des années quatre-vingts, voire même avant, n’a pas été sans laisser de trace, y compris à la CGT.

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LES PIEGES DE LA « GAUCHE AU POUVOIR » EN 1981

Après les déconvenues consécutives au programme commun de la gauche des années soixante-dix, il est important d’évoquer ce qu’ont été les pièges de la gauche au pouvoir en 1981.

Le succès de F. Miterrand à la Présidence de la République et l’accession de la social-démocratie au gouvernement - et ce n’est pas la participation éphémère de quatre ministres communistes à ce gouvernement qui modifie fondamentalement l’analyse - ont marqué le déclin syndical de ces vingt dernières années en France, où l’abandon des idées de classe s’est avéré, où la pratique syndicale a été dévoyée.

Dit comme cela, on pourrait en réfuter l’appréciation, jugée sommaire.

Quelques éléments tirés de la situation peuvent nous aider à en comprendre l’évolution parce que les faits sont têtus et irréfutables.

F. Mitterrand, quelques années plus tôt, avait déclaré (sans doute pour rassurer le grand Capital dans l’hypothèse de son accession à la Présidence de la République) qu’il oeuvrerait à réduire l’influence du Parti Communiste à moins de 15% de son électorat. Par ailleurs, Gaston Deferre, homme fort du Parti Socialiste et du gouvernement de 1981, s’était assigné de rendre la C.G.T. consensuelle aux projets de réforme de son gouvernement.

Dans une large mesure, le plan Deferre allait réussir (ne parlons pas de l’oeuvre de F. Mitterrand à l’égard du P.C.F.) pour le plus grand malheur des travailleurs de notre pays. Nous étions face à une vaste offensive contre les idées de classe, contre toute avancée vers une société socialiste.

Les ministres communistes au gouvernement, après quelques velléités apparemment progressistes au début, allaient sombrer lamentablement dans une solidarité de corps gouvernemental avant d’être « remerciés » par le gouvernement Fabius.

Durant toute cette période, nous avons assisté au plan syndical à deux phénomènes convergents bien qu’apparemment contradictoires.

D’une part, les organisations syndicales réformistes, mais plus particulièrement la CFDT et dans une moindre mesure la FEN, se sont littéralement intégrées à l’appareil d’Etat social-démocrate. Quant à FO, elle est restée fidèle à ses pratiques traditionnelles de collaboration, tout en continuant à occuper ses positions et places fortes dans les administrations, les organismes sociaux (Sécu, Mutuelles, Caisses de retraites, Caisses d’Allocations familiales, etc...) bien que déjà commençait à s’amorcer un certain partage de ces places fortes avec la CFDT du fait de la recomposition politique des organisations réformistes en présence.

D’autre part, on a vu une CGT abandonnant progressivement le terrain et les idées de classe, ouvrant ainsi une brèche réformiste qui allait s’avérer fatale par la suite.

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L’ABANDON DES IDEES DE CLASSE ET D’UNE PRATIQUE SYNDICALE DE CLASSE DE LA CGT

L’enthousiasme des premiers mois de gouvernement dit « de gauche » en 1981 allait avoir les plus graves conséquences pour les travailleurs.

Dans les syndicats en général, en tout cas cela a été vérifié à la C.G.T., nombre de militants allaient abandonner les idées de classe et de masse, pour une tendance forte à la délégationite et à la réunionnite directe, avec « nos ministres de gauche ».

La collaboration ou la confusion politico-syndicale à tous les niveaux faisait dire à certains militants y compris C.G.T. : « on n’a plus les mêmes besoins syndicaux, on a le pouvoir avec nous ! ».

Des ministres, y compris communistes, ne toléraient pas de manifestations trop revendicatives quand ils se rendaient discourir dans telle ou telle ville ou tel ou tel département.

De nombreux militants et militantes de la confédération ou de fédérations allaient quitter leurs responsabilités CGT pour assurer des collaborations ou missions ministérielles. Si la CGT peut s’enorgueillir de ses militants ayant participé aux cabinets ministériels du gouvernement de la Libération en 1945, elle ne peut hélas, se prévaloir des mêmes satisfactions de ceux ayant participé aux cabinets ministériels de 1981, dont la plupart, y compris communistes, ont sombré dans la social-démocratie depuis.

Dans le même temps, la social-démocratie allait pénétrer en force la CGT. Des militants socialistes allaient massivement accéder aux postes de direction de la CGT et de ses organisations. (Là, il convient d’ouvrir une parenthèse : ce n’est pas le fait de l’accession de camarades de sensibilité socialiste qui est en cause en tant que tel, mais les conditions dans lesquelles le Parti Socialiste a pu s’implanter dans les structures de la CGT, puis les conditions dans lesquelles certains de ses militants socialistes dirigeants CGT ont pu user de leur identité syndicale pour mener à l’intérieur comme à l’extérieur de la CGT, leur activité politique réformiste et social-démocrate).

Mais si cette situation a pu se développer, il faut aussi en attribuer de larges responsabilités à la direction confédérale de l’époque, laissant se développer, sinon contribuant à l’évolution d’un mouvement consensuel dangereux du fait de sa tendance à gommer les repères idéologiques de classe pour « rassembler » et « ouvrir ». S’il fallait une preuve - mais ce n’est pas la seule - rappelons qu’à l’occasion du Congrès Confédéral de Lille en juin 1982, des militants CGT de grande valeur, candidats à la Commission Exécutive étaient expressément priés de ne pas se présenter parce que militants communistes, pour faire place en plus grand nombre (au titre de l’ouverture) aux militants de sensibilité socialiste. Cette position s’est depuis banalisée à chaque congrès, sinon étendue. Les politiques de droite du Parti Socialiste allaient rapidement se confondre, tant au plan de la casse industrielle, de la rigueur sociale, que de la construction de l’Europe monétaire et marchande.

La période de grâce du Parti Socialiste allait s’éteindre avec le retour au pouvoir de la droite au gouvernement de 1986.

Mais paradoxalement, alors que les mouvements populaires allaient éclater et se multiplier, les organisations syndicales semblaient figées, dépassées. Et pour cause !

Une vaste opération de recomposition syndicale allait se préciser, se développer, notamment au niveau de certaines organisations syndicales comme la CFDT, la FEN et autres syndicats autonomes - sauf que cette recomposition sous influence social-démocrate allait trouver sur son chemin une concurrence déterminée dans la droite et le patronat.

A l’époque nous n’étions que quelques militants CGT à estimer que ces mouvements de recomposition syndicale méritaient une attention particulière de la CGT qui risquait d’en être atteinte, dans la mesure où nous ne regagnions pas rapidement sur les idées de classe.

La confusion politique entre projets socialistes et projets de droite, impossibles à distinguer, allait s’ajouter à la confusion des travailleurs. Nous allions alors assister à un double phénomène :

  1. Le développement des luttes déclenchées par les travailleurs regroupés en coordinations, d’une part (entre les années 87-89-90).

  2. Une série d’implosions syndicales de certaines organisations : la CFDT, délestée d’une partie de ses troupes aux PTT avec la constitution du SUD, et à la Santé avec la constitution du CRC. Implosions qui se sont poursuivies par la suite à la Fédération des Autonomes, puis plus tard à la FEN d’où est née la FSU (Nous y reviendrons).

Coordinations et restructurations syndicales sont la conséquence d’une même convergence de faits, bien qu’apparemment contradictoires.

En effet, le mécontentement accru dans les différents secteurs professionnels dépasse la capacité des organisations syndicales à gérer ces luttes souvent d’ampleur nationale, parce que le syndicalisme est en crise profonde depuis plusieurs années.

A travers les coordinations, une lutte d’influences politiques va s’engager sans merci, mais où malheureusement les idées de classe affaiblies n’entreront guère en jeu.

Au contraire, la droite pourra s’estimer satisfaite d’avoir joué opportunément, et la social-démocratie se sera renforcée soit directement (la « gauche » peut revenir au pouvoir en 1988) soit par démultiplications des organisations syndicales réformistes interposées. En effet, d’une part certaines coordinations, infiltrées sinon impulsées politiquement pour mieux contenir et dévoyer les mouvements revendicatifs, rentreront vite au bercail pour ne plus reparaître, d’autre part, alors que le mécontentement des travailleurs est réel, le réformisme d’extrême gauche se restructure à travers l’implosion des organisations syndicales en crise. Ne prépare t-il déjà son avenir au plan politique ?

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LA F.S.U

Parmi les organisations ayant subi le double phénomène - implosion/restructuration - dans le cadre du processus de recomposition syndicale, il est particulièrement important de tirer quelques éléments essentiels de la situation de la F.S.U parce que cette restructuration a pu créer quelque illusion tant à l’intérieur de cette organisation qu’à l’extérieur.

Sans doute dès le départ y a t-il eu confusion entre Unité et Action en tant que courant, et F.S.U en tant que Fédération syndicale.

La tendance UA se définissait par son orientation de lutte et de masse, avec une recherche unitaire sur la base d’un syndicalisme de classe anticapitaliste, défenseur de la laïcité, lié à une action défendant les moyens d’une véritable démocratisation scolaire.

Or, l’évolution de la situation interne de la F.S.U n’apparaît pas renforcer ni même conforter l’orientation de UA. C’est plutôt le contraire qui paraît émerger.

Sans vouloir porter un jugement péremptoire, il va sans dire que la position exprimée par la F.S.U au sujet du « Nouveau contrat pour l’école » de Bayrou qui consacre la politique d’austérité et de flexibilité en la matière est plutôt surprenante.

En matière de politique sociale, alors que de premiers contacts entre la F.S.U et la C.G.T semblaient préparer des perspectives d’action unitaires intéressantes, on ne pourra que regretter le positionnement de la F.S.U dans la mouvance Mutualité Française CFDT-FEN... sur les dossiers de la protection sociale, tendant à épouser le concept du régime universel d’assurance maladie qui converge en fait avec les projets patronaux et européens du système de protection sociale à trois niveaux/trois vitesses.

Enfin la F.S.U, par sa position équivoque à l’égard de l’Europe de Maastricht, ne peut qu’encourager l’oeuvre de consensus qui s’opère entre le libéralisme et la social-démocratie aux conséquences désastreuses pour les travailleurs et les populations.

Il est évident que l’intérêt des enseignants et des travailleurs en général n’est pas dans la recherche de la recomposition syndicale dont l’objectif premier est dirigé contre le syndicalisme de classe incarné par la C.G.T, mais au contraire dans la concrétisation d’un front commun du syndicalisme de lutte.

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LES 100 ANS DE LA CGT

La C.G.T fête cette année son 100ème anniversaire, hélas dans une situation critique : 5 millions d’adhérents à la Libération (1945) à peine, 1,5 millions en 1987 et 600 000 en 1995.

En même temps la C.G.T est en pleine préparation de son 45ème congrès qui se tiendra en décembre prochain.

Une C.G.T. qui, en cette année de son 50ème anniversaire, a décidé de quitter la F.S.M (Fédération Syndicale Mondiale) dont elle a été cofondatrice avec les TUC britanniques en octobre 1945 ;

Une C.G.T qui « fête » son centième anniversaire dans l’indifférence quasi générale de ses forces vives, parce que ne s’appuyant pas sur les motivations profondes qui les animent, mais plutôt sur des initiatives de conférences-débats du microcosme dirigeant et d’initiés extérieurs au mouvement, sur l’organisation de festivités aux succès le plus souvent médiocres, en tout cas très loin de créer les conditions pour revivifier qualitativement et quantitativement le mouvement syndical révolutionnaire dont les travailleurs ont besoin ;

Une C.G.T qui prépare son congrès, sans enthousiasme sur le terrain, et - plus grave encore - sans intérêt apparent de ses forces vives, sauf bien entendu des exceptions que l’on a l’habitude de comptabiliser en pareilles circonstances. Alors que la bataille fait rage depuis des mois dans le milieu dirigeant national, où les « modernistes » (sociaux-démocrates et révisionnistes) font feu de tous bois pour amener la C.G.T à opérer sa propre recomposition idéologique vers le réformisme.

Comment en est-on arrivé à cette situation et quelles en sont les réalités concrètes aujourd’hui ?

Déjà à travers l’évolution historique du mouvement de société exposé précédemment, on a un aperçu de l’évolution du rapport des forces en présence, des moyens mis en oeuvre par le capitalisme pour asseoir au plan national et au plan international le syndicalisme d’accompagnement dont il a besoin pour son propre développement ou, éventuellement, pour assurer l’alternance social-démocrate susceptible de sauvegarder les intérêts de la grande bourgeoisie.

Or la C.G.T ne pouvait être en dehors de la tourmente, car depuis des années les abandons progressifs de sa position et pratique de classe ont donné prise à la pénétration fatale des idées réformistes, le temps se chargeant du reste.

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RECENTRAGE REFORMISTES ET CONTRE-REVOLUTION

Les abandons de sa position et pratique de classe ne visent pas simplement son fonctionnement interne mais aussi son positionnement politique au sens marxiste du terme.

On a souvent stigmatisé la C.G.T comme courroie de transmission du Parti Communiste. Je serais tenté de dire « à juste titre », mais pas pour les mêmes raisons que nos détracteurs.

En effet, la C.G.T a t-elle tenu une position de classe lucide pendant la période du programme commun des partis de gauche dans les années 1970 ?

Bien sûr il n’est question de faire le procès de personne, mais on peut remarquer que ce n’est pas l’évidence et qu’en réalité ni les thèses marxistes ni les dispositions de la Charte d’Amiens n’ont été intrinsèquement appliquées par notre organisation syndicale. Le renversement des rôles a coûté cher. Ainsi le contenu revendicatif et stratégique de la C.G.T a t-il sombré avec la rupture du Programme Commun. Et rappelons-nous que cette rupture a coïncidé pratiquement avec l’opération de recentrage de la CFDT, et qu’elle a eu des conséquences négatives pour l’avenir de la C.G.T dès le Congrès de Grenoble en 1978. Enfin nous allions assister à la première offensive d’envergure du Capital international contre les pays de l’Est avec l’aide de la contre-révolution en Pologne en 1980-1981.

Nous avons vu ensuite l’évolution de la C.G.T dans les années 80-90 : ses défaillances dans la pratique syndicale et la stratégie des luttes, l’abandon de la bataille idéologique et de la formation des cadres syndicaux aux concepts révolutionnaires, la modification progressive du contenu de notre projet de société socialiste où ont été introduits subrepticement les termes d’économie mixte dans un langage moins anticapitaliste. Notre presse syndicale de masse s’est banalisée et affadie entraînant une chute considérable de nombre de lecteurs ; notre presse militante marquée elle aussi par la pression réformiste est réduite à sa plus simple expression (quelques milliers de lecteurs) ; quant à la presse spécialisée publiant des études, des reportages et des articles d’économie politique, outre qu’elle est peu lue, elle est carrément entre les mains des dirigeants réformistes (dits « modernistes » qui écrivent indistinctement dans les publications C.G.T et autres organes de sensibilité social-démocrates, voire d’associations à participations patronale (assises de la transformation sociale, Confrontations*, etc...).

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LA C.G.T EST TOUCHEE PAR LA RECOMPOSITION SYNDICALE DE L’EXTERIEUR, MAIS AUSSI DE L’INTERIEUR

Cette recomposition a pris racine et s’est développée inexorablement au cours des 15-20 dernières années, avec une accélération évidente depuis l’effondrement des Etats socialistes, que les sociaux-démocrates et révisionnistes ont mis à profit pour monter d’un cran l’expression de leur volonté de casse du syndicalisme de classe.

Accélération à l’occasion du 43ème, mais surtout du 44ème Congrès qui donnait lieu au CCN préparatoire de juin 1991 à deux rapports analytiques de la situation : l’un présenté par H. Krasucki (qui fait partie aujourd’hui des « utopistes concrets » de l’entourage de R. Hue), et l’autre par L. Viannet, actuel secrétaire général de la C.G.T., qui posait « les enjeux du syndicalisme de classe et de masse nécessitant l’intervention des travailleurs eux-mêmes ».

Les dés étaient-ils déjà pipés ? On peut s’interroger encore que la situation est là pour nous rappeler la réalité.

Il faut savoir tout de même que la composition du Bureau Confédéral élu au 44ème Congrès, où les réformistes « modernistes » accédaient aux postes stratégiques, était ficelée avant le Congrès lui-même. En effet, les réformistes accaparaient :

La presse communication avec Alain Obadia*,

L’administration et les finances de la C.G.T. avec Lydia Brovelli,

La direction du Peuple (organe officiel militant de la C.G.T.) avec André Deluchat,

Le secteur économique-politique, avec Gérard Alezard (entouré des Jean-Christophe Le Duigou, Maïté Demons etc...)

Le secrétariat général de l’UGICT, avec Maïté Demons (décédée depuis), en remplacement d’Obadia.

Le secteur international avec Alphonse Véronèse etc...

Avec cette énumération, qui n’est pas exhaustive (car on pourrait citer encore certains secteurs de collaboration et l’UCR), on peut se faire une idée de ce que peut être l’activité et l’action de la C.G.T.

Car la structuration du réformiste au niveau dirigeant de la Confédération a eu des répercussions au niveau de certaines fédérations, mais aussi, au niveau de certaines régions, départements, syndicats...

Avant d’aborder l’offensive réformiste sur les documents préparatoires du 45ème Congrès, il convient d’aborder brièvement un point important par ses implications politiques, étroitement lié à la stratégie des réformistes.

On sait quelle évolution social-démocrate s’opère au sein du PCF depuis des années et tout particulièrement depuis le 28ème Congrès de janvier 1994.

On a pu vérifier que certains dirigeants C.G.T (que nous venons de citer) sont membres du Comité National du PCF : Alezard, Le Duigou... et acteurs actifs de la « rénovation » social-démocrate du Parti Communiste.

En fait, leur rôle est double, à savoir : contribuer à accélérer les changements du PCF vers la social-démocratie, mais aussi pousser dans la même voie le mouvement syndical C.G.T. Et cela a déjà commencé à payer, car nous savons que certaines structures départementales, régionales, ou de syndicats C.G.T sont littéralement passés sous la coupe de dirigeants ou élus communistes dans les localités considérées.

Mais la stratégie de recomposition syndicale réformiste ne se limite pas à l’élection des dirigeants cégétistes membres du Comité National du PCF. Cette stratégie vise aussi à développer de plus en plus de structures relationnelles avec des organismes chargés d’instituer le consensus comme les « Assises de la transformation sociale » inventées par Rocard-Aubry-Delors et consorts. Et là, on trouve une représentation C.G.T quasi officielle, omniprésente et active dans les personnes de Lydia Brovelli, Jean Christophe Le Duigou, aux côtés de Philippe Herzog (PCF)...

Tout récemment Lydia Brovelli était à une rencontre débat des Edictions de l’Atelier sur le thème « quelle économie pour l’emploi ? » avec des représentants socialistes, des Verts, de la Refondation Communiste. Si nous nous permettons de citer Lydia Brovelli, c’est qu’elle y était en tant que secrétaire à la C.G.T., avec toutes les conséquences politiques qui peuvent en résulter selon la nature du débat et l’exploitation qui peut en être faite de part et d’autre.

Ainsi on peut mesurer le poids que le mouvement militant réformiste peut imprimer au sein de la C.G.T :

Dans la bataille idéologique, qu’il contrôle à travers la presse syndicale, la communication, l’éducation syndicale, les médias...

Dans la sélection des militants départementaux des UD, secrétaires régionaux, par la pression qui peut être exercée en matière d’octroi d’indemnités versées pour le fonctionnement de ces structures à travers le FNI et autres indemnités de représentation ;

Dans la stratégie des luttes où l’on a pu vérifier, à maintes reprises, l’ignorance délibérée de mots d’ordre revendicatifs par certains syndicats voire UD-Fédérations sous l’emprise réformiste. On peut citer en exemple les pressions exercées par la Fédération des Transports C.G.T. et le groupe des réformistes confédéraux sur le syndicat d’Air France, l’an dernier, pour que ce syndicat s’abstienne d’appeler à voter contre le plan de restructuration du PDG Blanc (alors que L Viannet était en visite aux Etats-Unis). On pourra s’interroger aussi sur l’opération du PCF avec sa pétition nationale contre la privatisation de Renault alors que la C.G.T est officiellement restée « l’arme au pied » etc...

On peut encore mesurer le poids du mouvement militant réformiste.

Dans la stratégie revendicative, s’inscrivant de plus en plus dans l’évolution de la politique consensuelle, partant de bastions forts du réformisme C.G.T, comme aux Finances... notamment à travers les négociations, la signature d’accords, de plans sociaux, de fonds de pensions par capitalisation, de reculs statutaires lors de privatisations ou restructurations d’entreprises ou de services;

 Dans l’impulsion d’une sorte d’aristocratie syndicale, contraire au syndicalisme de classe et de masse, quand la C.G.T ne compte quasiment plus que des adhérents salariés non précaires (au sens large) et retraités.

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LE 45EME CONGRES

Alors il ne faut pas être étonné que le 45ème Congrès de la C.G.T soit l’objet d’une offensive inédite depuis au moins la Libération de la part du réformisme, que la période préparatoire soit le théâtre d’affrontements dont nul n’est en mesure de prévoir aujourd’hui quels en seront l’ampleur, le rapport de force et l’issue.

Plusieurs points fondamentaux sont posés :

  1. le document d’orientation et son corollaire que constituent les statuts,

  2. La désaffiliation C.G.T de la FSM,

  3. Les candidatures à la direction confédérale (CE, Bureau).

Sur le document d’orientation qui est la pièce maîtresse du positionnement politique de l’organisation, la démarche confédérale , constitutive du débat préparatoire dans les syndicats, n’est ni à la hauteur des enjeux, ni adaptée à la forme.

Mais n’en soyons pas étonnés : cette démarche qui se veut novatrice et démocratique ne fait en réalité que limiter sinon bloquer le débat dont les sujets fondamentaux qui conditionnent l’avenir de la C.G.T restent au domaine réservé du microcosme dirigeant.

D’ailleurs, le bilan du nombre de réunions d’une part et d’autre part des syndiqués ayant participé au débat est particulièrement modeste. En tout cas ces débats ne paraissent pas porteurs des enjeux véritables qui sont posés au syndicalisme de classe, ni sur les conséquences de la désaffiliation C.G.T de la FSM, ni sur le programme réducteur d’où ne figure plus le projet de société socialiste pour lequel nous nous battons.

Si l’on s’en rapporte aux chiffres publiés par la C.G.T, plus de 150 000 adhérents 1994 (sur 600 000) n’étaient pas en possession de leur FNI (1er timbre cotisation de l’année) à la date du 1er juin 1995. C’est dire que les débats préparatoires au Congrès n’ont aucun effet d’entraînement sur la syndialisation - pas plus d’ailleurs que les luttes qui se sont déroulées au cours des derniers mois.

Mais, s’il en était besoin, la démonstration est faite du peu de considération que portent certains dirigeants confédéraux sur les débats locaux qui devaient être pris en compte pour l’élaboration du rapport d’orientation quand on sait que la CE confédérale réunie à cet effet la semaine dernière n’a fait que reproduire le scénario pitoyable pré-44ème Congrès de la guerre d’influence à l’instigation des réformistes qui entendent conforter leur pouvoir.

A l’origine, il était prévu que le document d’orientation et le projet de modification des statuts soient définitivement arrêtés au cours de cette CE confédérale prévue sur deux jours.

Or, seul le document d’orientation a été péniblement discuté, avec de nombreux amendements, avec beaucoup de blocages, présentés par les réformistes et visant le concept de classe. D’aucuns parlent de compromis, d’autres de questions posées laissées sans réponses...

Quant au projet de modification statutaire son examen par la CE confédérale était reporté à la fin de la semaine dernière, mais là encore la journée de discussion n’a pas suffit, à cause des affrontements des différentes positions en présence. Finalement ce projet est reporté au 6 septembre.

Certes, s’il apparaît qu’une certaine résistance se manifeste face à l’offensive réformiste, le caractère négatif et préoccupant de la situation réside dans le fait que les forces vives de la C.G.T, censées d’être consultées et entendues, sont en réalité ignorées par beaucoup, méprisées par d’autres. Mais comment pouvait-il en être autrement avec le dispositif désuet de consultation lancé en direction des syndicats. C’est la raison pour laquelle nous devons relever le défi en intervenant, et ce, à partir de positions concrètes.

  1. Elaboration d’un appel tenant compte des débats de la journée. Un projet vous sera présenté tout à l’heure, à diffuser massivement.

  2.  Mise en place d’un Collectif national de militants chargé de réfléchir et impulser des initiatives pour informer, éclairer, soutenir le mouvement syndical dans son positionnement de classe à l’occasion du 45ème Congrès de la CGT.

Ce collectif National pourra déjà assurer la diffusion d’un certain nombre de matériels ayant une importance fondamentale :

Les documents sur la FSM, en appelant les syndicats à s’opposer à la désaffiliation.

Notre position irréductible sur les concepts de masse et de classe du syndicalisme CGT, notamment sur la Chartre d’Amiens souvent interprétée avec ambiguité par ceux voulant jeter le trouble en opposant syndicalisme et politique (exemple actuel avec l’appel des 500, militants CGT et CGT-FO de la région parisienne) ;

Matériel sur une plate forme revendicative (socio économique) dont un premier volet est élaboré ;

Document sur la stratégie des luttes, le syndicalisme révolutionnaire etc...

Chers Camarades, ce rapport comporte sans doute des insuffisances, peut-être des interrogations sur des questions insuffisamment traitées ou exprimées, mais le débat est là pour approfondir, faire préciser, enrichir.

Surtout, faisons en sorte de ne pas voir ce débat comme une simple journée d’étude, mais comme un projet, à très court et long terme, un engagement.

Historiquement, le syndicalisme de classe est porteur et garant des acquis sociaux et démocratiques arrachés à la bourgeoisie, au capital ; parce que ce syndicalisme est force d’actions revendicatives, force de rassemblement unitaire dans les luttes ; parce qu’il est porteur d’un projet de société socialiste, solidaire, démocratique, internationaliste, autant de raisons qui nous font un devoir d’en assurer la continuité.

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Dernière modification : 23 avril 2006