« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Assemblée Générale Extraordinaire

de l’Association « Les Amis de Continuer la C.G.T. »

A Paris, le 15 octobre 2005

Intervention du Camarade Daniel MAISONNAVE

Camarades,

Nous sommes appelés aujourd’hui, excusez-moi du peu, à voter la création d’un syndicat national de lutte de classe.

Je suppose qu’auparavant, il nous faudra également voter la dissolution de notre Association « Les amis de Continuer la C.G.T. » car, je vois mal comment nous pourrions décider de la création d’un nouveau syndicat sans nous être au préalable auto dissous.

Je suis opposé à ces deux résolutions.

Sur la forme:

La dissolution de notre Association ne figure pas de façon claire à l’ordre du jour de notre assemblée générale extraordinaire.

Je n’ai pu avoir communication des statuts de notre Association, mais à mon avis, une clause portant sur la dissolution doit exister.

Qu’est-il prévu en la matière ?

Des quotas sont-ils exigés ?

Si nous ne réglons pas ces questions préalables, comment pourrons-nous aborder la question de la création d’un nouveau syndicat national ?

A propos de la création de ce nouveau syndicat, la première question que je me pose est la suivante : « De quelles forces disposons-nous pour créer une organisation syndicale au niveau national ? »

Peut-on imaginer un seul instant que les carences de notre Association « Les amis de CL-CGT » en nombre d’adhérents, en matière de militantisme, d’organisation, de formation, de propagande vont être réglées par notre simple décision de nous constituer en un nouveau syndicat national ?

Parmi les participants à la réunion d’aujourd’hui, combien sommes-nous encore d’actifs ? Combien d’entre-nous militent encore au sein de leur entreprise ? Quelle assistance pourrons-nous réellement apporter sur le terrain aux salariés qui viendraient à nous appeler à l’aide ?

Camarades, ce n’est pas sérieux ! Nous sommes en train de rêver tout éveillés !

Sur le fond :

Aussi extravagants que puissent me paraître les appels à créer une nouvelle organisation syndicale nationale, la motivation de mon refus à m’engager dans une telle voie est essentiellement idéologique.

Camarades, ce qui nous est proposé aujourd’hui, ce n’est ni plus, ni moins que de refuser le travail de militer dans les syndicats réformistes.

Ce qui nous est proposé aujourd’hui, c’est de sortir de ces syndicats et d’organiser, toutes affaires cessantes, un syndicat tout neuf de lutte de classe, inventé par de vrais révolutionnaires et au sein duquel pourront enfin se retrouver tous les vrais révolutionnaires…

Mais là, il ne s’agit plus d’une utopie, mais d’une erreur dénoncée il y a déjà bien longtemps par Lénine en personne dans son ouvrage « La maladie infantile du communisme ».

Oui, tous les syndicats existants en France sont réformistes, voire réactionnaires. Mais çà c’est l’héritage que le capitalisme nous lègue depuis des siècles et redouter cet esprit réactionnaire, essayer de le contourner, de passer outre, c’est je le crois sincèrement, commettre une grande erreur ; c’est craindre d’assumer le rôle d’avant-garde du prolétariat qui consiste à instruire, éclairer, éduquer, appeler à une vie nouvelle les couches les plus retardataires de la classe ouvrière.

Mais si nous appelions à la sortie des militants « lutte de classe » des syndicats, au refus d’y travailler et si nous voulions créer une nouvelle organisation ouvrière, inventée par nous, cela serait un immense service que nous rendrions au patronat et à la bourgeoisie.

Ne pas militer dans ces syndicats c’est abandonner les masses ouvrières insuffisamment développées à l’influence des leaders réactionnaires de la bourgeoisie ouvrière.

Nous devons travailler là où est la masse afin de faire le travail de propagande et de formation qui nous incombe.

Et je vais même vous dire plus : Si nous commettions aujourd’hui, l’erreur qui nous est demandée de commettre, nous n’aurions même pas l’excuse d’avoir voulu participer à une « première » car…encore un seul rappel historique, Camarades, et j’en aurai fini, c’est en Allemagne, en 1930, que le KPD donne le feu vert à la création des O.S.R. (Opposition Syndicale Révolutionnaire).

Les O.S.R. doivent devenir des organisations composées de syndicalistes qui mènent l’opposition au sein même de leurs syndicats évidemment réformistes.

J’ouvre ici une parenthèse : la similitude ne nous saute-t-elle pas aux yeux ? Qu’est-ce donc que notre Association « Les amis de Continuer la CGT » sinon rien d’autre qu’une O.S.R.?

Je ferme la parenthèse.

Le gros problème qui a surgit en Allemagne à cette époque, c’est qu’au lieu de constituer vraiment un mouvement d’opposition organisée au sein même des syndicats réformistes, les O.S.R. sont devenus un lieu de rassemblement pour tous ceux qui ont laissé tomber le travail difficile dans les syndicats. En fait, les O.S.R. se sont transformées en syndicats « rouges ».

C’est très exactement ce qu’on nous demande de faire aujourd’hui : transformer l’Association « Les amis de Continuer la C.G.T. » en un syndicat « rouge ».

Or, et je reviens à l’Allemagne de 1930, en ne travaillant plus dans les syndicats réformistes, les communistes se sont isolés de la masse des travailleurs organisés dans les Unions syndicales réformistes. Et ces travailleurs constituaient encore une très grande majorité.

(En 1931 les OSR comptaient 300 000 adhérents et les O.S. réformistes 5 millions)

Ces erreurs ont été chèrement payées par les travailleurs allemands et les communistes en 1933 et au cours des années qui ont suivi. Confrontés aux fascistes, les dirigeants réformistes des syndicats capitulèrent célébrant même le 1er mai aux côtés d’Hitler ! Les O.S.R. furent dissoutes et ses membres furent mis en prison et bon nombre exécutés.

Toutes proportions gardées (Chirac n’est pas Hitler et notre association « Les amis de CL-CGT ne rassemble pas plus d’une centaine de membres et non pas 300 000 !), confrontés à la fascisation de notre société, face aux Sarkozy, Madelin, Le Pen et tous les autres, ne commettons pas la même erreur ! Ne nous isolons pas des travailleurs !

Camarades, refusons la création d’un syndicat certes conforme à nos rêves, mais qui ne contribuerait en rien l’indispensable élévation du niveau de conscience de la classe ouvrière française.

Engageons dès aujourd’hui, toutes nos forces dans le renforcement de notre Association, par la recherche de nouveaux modes d’action et de recrutement, organisons la pression à l’encontre des dirigeants syndicaux réformistes et collaborateurs, dressons un nouveau plan de travail qui nous permette de lutter efficacement l’intérieur même de la C.G.T pour la défense des revendications et l’organisation des grèves.

Pour savoir aider « la masse » et gagner sa sympathie, il ne faut pas craindre les difficultés, les chicanes, les pièges, les outrages, les persécutions de la part des « chefs ».

Surmontons les obstacles, travaillons parmi « la masse », ne nous séparons pas d’elle !

 

 
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Dernière modification : 27 novembre 2005